Le ministère algérien de l'Éducation nationale a décidé le 25 juillet de remplacer le français par l'anglais comme première langue étrangère dès la troisième année de l'école primaire, soit à l'âge de 8 ans. Cette décision a été rapportée par le journal français "Le Monde" sur son site internet le mercredi 12 août. Selon l'article, le français n'est pas entièrement retiré de l'enseignement primaire, mais il est relégué au second plan au profit de l'anglais, perçue comme la langue des sciences et de la technologie.
La pétition contre le changement
Une pétition s'est opposée à la décision du ministère de l'Éducation, signée par plusieurs personnalités, dont le moudjahid Makhlouf Aouli et El Yazid Ben Hami, chef du « Think Tank sur l'Algérie ». Parmi les signataires figuraient également l'écrivaine et militante Alice Cherki, le docteur en droit Tahar Khelfon, l'ancien président de la Commission de droit international de l'ONU Mohamed Khendriche, et Ahmed Mahiou. Les signataires ont affirmé que « les langues ne sont pas des idéologies » mais des « vecteurs de savoir, de créativité, d'innovation, de coopération et d'ouverture sur le monde ».
La pétition a déclaré que « la langue française fait partie du patrimoine intellectuel, scientifique et culturel de l'Algérie ». Elle a mentionné des figures telles que Kateb Yacine, Mohammed Dib, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Assia Djebar, Jean Amrouche, et Mohamed Arkoun comme contributeurs à la culture francophone dans le pays. Les pétitionnaires ont également soutenu que la langue française « occupe une place fondamentale dans les sciences supérieures, la recherche, la médecine, l'économie et les échanges internationaux ».
Arguments pour l'anglais
L'article du "Monde" a en outre souligné que les chercheurs français mènent désormais des recherches scientifiques avancées en anglais, même au sein d'universités françaises de renom telles que la Sorbonne. Cette observation suggère que l'anglais est devenu la langue prédominante dans le domaine de la science et de la technologie à l'échelle mondiale, y compris dans des contextes traditionnellement francophones. Cette tendance pourrait justifier la décision algériene de prioriser l'anglais dans son système éducatif, afin de mieux préparer les jeunes générations aux exigences du marché du travail international et de la recherche scientifique contemporaine. La reconnaissance de l'anglais comme un vecteur essentiel de savoir et d'innovation est un argument central pour ses partisans.
Réactions et enjeux
En France, des groupes de pression francophiles ont exprimé leur consternation face au recul de la langue française dans le système éducatif algérien, où elle se retrouve désormais derrière l'anglais. Cette réaction note les préoccupations concernant l'influence culturelle et linguistique de la France dans ses anciennes colonies. La décision algérienne de prioriser l'anglais à l'école primaire est perçue comme un coup porté à la position historique du français dans le pays. Pour ces lobbies, la perte de terrain du français en Algérie représente une tendance plus large de son déclin face à l'anglais sur la scène internationale, notamment dans les domaines scientifique et technologique. Ils voient dans cette évolution non seulement un enjeu linguistique, mais aussi un défi pour les relations bilatérales et le patrimoine culturel partagé.