Analyse critique des arguments d'Ahmed Tassa sur l'éducation et les langues

Un article récent analyse de manière critique les propos d'Ahmed Tassa sur l'éducation et les langues, présentant ses arguments comme un « labyrinthe d'idées et d'affirmations » où se mêlent faits, interprétations, histoire, politique, éducation et préjugés. L'article critique l'expert Ahmed Tassa pour cette présentation d'idées et d'affirmations où se chevauchent faits, interprétations, histoire, politique, éducation et préjugés. Il relève que les intervieweurs de M. Tassa n'ont fourni que des informations limitées sur sa carrière académique et professionnelle, se contentant de mentionner son rôle d'auteur dans le domaine éducatif et de consultant. M. Tassa, cité pour ses vues sur la nécessité d'une formation continue des enseignants et la révision des méthodes pédagogiques pour toutes les matières, y compris l'arabe et le français, évoque également la construction de programmes pour les matières scientifiques et critique la tendance à l'apprentissage par cœur et à la mémorisation dans le processus éducatif. Il défend l'idée que « après l'indépendance, les enfants des martyrs et des moudjahidines ont étudié en français, ont réussi, et sont devenus médecins et ingénieurs, et personne n'a dit à l'époque que le français était la langue du colonisateur ». Ces points de vue de l'expert, notamment sur la nécessité d'une formation continue des enseignants, la révision des méthodes d'enseignement pour toutes les matières (y compris l'arabe et le français), l'élaboration de programmes pour les matières scientifiques, et la critique de la tendance à l'apprentissage par cœur et à la mémorisation dans le processus éducatif, sont au cœur de l'analyse.

La langue française en Algérie

Ahmed Tassa affirme qu'après l'indépendance, les enfants des martyrs et des moudjahidines ont étudié en français, ont réussi, et sont devenus médecins et ingénieurs, sans que personne, à l'époque, ne qualifie le français de langue du colonisateur. Selon lui, ce n'est qu'après les années 1990 que des individus ignorant le colonialisme ont commencé à désigner le français comme la langue du colonisateur et à vouloir la supprimer. M. Tassa estime que la question linguistique n'était pas posée de cette manière avant les années 1990, et que son émergence ultérieure est due à l'influence d'idéologues. Il soutient également que le français ne devrait pas être supplanté par l'anglais dans le système scolaire algérien. L'expert manifeste une préoccupation dominante pour la défense de la place de la langue française, affirmant que ne pas l'enseigner conduirait à ce que « les Algériens ne lisent pas la littérature algérienne en français ».

L'article critique cette position, arguant que l'affirmation de M. Tassa selon laquelle le français ne devrait pas être supplanté repose sur une erreur logique qui consiste à passer de l'occurrence d'un fait à la nécessité de sa pérennisation. Il est rappelé qu'au moment de l'indépendance, le français était la langue de l'administration, de l'université, de la médecine, de la technologie et de l'économie, constituant un héritage colonial imposé par les structures existantes plutôt qu'un choix éducatif libre. L'article note par ailleurs que M. Tassa omet de considérer ceux qui ont échoué en raison de leur méconnaissance du français et ceux qui ont abandonné leurs études. En 1962 et les années suivantes, l'éducation en Algérie était réservée à une élite urbaine, l'analphabétisme étant très répandu et la « démocratisation de l'éducation » n'ayant pas encore atteint les villages et les zones rurales. Qualifié de langue du colonisateur, le français était un legs colonial imposé par les structures existantes, et non un choix éducatif librement consenti par la population. L'article interroge quelle autorité aurait indiqué ne pas enseigner le français ou le « retirer », suggérant que l'utilisation répétée par l'expert du terme « retrait » est une exagération intentionnelle. Il précise que qualifier le français de langue du colonisateur ne signifie pas, comme l'expert le répète, prôner son « retrait ».

Ahmed Tassa avance que les Algériens avant les années 1990 « jonglaient » (نحت الخبير من الفعل jongler) en arabe, français et anglais, et que la question linguistique n'est apparue qu'après les années 1990 « à cause du wahhabisme ». L'article réfute cette assertion concernant le « jonglage » des langues, précisant que peu de personnes maîtrisaient le français, encore moins l'arabe, et très peu l'anglais ou deux langues avant les années 1990.

Comparaison fallacieuse des systèmes éducatifs

Ahmed Tassa affirme que les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Qatar enseignent toutes les matières en anglais, du jardin d'enfants à l'université, à l'exception de l'arabe, de l'histoire et de l'éducation religieuse. L'article contredit cette assertion, précisant que les institutions éducatives gouvernementales d'Arabie saoudite, du Koweït et de Bahreïn dispensent l'enseignement des mathématiques et des autres sciences en arabe, du jardin d'enfants jusqu'à la fin du secondaire. Au Qatar, le parcours éducatif est similaire à celui de l'Arabie saoudite, bien qu'il existe une filière spécifique pour une élite, représentant moins de 1% des étudiants, qui poursuit l'étude des matières scientifiques en anglais à partir du cycle intermédiaire. Les Émirats arabes unis présentent également plusieurs filières éducatives, dont le système est comparable à celui du Qatar avec de légères différences. L'accès aux sites web des ministères de l'Éducation d'Arabie saoudite, du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et des Émirats arabes unis, ainsi que le téléchargement des manuels scolaires gratuits, confirmerait, selon l'article, que l'arabe demeure la langue prédominante de l'enseignement dans ces pays. Ahmed Tassa interroge par ailleurs de manière sarcastique : « Et pourtant, ces pays ont-ils construit une fusée ? ».

Autres obsessions et déformations

Abordant les idées de l'expert dans un précédent article basé sur des citations textuelles de ses écrits, il est rapporté qu'Ahmed Tassa a réagi en déclarant : « Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Vos accusations et vos mensonges ne m'empêchent pas de dormir… Vous êtes des Wahhabites. » L'expert manifesterait par ailleurs une autre obsession : lorsqu'il évoque la langue arabe, il fait toujours référence à « l'arabe algérien » et n'accepte pas que la langue arabe enseignée à l'école soit l'arabe formel (fusha). Ahmed Tassa avance qu'un Algérien est doté d'une capacité d'articulation lui permettant de maîtriser la prononciation de n'importe quelle langue humaine. Il affirme également que le manuel scolaire, auparavant intitulé « Éducation morale, civique et religieuse », est devenu « Éducation islamique » après les années 1990, interprétant ce changement de nom comme une preuve de glissement idéologique lié à l'émergence du « wahhabisme ». L'expert déclare enfin que les élèves étaient tenus de mémoriser « deux pages d'un texte coranique et un hadith de trois pages ».

Portée et implications des critiques

L'article précise que qualifier le français de langue du colonisateur ne signifie pas, comme l'expert le répète, prôner son « retrait ». Le Conseil de l'Europe, fondé en 1949 et regroupant 46 pays représentant 700 millions de personnes, a adopté depuis 2006 une définition de l'« éducation positive » axée sur la non-violence et le dialogue. Ce cadre, adopté par une organisation d'envergure internationale, met l'accent sur des principes éducatifs modernes, contrastant avec certaines des affirmations de M. Tassa. L'analyse critique des propos d'Ahmed Tassa met en lumière des divergences significatives entre ses interprétations de l'histoire éducative et linguistique de l'Algérie et les faits tels que présentés par l'article. La persistance de l'expert à défendre des positions spécifiques, notamment concernant le français et l'arabe, est examinée à travers le prisme de ses propres déclarations et des données factuelles disponibles. L'article invite à une réflexion plus nuancée sur les enjeux linguistiques et éducatifs, en s'appuyant sur des éléments historiques et des comparaisons internationales vérifiables, plutôt que sur des affirmations non étayées ou des interprétations idéologiques.