Le ministère algérien de l'Éducation nationale a décidé de reporter l'enseignement de la langue française au primaire, privilégiant désormais l'anglais. Cette décision vise à placer l'anglais comme langue prioritaire de la science et de la technologie. Cette orientation suscite des critiques, notamment de la part de ce qui est qualifié de « lobby francophile » en Algérie et en France. Le ministère de l'Éducation considère cette mesure comme souveraine et estime qu'elle est dans l'intérêt des élèves algériens et de l'avenir du pays.
Critiques francophones virulentes
Elias Zouari, directeur du « Centre français d'études et de réflexion sur le monde francophone », a vivement critiqué la démarche du ministère. M. Zouari a accusé cette décision de chercher à « إخراج الجزائر تماما من المجتمع الفرنكفوني وجعل الجزائر دولة ناطقة بالإنجليزية » (pousser complètement l'Algérie hors de la communauté francophone et en faire un pays anglophone). Il a également exigé que Paris cesse d'accorder des visas aux Algériens. « فمنذ أن قررت الجزائر مغادرة المجتمع الفرنكفوني العالمي، لم يعد هناك ما يُلزم فرنسا، حتى من الناحية الأخلاقية، بالاستمرار في منح التأشيرات للمواطنين الجزائريين، سواء أكانت تأشيرات طلاب أم عمال أم لم شمل أسر أم تأشيرات إقامة قصيرة », a déclaré Elias Zouari. Ahmed Tissa, conseiller de l'ancien ministre de l'Éducation, a aussi critiqué la décision, estimant qu'elle visait à éliminer le français du système éducatif. Selon lui, le français est considéré comme une langue secondaire à l'échelle mondiale, et même les universités françaises mènent leurs recherches scientifiques en anglais.
Défense de la souveraineté éducative
L'article affirme qu'aucun pays francophone ne figure parmi les nations africaines les plus avancées économiquement. En Algérie, des personnalités politiques reconnues ont défendu la langue française, la qualifiant de « butin de guerre ». Cependant, la critique de la décision du ministère de l'Éducation est perçue par certains comme une défense du projet néo-colonial français et une remise en question de la libération de l'Algérie de son passé colonial. Cette opposition est également associée à la perte des intérêts économiques français en Algérie, suggérant une dimension géopolitique et commerciale derrière le débat linguistique.
Contexte économique et international
Sur le plan économique, la suspension de l'activité de l'usine Renault à Oued Tlelat, Oran, a marqué un précédent. Cette décision est intervenue après que le constructeur automobile français n'a pas respecté les spécifications de son contrat. En contraste, l'investisseur italien Fiat, membre du consortium Stellantis, a réussi à se conformer aux exigences contractuelles. Fiat a ainsi pu établir une industrie de fabrication automobile en Algérie, illustrant les différentes approches et résultats des partenariats industriels internationaux dans le pays. Ces développements soulignent les enjeux économiques et les choix stratégiques de l'Algérie en matière de collaborations étrangères.
Implications futures pour l'Algérie
Cette réorientation stratégique vers l'anglais dans l'enseignement primaire en Algérie pourrait avoir des répercussions significatives. Elle signale une volonté de l'Algérie de se positionner différemment sur la scène internationale, en privilégiant des partenariats économiques et éducatifs au-delà de sa relation historique avec la France. Ce choix linguistique est perçu comme un levier pour diversifier ses alliances et stimuler son développement économique. L'Algérie cherche ainsi à s'aligner sur des langues jugées plus pertinentes pour l'accès aux avancées scientifiques et technologiques mondiales. La décision d'écarter le français du primaire pourrait également influencer l'avenir des relations diplomatiques et commerciales avec la France, déjà tendues par des questions migratoires et économiques.