Une étude espagnole préconise l'Algérie comme partenaire clé pour la gestion migratoire, au détriment du Maroc

Une étude menée par l'Institut Espagnol pour l'Analyse des Migrations (IEAM) préconise un partenariat stratégique entre l'Algérie et l'Italie pour la gestion migratoire, un rapport que le quotidien espagnol El Independiente a publié le mardi 22 septembre. L'IEAM estime que « l'Algérie est un partenaire important dans la gestion de la migration méditerranéenne ». L'institut note également la nécessité de fournir « des voies légales pour la migration, des opportunités d'emploi, de la formation et l'amélioration des conditions économiques et sécuritaires dans les pays d'origine ».

Le modèle italo-algérien de coopération

L'Algérie se distingue du Maroc dans la gestion migratoire par son refus des mémorandums généraux avec l'Union Européenne, préférant des accords bilatéraux, notamment avec l'Italie, qui se positionne en tête des pays de l'UE pour cette coopération. Les autorités italiennes ont ainsi développé une collaboration avec l'Algérie qui dépasse la simple prévention des départs de migrants irréguliers en Méditerranée, englobant la sécurité, le contrôle des frontières et la gestion des flux migratoires. Ce modèle italien de collaboration avec l'Algérie est jugé le plus approprié pour d'autres pays européens. L'Italie a d'ailleurs précédé l'Espagne dans le développement de ses relations avec l'Algérie, tirant parti de ces liens, notamment dans le domaine énergétique comme le gaz, avant d'autres nations européennes. Un mécanisme de coordination existe depuis 2024 entre l'Italie, l'Algérie, la Libye et la Tunisie pour la coopération sécuritaire, la lutte contre le terrorisme et le trafic d'êtres humains.

L'Algérie, acteur migratoire stratégique

Du point de vue espagnol, l'Algérie est considérée comme un acteur clé en Afrique du Nord, se distinguant du rôle du Maroc par son importance en matière de migration, de gaz et de sécurité. Rome ne traite pas l'Algérie uniquement comme un fournisseur de gaz, mais aussi comme un partenaire de sécurité sur la rive sud de la Méditerranée et dans la région du Sahel, source majeure de migration irrégulière. L'Algérie n'est pas seulement un pays de transit pour les migrants vers l'Espagne et l'Europe, mais également un pays d'accueil et un acteur sécuritaire dans la gestion des flux migratoires. Sa position géographique comme porte d'entrée vers l'Afrique et sa vaste superficie en font un élément essentiel du système migratoire européen. Ses frontières avec le Mali, le Niger et la Libye la placent en contact direct avec des régions subissant une forte pression migratoire et des migrations mixtes. L'Algérie est ainsi jugée un partenaire indispensable pour la gestion de la migration méditerranéenne.

Contexte des relations hispano-marocaines

L'étude estime que le modèle de partenariat algéro-italien est optimal pour l'Espagne afin de résoudre les problèmes avec le régime marocain, lequel utilise la migration irrégulière comme outil de pression politique concernant le Sahara occidental et les enclaves de Ceuta et Melilla. Les relations bilatérales entre l'Espagne et l'Algérie ont connu une amélioration significative depuis le début de l'année 2026. Cette amélioration fait suite à plusieurs années de tension liées à la position de l'Espagne sur la question du Sahara occidental.

Recommandations pour l'Espagne

L'Institut Espagnol pour l'Analyse des Migrations (IEAM) propose que la lutte contre la migration irrégulière ne repose pas uniquement sur la prévention des arrivées. Selon l'institut, cette approche devrait également inclure la mise en place de voies légales pour la migration. L'IEAM préconise de fournir des opportunités d'emploi et des formations. L'étude note également l'importance d'améliorer les conditions économiques et sécuritaires dans les pays d'origine. Ces mesures, d'après l'IEAM, sont essentielles pour une gestion migratoire complète et durable, allant au-delà des seules actions répressives aux frontières.