La cochenille menace les figuiers de Barbarie en Algérie

La culture du figuier de Barbarie en Algérie est confrontée à un défi environnemental et agricole croissant en raison de la propagation de la cochenille, également connue sous le nom d'« insecte cotonneux du figuier de Barbarie ». Cette infestation a débuté en 2021 dans des champs situés dans la région de Maghnia et Tlemcen. Le parasite s'est par la suite étendu à d'autres zones du pays, touchant notamment Chlef, Relizane, Tebessa et Souk Ahras. Cette expansion représente une menace significative pour les plantations locales de figuiers de Barbarie.

Description et impact de l'insecte

Ce ravageur affecte directement les plants de cactus, impactant leur croissance et leur production. L'infestation se manifeste par des amas blancs cotonneux visibles sur les raquettes des figuiers de Barbarie. L'insecte se nourrit de la sève de la plante, ce qui l'affaiblit, provoque un jaunissement et peut entraîner, dans les cas graves, le dessèchement des raquettes et la mort du plant. Ce parasite peut se propager rapidement, particulièrement lorsque les conditions climatiques lui sont favorables. La dissémination de l'insecte entre les régions peut s'opérer par le transport de plants et de raquettes infectés ou par l'intermédiaire d'agents naturels.

Importance économique et historique

Le figuier de Barbarie constitue une ressource économique majeure pour de nombreux agriculteurs en Algérie. Ses fruits et les dérivés qui en sont issus trouvent des applications dans les secteurs alimentaire et cosmétique. Ses raquettes sont employées dans divers domaines, ce qui note l'importance multifacette de cette culture.

Stratégies de lutte et prévention

Le suivi des foyers d'infestation et une intervention rapide sont essentiels pour limiter la propagation de la cochenille. Il est clé d'intensifier la surveillance sur le terrain, d'éliminer correctement les parties gravement infectées et d'éduquer les agriculteurs sur la détection précoce. La lutte contre cet insecte nécessite une coordination entre les agriculteurs, les autorités agricoles et les chercheurs. Une formation a abordé les méthodes de désinfection, l'identification des vecteurs d'insectes et l'application des pesticides. Cette formation a également inclus la protection des travailleurs avec des équipements de sécurité et la préparation précise des désinfectants. Des discussions ont eu lieu sur les méthodes visant à empêcher l'entrée de rongeurs par les passages frontaliers. Les participants se sont entraînés à la stérilisation des bâtiments, des espaces et des zones de transit. Ils ont enfin pratiqué la mise en œuvre d'une quarantaine rapide et de la stérilisation dès la suspicion d'un cas de maladie.

Avis d'expert sur l'enjeu

Un risque de perdre une part importante, voire la totalité, de la richesse algérienne en figuiers de Barbarie d'ici 2030 est identifié en raison de l'insecte cochenille. La recherche scientifique et le développement de méthodes de contrôle efficaces et durables sont jugés fondamentaux pour protéger la culture du figuier de Barbarie. Dans ce contexte, une session de formation nationale sur la « Surveillance sanitaire transfrontalière » a été organisée à l'Institut National de Santé Publique. Ces formations visent à doter les équipes de terrain de compétences rapides et efficaces pour protéger la santé publique et prévenir la propagation des risques sanitaires aux frontières.