Un rapport final de 285 pages, élaboré par la mission d'enquête temporaire de l'Assemblée Populaire Nationale sur le secteur de la viande rouge et de l'élevage, a été soumis à إبراهيم بوغالي, le Président de la chambre basse du Parlement. Ce document, résultat du travail de terrain de la mission effectué du 8 février au 13 avril dans neuf wilayas majeures de l'élevage, met en lumière plusieurs problématiques. Parmi les préoccupations identifiées figurent la contrebande de bétail vers les pays voisins et la dégradation des pâturages due à la sécheresse. Le rapport préconise la généralisation de la numérisation et l'amélioration des conditions des éleveurs pour revitaliser le secteur. Le rapport contient un total de 17 recommandations visant à apporter des solutions concrètes aux défis rencontrés par la filière.
Problèmes critiques identifiés
Les pâturages naturels ont diminué en raison d'années consécutives de sécheresse, selon le rapport d'enquête parlementaire. Cette dégradation des terres de pâturage a un impact direct sur la capacité des éleveurs à nourrir leurs troupeaux, augmentant ainsi les coûts de production et la dépendance aux aliments pour animaux importés. Le document note que le vol de bétail et la contrebande de troupeaux vers les pays voisins constituent des problèmes importants affectant le secteur. Ces activités illégales entraînent des pertes économiques considérables pour les éleveurs légitimes et perturbent l'équilibre du marché national de la viande rouge. La mission parlementaire a également constaté que le coût de la reconstitution des troupeaux est élevé. Plus précisément, les prix des brebis sont devenus prohibitifs pour de nombreux éleveurs algériens, rendant difficile le renouvellement du cheptel et freinant l'expansion des élevages.
Le rapport met en évidence un taux de mortalité des nouveau-nés atteignant environ 50 % dans certaines wilayas, ce qui représente une perte considérable pour les éleveurs. Ce chiffre alarmant note les lacunes potentielles en matière de soins vétérinaires, de nutrition ou de gestion des élevages, impactant directement la productivité globale du secteur. L'efficacité des stations d'amélioration génétique et d'insémination artificielle a diminué, selon les conclusions de l'enquête. Cette baisse d'efficacité compromet les efforts visant à améliorer la qualité et la productivité du cheptel algérien. Une productivité génétique faible de la race « Oulad Djellal » a également été identifiée comme un facteur limitant. Cette race, pourtant emblématique de l'élevage ovin algérien, peine à atteindre son plein potentiel en l'absence d'un programme d'amélioration génétique solide et bien appliqué. Le rapport parlementaire mentionne enfin la fragmentation de l'immobilier et la réduction des surfaces destinées au pâturage et à l'élevage, contribuant à la pression sur le secteur. Cette fragmentation limite les possibilités d'extension des exploitations et rend plus difficile la mise en œuvre de pratiques d'élevage modernes et efficaces.
Propositions de solutions
La numérisation est préconisée comme un outil essentiel pour améliorer la gouvernance du secteur de la viande rouge, selon le rapport d'enquête parlementaire. Cette approche vise à renforcer le suivi de la production et de la distribution, permettant ainsi une meilleure traçabilité des produits. L'objectif est de moderniser les processus existants et de les rendre plus transparents, contribuant à une gestion plus efficace de la filière. La mission parlementaire estime que cette transformation numérique facilitera également la prise de décision fondée sur des données précises, permettant aux autorités et aux acteurs du secteur d'agir de manière proactive face aux défis. La numérisation permettrait de créer un système intégré de gestion de l'information, depuis l'élevage jusqu'à la commercialisation, assurant une meilleure coordination entre les différents maillons de la chaîne de valeur.
Une autre recommandation du rapport concerne la nécessité de la numérisation pour structurer le secteur du fourrage. Le document indique que cette mesure est indispensable pour le suivi des troupeaux et le contrôle de leur gestion. Une meilleure gestion des ressources fourragères est clé pour réduire la dépendance aux importations et assurer une alimentation stable et de qualité pour le bétail, surtout dans un contexte de sécheresse récurrente. La traçabilité des animaux, de leur naissance à leur abattage, serait ainsi optimisée, permettant de lutter contre la fraude et la contrebande. La numérisation est envisagée comme un levier pour assainir le marché et garantir la qualité des produits carnés disponibles pour les consommateurs algériens, en apportant une plus grande confiance dans l'origine et la conformité des produits.
L'amélioration des conditions sociales et professionnelles des éleveurs constitue également une proposition majeure du rapport. Le document recommande notamment la mise en place d'une couverture sociale et sanitaire adéquate pour ces professionnels. Cette initiative vise à sécuriser leur activité et à les encourager à rester dans le secteur, face aux défis économiques et climatiques. En offrant une meilleure protection sociale, le rapport espère freiner l'exode rural et attirer de nouvelles générations vers l'élevage, assurant ainsi la pérennité de la filière. Le rapport note l'importance de soutenir les éleveurs pour préserver le cheptel national et assurer la souveraineté alimentaire en viande rouge, reconnaissant leur rôle fondamental dans l'économie agricole du pays.
Contexte de l'enquête
Le rapport final, un document de 285 pages, a été élaboré par la mission d'enquête temporaire de l'Assemblée Populaire Nationale sur le secteur de la viande rouge et de l'élevage. Il a été remis à إبراهيم بوغالي, le Président de la chambre basse du Parlement. Le document contient 17 recommandations visant à remédier aux problématiques identifiées lors de l'enquête. La mission a mené ses travaux de terrain du 8 février au 13 avril, couvrant neuf wilayas majeures pour l'élevage en Algérie. Ces wilayas ont été choisies pour leur importance stratégique dans la production de viande rouge et l'élevage du bétail, permettant à la mission d'obtenir une vue d'ensemble représentative des défis et des opportunités du secteur. Les conclusions du rapport mettent en lumière plusieurs défis majeurs, parmi lesquels la contrebande de bétail vers les pays voisins et la dégradation des pâturages due à la sécheresse prolongée. Le rapport suggère notamment la généralisation de la numérisation du secteur et l'amélioration des conditions de vie et de travail des éleveurs pour relancer et sécuriser l'approvisionnement en viande rouge dans le pays.