Le tribunal correctionnel de première instance près la Cour de justice d'Oran a rendu des verdicts dans une affaire de trafic de substances psychotropes. Cette instance judiciaire a prononcé des peines significatives à l'encontre des membres d'un réseau criminel impliqué dans la contrebande de ces substances illicites. Le réseau transportait les comprimés depuis l'Espagne, transitant par le port de Mostaganem, avec pour destination finale Oran. L'opération a été menée dans le cadre de la lutte acharnée contre le trafic de drogue dans la région, soulignant l'engagement des autorités à démanteler ces organisations criminelles.
Le déroulement de l'enquête
L'affaire a débuté au début du mois de juillet 2024, lorsque les services de la police judiciaire régionale ont été informés de l'acheminement d'une importante quantité de substances hallucinogènes via le port de Mostaganem. Ces informations précises ont déclenché une enquête approfondie, mobilisant d'importantes ressources, visant à intercepter le réseau de trafiquants et à mettre fin à leurs activités illégales.
Les investigations menées par les services de sécurité ont rapidement progressé, permettant l'appréhension du principal suspect, identifié comme étant « L-A-H ». Son interpellation a eu lieu alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule Kia Sorento muni de plaques d'immatriculation espagnoles. Cette interception stratégique a marqué une étape clé dans le démantèlement du réseau, car elle a permis de remonter la filière.
Une fouille minutieuse du véhicule Kia Sorento, menée par les forces de l'ordre, a révélé la présence de 53 sacs dissimulés. Ces sacs contenaient un total impressionnant de 2 650 500 comprimés d'ecstasy, pour un poids cumulé de 93 kg. La découverte de cette quantité massive de drogues a confirmé l'ampleur des opérations du réseau.
L'enquête a également conduit à l'identification de deux déclarants en douane, nommés « D-Sh » et « D-M », qui auraient été impliqués dans les procédures de dédouanement du véhicule. Leur rôle présumé dans la facilitation de l'entrée des marchandises illicites est actuellement examiné avec attention par les autorités compétentes, dans le cadre des investigations en cours.
Les charges et le réseau
Le réseau criminel impliqué dans cette affaire était composé de 10 accusés, dont deux restaient en fuite au moment du verdict. Les charges retenues contre les membres de ce groupe organisé étaient multiples et graves. Elles comprenaient la détention, le transport, le stockage et l'acquisition illégaux de substances psychotropes au sein d'un groupe criminel organisé, ainsi que la contrebande menaçant l'économie nationale et la santé publique. Des charges supplémentaires pesaient sur les membres du réseau, incluant la participation à la contrebande, le blanchiment d'argent au sein d'une organisation criminelle, et l'abus de fonction, soulignant la complexité et la sophistication de leurs activités illégales. Le suspect principal, « L-A-H », a avoué faire partie d'un réseau criminel international et a affirmé agir sous la direction des barons « Yahya » et « Redwan », révélant des ramifications transfrontalières.
Lors des interrogatoires, le défendeur « S-A » a reconnu avoir utilisé sa résidence comme lieu de stockage pour les substances psychotropes. Il a également déclaré avoir reçu la somme d'un milliard de centimes pour faciliter les procédures douanières, ce qui met en lumière la corruption potentielle au sein de certains maillons de la chaîne. L'inspecteur principal des douanes, « A-Kh », a été mis en cause pour ne pas avoir utilisé le scanner afin de vérifier le contenu du véhicule incriminé, une négligence qui a eu des conséquences importantes. Pendant le procès, le principal accusé a admis les charges retenues contre lui, reconnaissant sa culpabilité. En revanche, le défendeur « Y-A » a nié toute implication, expliquant que l'argent trouvé en sa possession était destiné à une transaction de bétail, une défense qui n'a manifestement pas convaincu le tribunal.
Les peines prononcées
Les chauffeurs de dépanneuse « Sh-S » et « A-M » ont été reconnus coupables d'avoir transporté le véhicule de Mostaganem à Oran, jouant un rôle dans la logistique du trafic. Le défendeur « B.T. », chargé du transport des véhicules pour le dédouanement, a quant à lui été acquitté, le tribunal n'ayant pas trouvé d'éléments suffisants pour prouver son implication criminelle.
Le tribunal a prononcé une peine de 20 ans de prison à l'encontre de « L-A-H », propriétaire du véhicule qui contenait les drogues, soulignant la gravité de son rôle central dans le réseau. Le défendeur « S-A », responsable du transport et de la distribution des substances hallucinogènes, a été condamné à 15 ans d'emprisonnement ferme, reflétant l'importance de sa participation aux opérations.
Deux frères, déclarants en douane au port de Mostaganem et identifiés comme « D-Sh » et « D-M », ont chacun écopé d'une peine de 10 ans de prison, leur implication dans la facilitation du passage des drogues étant clairement établie. L'inspecteur principal au département d'inspection des douanes, identifié comme « A-Kh », a été condamné à cinq ans de prison pour sa négligence grave qui a permis le passage de la cargaison illicite. Trois autres accusés, chauffeurs de dépanneuses pour véhicules en panne, ont été acquittés, leur rôle ayant été jugé non criminel. Enfin, les deux défendeurs toujours en fuite, dont un agent d'inspection des douanes, ont été condamnés par contumace à la réclusion à perpétuité, des peines exemplaires pour leur absence et la gravité de leurs actes présumés.
Implications et suites judiciaires
Les charges retenues comprenaient la détention, le transport, le stockage et l'acquisition illégaux de substances psychotropes au sein d'un groupe criminel organisé. Elles incluaient également la contrebande menaçant l'économie nationale et la santé publique, des délits aux répercussions profondes sur la société. Le procureur de la République avait requis une peine de 20 ans de prison pour les principaux accusés, une demande qui a été en partie suivie par le tribunal, démontrant la détermination de la justice à lutter contre ce fléau. Ce verdict marque une victoire importante dans la lutte contre le trafic de drogue en Algérie, envoyant un message clair aux réseaux criminels.