Algérie : Ambitions solaires pour 2035

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L'Algérie ambitionne de porter sa capacité en énergie solaire et renouvelable à 15 gigawatts d'ici 2035. Ces projets, répartis sur 12 wilayas, visent à répondre à la demande intérieure croissante, à réduire les émissions de carbone et à libérer davantage de gaz naturel pour l'exportation. Le pays prend des mesures concrètes pour atteindre ces objectifs ambitieux, soulignant une stratégie énergétique tournée vers la diversification et la durabilité.

Ambitieux objectifs énergétiques

Actuellement, l'Algérie dispose d'une capacité solaire de 2,87 gigawatts, selon l'African Solar Industry Association (AFSIA). L'organisation indique également que 2,6 gigawatts supplémentaires sont en construction dans le pays, marquant une progression significative vers l'atteinte des cibles nationales. Le gaz naturel domine largement le mix électrique national, représentant environ 95 térawattheures (TWh) de la production annuelle. En comparaison, l'énergie solaire ne contribue qu'à hauteur de 0,87 TWh à ce mix, soulignant l'ampleur du chemin à parcourir pour rééquilibrer les sources d'énergie. À long terme, l'Algérie prévoit d'exporter de l'électricité via des interconnexions avec les pays voisins et les marchés européens, diversifiant ainsi ses sources de revenus énergétiques et renforçant son rôle de fournisseur d'énergie dans la région.

Programme de 3,2 GW

L'Algérie a lancé un programme initial visant à développer 3,2 gigawatts de capacité solaire. Ce programme stratégique prévoit le déploiement de jusqu'à 20 projets à l'échelle industrielle, chacun contribuant à l'objectif global de 15 gigawatts. Sonelgaz apporte son soutien essentiel en identifiant les sites de raccordement pour toutes les futures centrales de production d'électricité, assurant ainsi l'intégration efficace de ces nouvelles capacités au réseau national. La société s'emploie également à établir une « autoroute de l'électricité » de 800 kilomètres destinée à transporter l'énergie entre le nord et le sud du pays, un projet d'infrastructure clé pour la distribution de l'électricité renouvelable. Des précédents montrent l'efficacité de tels projets et de l'approche par appels d'offres : Scatec a réussi à réduire les tarifs de l'électricité en Tunisie à moins de 0,03 dollar par kilowattheure, démontrant le potentiel de compétitivité des énergies renouvelables.

Modèle IPP et financement

Atteindre les objectifs fixés exige d'accélérer les investissements et de s'orienter vers des modèles de producteurs d'électricité indépendants (IPP) afin d'ouvrir le marché au secteur privé et aux entreprises internationales. Cette transition est jugée indispensable pour mobiliser les capitaux et l'expertise nécessaires à une expansion rapide. Le pays s'oriente vers l'obtention de financements internationaux, tirant parti des récentes modifications de sa loi financière pour attirer les investisseurs étrangers. Les étapes suivant le programme initial de 3,2 GW devraient bénéficier d'un soutien direct d'organismes internationaux, ce qui témoigne de la reconnaissance de la viabilité et de l'importance de ces projets. Des niveaux tarifaires équivalents, voire inférieurs, peuvent être atteints en Algérie en adoptant le modèle IPP et en abandonnant le modèle traditionnel de financement et de construction EPC (Engineering, Procurement, Construction) par le gouvernement, permettant ainsi une plus grande efficacité et des coûts réduits.

Défis et leviers de succès

La motivation de l'Algérie pour cette transition énergétique diffère des modèles traditionnels, le pays ne subissant pas de pressions liées aux importations de carburant grâce à sa production de gaz domestique abondante. L'objectif est davantage axé sur la diversification économique, la réduction des émissions et la libération de gaz pour l'exportation. Le principal obstacle réside dans l'écosystème de projet et le cadre réglementaire, et non dans la technologie elle-même, affirme Yacine Boulfrad, directeur du secteur développement technique chez Scatec. Pour surmonter ces défis et assurer le succès de la stratégie solaire algérienne, cinq piliers essentiels sont identifiés : des politiques stables et prévisibles, des contrats d'achat d'électricité (Power Purchase Agreements) solides et transparents, des appels d'offres compétitifs pour garantir les meilleurs tarifs, une délivrance rapide et simplifiée des licences, et le développement de partenariats stratégiques avec des acteurs internationaux et locaux. La mise en œuvre rigoureuse de ces piliers sera déterminante pour concrétiser les ambitions solaires de l'Algérie.

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