Maroc : Tentative de déstabilisation de la visite de Sánchez en Algérie

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez doit se rendre en Algérie le 20 juillet, selon des informations confirmées. Cette visite intervient alors que des sources diplomatiques espagnoles ont assuré au journal The Objective que le déplacement de M. Sánchez à Alger aura bien lieu à la date prévue, contredisant ainsi certaines allégations. La situation s'inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par des dynamiques diplomatiques complexes.

Détails de la visite et délégation

Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, devrait être accompagné de deux ministres de son cabinet lors de sa visite en Algérie. Parmi eux, la Troisième vice-présidente du gouvernement et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, est attendue au sein de la délégation se rendant en Algérie. Avant ce déplacement important, M. Sánchez devrait assister au traditionnel défilé militaire du 14 juillet à Paris, soulignant ainsi son engagement sur la scène internationale. Cette visite du Premier ministre espagnol en Algérie coïncide également avec une initiative de l'Espagne visant à régulariser le statut d'un grand nombre de migrants. Cette mesure devrait bénéficier à de nombreux ressortissants algériens, selon des informations rapportées, ajoutant une dimension sociale et humanitaire à l'agenda bilatéral.

Contexte diplomatique tendu

La visite de Pedro Sánchez en Algérie marque une amélioration significative des relations algéro-espagnoles, après une crise politique et diplomatique de 28 mois. Les autorités marocaines craignent que cette visite ne renforce davantage les liens entre l'Algérie et l'Espagne, selon des sources diplomatiques, ce qui pourrait potentiellement altérer l'équilibre régional. Ce différend diplomatique avait éclaté après que l'Espagne a modifié sa position sur la question du Sahara occidental, entraînant le rappel de l'ambassadeur algérien à Madrid et l'imposition de mesures économiques par Alger, une riposte ferme aux yeux de la communauté internationale.

Les tensions qui ont suivi auraient coûté aux entreprises espagnoles environ 3,2 milliards d'euros, un montant substantiel qui témoigne de la profondeur de la crise. Les exportations espagnoles vers l'Algérie ont chuté drastiquement, passant de 1,9 milliard d'euros en 2021 à seulement 330 millions d'euros en 2023, illustrant l'impact économique direct et sévère de cette période de refroidissement diplomatique. La reprise des relations est perçue comme un signe de normalisation, bien que le contexte régional reste complexe et que les enjeux sous-jacents demeurent.

Législation sur la nationalité sahraouie

Les relations entre l'Algérie et l'Espagne ont commencé à se rétablir après la décision de Madrid en 2022 de soutenir le plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara occidental, un tournant diplomatique majeur. Dans un développement récent et connexe, la Commission de la Justice du Parlement espagnol a levé son blocage sur une proposition de législation visant à accorder la citoyenneté espagnole aux résidents éligibles du Sahara occidental. Cette législation, appelée « Loi des Descendants », permettrait aux Sahraouis nés avant le 11 août 1977 d'obtenir la nationalité espagnole par naturalisation, selon ses promoteurs, offrant une perspective de régularisation à de nombreuses personnes. La coalition au pouvoir Sumar a affirmé son intention de faire approuver la « Loi des Descendants » par le Parlement avant la fin du mois, soulignant l'urgence et l'importance politique de cette initiative.

Réactions et enjeux futurs

Des informations relayées par des médias alignés sur la monarchie marocaine ont affirmé que la visite de M. Sánchez en Algérie avait été reportée à l'automne prochain. Ces allégations liaient ce prétendu report à des problèmes juridiques concernant son épouse, Begoña Gómez. Un site d'information, réputé financé par les services de renseignement marocains, a également soutenu que la visite de M. Sánchez était ajournée en raison de procédures judiciaires impliquant Begoña Gómez, citant des allégations de corruption et une interdiction de voyager. Cependant, ces affirmations ont été contredites par des sources diplomatiques espagnoles, confirmant la tenue de la visite à la date prévue.

Parallèlement à ces développements bilatéraux, le président algérien Abdelmadjid Tebboune est attendu en Allemagne plus tard ce mois-ci, dans le cadre d'un agenda diplomatique chargé pour l'Algérie. L'Algérie et l'Union européenne restent en désaccord concernant la révision de leur Accord d'association, entré en vigueur en 2005, un dossier qui continue de peser sur leurs relations économiques et politiques.