Algérie : Les partis politiques se préparent à contester les résultats des législatives devant la Cour Constitutionnelle

Les partis politiques algériens se préparent à contester les résultats des législatives en compilant les observations et réserves enregistrées durant le processus électoral, alors que l'Autorité Nationale Indépendante des Élections (ANIE) reçoit depuis deux jours les procès-verbaux de dépouillement, de comptage et de centralisation des différentes wilayas. L'ANIE a annoncé les résultats provisoires pour l'élection des membres de l'Assemblée Populaire Nationale, basés sur ces rapports de comptage. La Cour Constitutionnelle est la seule instance légale habilitée à statuer sur les résultats définitifs après leur proclamation officielle par l'Autorité Nationale Indépendante des Élections.

Irrégularités signalées dans le processus

Plusieurs formations politiques, notamment celles ayant obtenu des résultats significatifs dans diverses wilayas, ont enregistré des réserves. Ces réserves portent principalement sur la méthode de calcul du seuil électoral. Elles concernent également la présence présumée de représentants de certains partis à l'intérieur des bureaux de vote et des centres de dépouillement, ce qui serait contraire à la loi. Des inquiétudes ont été exprimées concernant des retards dans la livraison des procès-verbaux de dépouillement au niveau communal et des rapports d'agrégation finaux.

Le parti « Voix du Peuple » a ainsi déclaré avoir atteint le seuil légal dans une dizaine de wilayas, mais ses listes n'auraient pas été prises en compte dans la répartition des sièges. Parmi les observations relevées figurent des retards dans la remise des procès-verbaux de dépouillement au niveau communal, ainsi que des rapports d'agrégation finaux. Le « Mouvement de la Société pour la Paix » a, pour sa part, observé des cas où des noms d'électeurs ne figuraient pas sur les listes d'inscription malgré une inscription préalable. Le mouvement a également documenté des situations où des électeurs étaient orientés vers des bureaux de vote autres que les leurs. Des réserves ont été formulées concernant l'utilisation présumée d'argent douteux pour influencer et acheter des voix par certaines formations politiques. Des bureaux auraient été ouverts à proximité des bureaux de vote et exploités par certains partis pour influencer les électeurs. La Cour Constitutionnelle continue de recevoir les rapports des commissions électorales de wilaya relatifs aux élections législatives.

Les partis en action et leurs doléances

Le parti « Voix du Peuple » (حزب صوت الشعب) a commencé à collecter les procès-verbaux de dépouillement provenant de différentes wilayas, ainsi que les rapports de ses représentants locaux. Cette formation étudie actuellement la possibilité de déposer des recours auprès de la Cour Constitutionnelle concernant les résultats provisoires. De son côté, le « Mouvement de la Société pour la Paix » (حركة مجتمع السلم) a rapporté avoir enregistré des observations qu'il estime nécessiter une intervention de la Cour Constitutionnelle.

Le « Front de Libération Nationale » (حزب جبهة التحرير الوطني) continue également de recevoir les procès-verbaux de dépouillement de diverses wilayas. Certains candidats de ce parti se préparent à déposer des recours auprès de la Cour Constitutionnelle pour contester des résultats enregistrés. Ces recours du « Front de Libération Nationale » visent spécifiquement des candidats accusés de pratiques ayant nui à l'intégrité du processus électoral, notamment dans les wilayas d'Alger et de Djelfa.

Parallèlement, le « Rassemblement National Démocratique » (التجمع الوطني الديمقراطي) et le « Front du Futur » (جبهة المستقبل) sont également en phase de réception des procès-verbaux de dépouillement et des rapports émanant de leurs représentants sur le terrain.

Cadre légal et délais des recours

Conformément aux procédures et délais stipulés par la loi organique relative au régime électoral, des recours seront déposés auprès de la Cour Constitutionnelle concernant les cas jugés nécessitant un examen. La Cour Constitutionnelle se prépare à recevoir ces notifications et statuera dans un délai de 10 jours. La loi précise que les rapports des commissions électorales de wilaya ou ceux des électeurs à l'étranger doivent être déposés dans les 96 heures suivant la clôture du scrutin, avec une prolongation possible de 48 heures. Toute liste de candidats, tout candidat ou tout parti participant a le droit de contester les résultats provisoires en saisissant la Cour Constitutionnelle dans les 48 heures suivant leur annonce. La Cour notifie la liste ou le candidat visé par un recours pour qu'il soumette un mémoire écrit dans les 72 heures suivant le dépôt du recours. La Cour Constitutionnelle statue sur les recours dans les trois jours suivant l'expiration de ce délai de 72 heures. Les résultats définitifs sont proclamés au maximum 10 jours après la réception des résultats provisoires, délai prolongeable sur décision de son président.