L'Algérie sort de la liste grise du GAFI : Défis et préparatifs pour l'évaluation de 2029

L'Algérie a été placée sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) en octobre 2024, une décision qui a entraîné des mesures restrictives pour le pays. Cette désignation sur la liste grise, officiellement connue sous le nom de "juridictions sous surveillance accrue", signalait des lacunes stratégiques dans le régime de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) de l'Algérie, nécessitant des actions correctives. En conséquence directe de son retrait de cette liste, les banques étrangères ont levé officiellement les réserves et les mesures de surveillance strictes qui avaient été imposées auparavant sur les transferts financiers à destination et en provenance de l'Algérie. Cette levée des restrictions est une reconnaissance des efforts significatifs déployés par le pays pour renforcer son cadre réglementaire et opérationnel. Cette évolution positive intervient alors que le pays se prépare activement pour une nouvelle évaluation internationale en 2029, un jalon clé dans son engagement continu envers la transparence financière mondiale.

Le parcours de l'Algérie hors de la liste grise

L'Algérie a été retirée de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) le 19 juin 2026. Cette décision marque une étape significative et saluée dans les efforts du pays pour se conformer pleinement aux normes internationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le processus de retrait de la liste grise est rigoureux et exige une démonstration concrète de l'amélioration des dispositifs nationaux.

Ce retrait fait suite à une visite d'évaluation menée par des experts du GAFI en Algérie en avril 2026. Au cours de cette mission, les évaluateurs ont procédé à un examen approfondi des progrès réalisés par le pays. Ils ont notamment vérifié la mise en œuvre effective des réformes nécessaires, non seulement au niveau législatif mais aussi opérationnel, pour garantir l'efficacité du système LBC/FT algérien. Le succès de cette visite a été déterminant pour la décision du GAFI de retirer l'Algérie de sa liste des juridictions sous surveillance accrue, reconnaissant ainsi les efforts soutenus et les résultats tangibles obtenus par les autorités algériennes.

Préparation intensive pour l'évaluation de 2029

L'Algérie se prépare activement pour une nouvelle évaluation internationale prévue en 2029. Cette évaluation fait partie de la troisième série d'évaluations mutuelles menées par le GAFI, un processus régulier et essentiel pour s'assurer de la conformité continue des États membres aux normes internationales. Cette évaluation sera menée spécifiquement par l'équipe du Groupe d'action financière du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (GAFIMOAN), en utilisant la méthodologie du GAFI de 2022. La méthodologie du GAFI de 2022 représente une évolution significative par rapport aux approches précédentes, car elle met désormais un accent prépondérant sur la mesure de l'efficacité et des résultats concrets des systèmes nationaux de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il ne s'agit plus seulement de vérifier l'existence de textes législatifs, mais de prouver que ces lois sont appliquées efficacement sur le terrain et produisent les effets escomptés en matière de prévention et de répression.

Exigeante, un programme préparatoire pluriannuel s'étendant jusqu'en 2029 a été initié par les autorités algériennes. Ce programme est conçu pour renforcer de manière proactive toutes les composantes du dispositif national LBC/FT. Les premières inspections et contrôles sur le terrain sont prévus pour 2028, marquant le début d'une phase d'évaluation pratique de la mise en œuvre des mesures. Le même calendrier de 2028 verra également les premières inspections thématiques et contrôles des bureaux, ciblant des secteurs ou des professions spécifiques pour évaluer leur conformité. L'année 2029 sera entièrement consacrée à la préparation finale de l'évaluation internationale, incluant la simulation des processus d'évaluation afin d'anticiper les défis potentiels et la collecte méticuleuse des preuves requises pour démontrer la conformité aux normes du GAFI. Cette approche méthodique vise à s'assurer que l'Algérie présente un dossier solide et irréfutable lors de l'évaluation officielle.

Rôle clé des professions non financières

Un programme pluriannuel de travail, s'étendant de 2026 à 2029, a été lancé spécifiquement pour préparer les professions non financières désignées (DNFBP) à la prochaine évaluation internationale. Ce programme est clé car ces professions sont de plus en plus reconnues comme des points d'entrée potentiels pour le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Ce programme ambitieux inclut la préparation de cartographies annuelles des risques, permettant d'identifier et d'évaluer les vulnérabilités spécifiques à chaque secteur professionnel. Il impose également aux cabinets d'audit l'obligation de documenter de manière rigoureuse leurs procédures de conformité, leurs activités de formation destinées à leur personnel, et leurs mécanismes de supervision interne. Cette documentation détaillée est essentielle pour prouver la diligence raisonnable.

Les auditeurs, les experts-comptables et les comptables agréés sont identifiés comme des professions non financières dont le rôle est jugé essentiel et pivot dans la prévention et la détection des opérations suspectes. Leur expertise en matière d'analyse financière et de vérification des comptes les place en première ligne pour identifier les signaux d'alerte. Leur implication active et leur vigilance sont considérées comme un pilier central du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Parallèlement, le programme intègre des directives sectorielles spécifiques, élaborées pour guider ces professions dans l'application des normes LBC/FT. Des formations continues obligatoires sont mises en place pour s'assurer que les professionnels restent à jour avec les dernières réglementations et techniques de détection. Un système de surveillance doté de statistiques et d'indicateurs de performance est établi pour suivre l'efficacité des mesures mises en œuvre par ces professions. Ces mesures visent à renforcer de manière significative la capacité opérationnelle des professionnels concernés face aux risques identifiés et à garantir une application uniforme des réglementations.

Dans ce cadre exigeant, chaque bureau est tenu de constituer un dossier probant détaillé. Ce dossier doit répertorier de manière exhaustive les procédures adoptées pour la conformité LBC/FT, les registres de formation suivies par son personnel pour le renforcement des compétences, les actions de contrôle interne menées pour assurer la diligence, et les déclarations d'opérations suspectes effectuées aux autorités compétentes. Ce dossier servira de référence fondamentale et de preuve tangible pour démontrer la conformité aux exigences réglementaires lors de l'évaluation de 2029.

L'ensemble de ces initiatives s'inscrit pleinement dans la stratégie globale de l'Algérie pour répondre aux critères de la méthodologie d'évaluation du GAFI de 2022. En mettant l'accent sur l'efficacité et les résultats concrets des systèmes nationaux en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, l'Algérie démontre sa détermination à maintenir un cadre financier solide et transparent, essentiel pour sa position dans l'économie mondiale et pour la confiance des investisseurs internationaux.