L'Algérie renforce son influence au sein de l'Union Africaine

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L'Algérie a renforcé sa présence au sein des organes subsidiaires de l'Union Africaine, obtenant des rôles de direction dans plusieurs institutions stratégiques. Cette dynamique intervient alors que l'élection de 2025 pour la présidence de la Commission de l'Union Africaine constitue un point de compétition entre l'Algérie et le Maroc, soulignant les enjeux d'influence croissants entre les deux nations. Alger est également membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine pour la période 2025-2028. Ce Conseil de Paix et de Sécurité est considéré comme l'organe le plus important du continent pour la gestion des conflits, la médiation et l'intervention politique, ce qui confère à l'Algérie une position clé dans les décisions sécuritaires régionales.

Positions stratégiques acquises

Fin avril, le membre du Conseil de la Nation algérien, Fateh Boutbig, a obtenu la présidence du Parlement panafricain. Ce poste est considéré comme la deuxième plus haute fonction au sein de l'Union Africaine, marquant une victoire diplomatique significative pour Alger. L'Algérie a également remporté l'élection de février 2025 pour le poste de Vice-président de la Commission de l'Union Africaine. La diplomate algérienne Selma Malika Haddadi a battu la candidate marocaine Latifa Akherbach pour cette fonction, illustrant la compétition directe entre les deux pays pour des postes de haut niveau.

L'Ambassadeur Mohamed Khaled, Représentant permanent de l'Algérie auprès de l'Union Africaine, a été élu président du Comité des Représentants permanents en charge des droits de l'homme, de la démocratie et de la gouvernance. Cette élection place l'Algérie à la tête d'un comité essentiel pour la promotion des valeurs démocratiques et des droits humains sur le continent.

L'Algérie a également été sélectionnée pour siéger au Comité ministériel des candidatures au sein du système international, un rôle qui lui permet d'influencer les nominations aux postes internationaux. Le pays a aussi été choisi pour participer au Comité ministériel supervisant la mise en œuvre de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine, feuille de route stratégique pour le développement du continent. Cette participation est clé pour l'orientation des politiques à long terme de l'UA.

L'Algérie a été désignée membre du Comité des Représentants permanents pour les affaires environnementales, démontrant son engagement dans les défis climatiques et écologiques africains. Elle a également été sélectionnée pour siéger au Comité Technique Spécialisé sur la Culture, la Jeunesse et le Sport, un organe qui œuvre au développement social et culturel. Sa présence au Comité Technique Spécialisé sur la Communication et les Transports renforce son rôle dans l'intégration infrastructurelle et numérique du continent. Enfin, l'Algérie a été choisie pour siéger au Centre continental des opérations de lutte contre la migration irrégulière, basé à Khartoum, une institution vitale pour la gestion des flux migratoires en Afrique.

Contexte de rivalité régionale

Ces succès algériens renforcent la compétition entre l'Algérie et le Maroc au sein de l'Union Africaine. L'Algérie représente la région de l'Afrique du Nord au Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA, prenant cette place au détriment du Maroc, marquant un avantage stratégique dans la diplomatie continentale. Le vote pour la présidence du Parlement panafricain a illustré cette rivalité de manière très nette. Fateh Boutbig a remporté son élection avec une large avance, recevant 19 voix, contre seulement quatre pour son opposant marocain, l'ancien ministre Lahcen Haddad. Ce résultat met en lumière les dynamiques de soutien et d'alliances au sein de l'organisation.

Le Maroc avait réintégré l'Union Africaine en 2016, après s'être retiré de l'organisation dans les années 1980. Cette réintégration avait marqué un tournant dans la dynamique régionale, ravivant les enjeux d'influence au sein de l'institution continentale et intensifiant la compétition pour les postes clés et la direction des politiques.

Bénéfices politiques et diplomatiques

Les rôles de leadership de l'Algérie au sein des institutions de l'Union Africaine lui confèrent une position stratégique au sein d'une organisation continentale très influente, à un moment de transformations mondiales majeures. Ces postes de direction au sein de l'Union Africaine offrent à l'Algérie une visibilité accrue auprès des partenaires mondiaux, notamment les Nations Unies, l'Union Européenne et le groupe BRICS. Cette présence institutionnelle au sein de l'UA lui fournit une plateforme plus solide pour promouvoir des approches alignées sur sa vision en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la région du Sahel, des enjeux cruciaux pour sa sécurité et celle de la région. L'influence et les relations de l'Algérie à travers l'Afrique s'étaient affaiblies au cours des deux décennies précédentes en raison de circonstances nationales et politiques sous l'ancien président, rendant ces récentes avancées encore plus significatives.

Analyse d'expert

Les rôles de leadership de l'Algérie au sein des institutions de l'Union Africaine n'apportent pas de gains financiers directs, mais procurent des avantages politiques, diplomatiques et stratégiques significatifs. Toufik Bougaada, professeur de science politique et de relations internationales à l'Université d'Alger 3, a déclaré que ces avantages sont « le genre d'avantages recherchés par les pays qui poursuivent des objectifs géopolitiques soigneusement calculés ». Ces positions renforcent la stature de l'Algérie sur la scène continentale et internationale, lui permettant de mieux défendre ses intérêts et de projeter son influence dans les affaires africaines.