L'Algérie remplace le français par l'anglais dans l'enseignement primaire

إلغاء الفرنسية في الثالثة ابتدائي والإبقاء على الإنجليزية
Photo via Echoroukonline

L'Algérie a décidé d'introduire l'anglais comme unique langue étrangère dès la troisième année de l'enseignement primaire, délaissant ainsi le français, selon un article publié le 14 juillet 2026. Cette orientation pédagogique repose sur l'argument central de la capacité d'absorption de l'enfant à l'âge de huit ans, correspondant à la troisième année du cycle primaire. La publication indique que « l'école semble se diriger vers une étape d'« audace pédagogique », où l'intérêt cognitif et psychologique de l'enfant est le seul critère et facteur décisif dans l'élaboration de la « feuille de route » pour la prochaine génération ». Cette décision marque un tournant significatif dans la politique linguistique éducative du pays, officialisant l'adoption de l'anglais comme seule langue étrangère enseignée à ce stade précoce du cursus scolaire et la suppression du français.

Arguments pédagogiques et cognitifs

Cette décision repose sur des rapports issus d'une conférence nationale ainsi que sur des arguments scientifiques centrés sur les capacités cognitives et psychologiques de l'enfant aux premiers stades de sa scolarité. Selon l'article, "l'école semble se diriger vers une étape d'« audace pédagogique », où l'intérêt cognitif et psychologique de l'enfant est le seul critère et facteur décisif dans l'élaboration de la « feuille de route » pour la prochaine génération." L'argument central est que la capacité d'absorption de l'enfant à l'âge de huit ans, en troisième année de primaire, est optimale pour l'apprentissage d'une seule langue étrangère. Contraindre un élève de cet âge à assimiler simultanément deux langues étrangères, le français et l'anglais, en plus de sa langue maternelle, l'arabe, est susceptible d'engendrer des résultats contre-productifs, limitant ainsi ses capacités créatives et académiques.

Les expériences menées sur le terrain et l'interaction constante avec les élèves ont révélé que ces derniers peuvent subir des interférences linguistiques négatives, pouvant entraîner une fragmentation mentale et ce qui est qualifié d'« indigestion linguistique ». Cette approche vise à éviter la surcharge cognitive précoce et à optimiser le processus d'apprentissage. Des études linguistiques modernes suggèrent que la grammaire anglaise, dans ses premières étapes, est plus souple et plus facile à apprendre que les complexités grammaticales et morphologiques profondes du français. Les études linguistiques affirment que "Les règles de la langue anglaise dans ses premières étapes sont plus flexibles et plus fluides à comprendre par rapport aux complexités grammaticales et morphologiques profondes de la langue française, ce qui facilite sa saisie par l'enfant sans effort mental excessif."

Le ministre de l'Éducation nationale, Mohamed Oujja Saadaoui, avait déjà abordé la question de l'enseignement des langues étrangères dans le primaire, soulignant les défis inhérents à l'apprentissage simultané de plusieurs langues. Il avait déclaré que "l'enseignement simultané de deux langues étrangères aux élèves de troisième année primaire représente un défi en raison de la similitude des lettres et des prononciations des mots." Cette observation renforce l'idée qu'une introduction progressive est plus bénéfique. Des études spécialisées recommandent de n'introduire qu'une seule langue au départ, la seconde n'étant enseignée qu'en quatrième ou cinquième année. Cette nouvelle stratégie éducative vise précisément à ce que les élèves se concentrent sur l'établissement d'une base solide dans une seule langue étrangère, de préférence l'anglais, avant d'être initiés à d'autres langues à des étapes ultérieures de leur parcours scolaire. Parallèlement, une décision a été prise d'interdire l'enseignement des programmes français au sein des établissements d'enseignement privés, marquant une volonté claire de réorienter le système éducatif. L'article mentionne avoir été consulté 8396 fois, témoignant de l'intérêt suscité par cette réforme majeure.

Contexte historique et stratégique

Le programme éducatif algérien actuel, réformé suite aux directives du Président Abdelmadjid Tebboune, intègre les standards internationaux et ménage un espace pour les activités culturelles et sportives en parallèle des matières académiques. Cette réforme s'inscrit dans une vision plus large de modernisation et d'alignement sur les meilleures pratiques mondiales en matière d'éducation. Un développement majeur dans l'histoire de l'éducation nationale a été l'introduction de l'anglais dès la troisième année du cycle primaire pour l'année scolaire 2022/2023. Cette mesure a ensuite été officialisée par un décret présidentiel pour l'année académique 2023/2024, confirmant son statut permanent et son importance stratégique.

L'introduction de l'anglais a été accompagnée par l'ouverture d'une spécialisation dédiée aux enseignants d'anglais du primaire au sein des établissements d'enseignement supérieur. Cette initiative visait également à répondre aux crises de l'emploi en créant de nouvelles opportunités professionnelles, assurant ainsi la disponibilité de personnel qualifié pour cette nouvelle orientation. Au cours de cette période, des voix se sont élevées pour réclamer l'abolition du français au profit de l'anglais comme seule langue étrangère. Les partisans de cette approche arguaient qu'il fallait éviter de perturber les élèves avec deux langues étrangères concurrentes, ce qui pourrait engendrer une confusion linguistique. Ils exprimaient également le souhait d'incarner une politique souveraine visant à se défaire de l'héritage colonial, en réduisant l'influence d'une langue historiquement associée à la période coloniale. Cette démarche s'inscrit dans une volonté affirmée de renforcer l'identité nationale et de choisir des partenaires linguistiques plus adaptés aux ambitions futures du pays.

Implications et avenir de la langue

Ce choix s'inscrit dans une orientation stratégique visant à généraliser l'anglais comme langue principale pour l'accès aux sciences, aux micro-technologies et à l'intelligence artificielle. Cette démarche est perçue comme un moyen de positionner l'Algérie sur la scène internationale dans des domaines technologiques clés, en offrant aux jeunes générations les outils linguistiques nécessaires pour s'intégrer pleinement dans l'économie et la recherche mondiales. La stratégie éducative révisée prévoit que les élèves se concentrent sur l'établissement d'une base solide dans une seule langue étrangère, de préférence l'anglais, avant d'être initiés à d'autres langues à des étapes ultérieures de leur parcours scolaire. Cette approche cherche à optimiser l'apprentissage en évitant la surcharge cognitive précoce, permettant ainsi une meilleure maîtrise de la langue choisie.

Les autorités publiques cherchent également à réduire la présence de la langue française dans le paysage éducatif. Cette politique vise à renforcer l'arabe comme langue nationale tout en adoptant l'anglais comme première langue étrangère à tous les niveaux, de l'enseignement de base à l'enseignement universitaire. Les promoteurs de cette orientation estiment qu'elle répond mieux aux nécessités de la mondialisation et aux exigences du marché du travail international, où l'anglais est devenu la lingua franca. Le gouvernement algérien insiste sur la suppression des obstacles linguistiques qui pourraient freiner l'intégration des jeunes générations dans les sphères scientifiques et technologiques mondiales. En consolidant l'anglais comme première langue étrangère, l'Algérie aspire à ouvrir de nouvelles perspectives à ses citoyens, facilitant leur accès à l'information, à l'innovation et aux opportunités professionnelles sur la scène mondiale.