L'Algérie et l'Italie renforcent leur partenariat énergétique : l'Italie, premier client européen du gaz algérien

L'Italie se positionne en tête des importateurs de gaz algérien en Europe, un partenariat énergétique appelé à s'étendre davantage. L'Italie est ainsi le plus grand importateur de gaz algérien sur le continent européen. Le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé cette primauté, déclarant que « l'Italie reste le premier client européen pour le gaz algérien, devant l'Espagne et la France ». Ces déclarations ont été faites à la suite d'un entretien téléphonique avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Lors de cet échange, les deux dirigeants ont abordé les relations bilatérales dans les domaines politique, économique, énergétique et industriel. Ils ont affirmé leur engagement à renforcer davantage le partenariat stratégique entre l'Algérie et l'Italie. Cette discussion a souligné l'importance de la collaboration entre les deux nations, non seulement dans le secteur énergétique, mais aussi dans des domaines clés pour leur développement mutuel.

Gaz algérien, colonne vertébrale italienne

Le gaz algérien parvient au sud de l'Italie via le gazoduc Transmed, qui traverse également la Tunisie. Ce gazoduc représente une route de transport de gaz des plus importantes vers le continent européen, essentielle pour l'approvisionnement énergétique de l'Italie. La coopération entre Sonatrach, l'entreprise algérienne, et Eni, son homologue italienne, constitue la pierre angulaire des relations énergétiques bilatérales. Cette collaboration de longue date est fondamentale pour la stabilité des flux gaziers. Sonatrach et Eni ont signé un protocole lors du Sommet gouvernemental algéro-italien en juillet 2025. Ce protocole vise à accroître la production de gaz algérien et à étendre les contrats d'approvisionnement destinés au marché italien, garantissant ainsi une sécurité énergétique renforcée pour l'Italie. Le président Tebboune a précisé que « la France importe environ 7 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié algérien annuellement, en plus de 14 à 18 millions de barils de pétrole, malgré les tensions dans les relations bilatérales entre les deux pays ». Cette précision met en lumière les dynamiques d'approvisionnement gazier de l'Algérie avec d'autres partenaires européens.

Investissements et production future

Des projets planifiés, incluant le développement des gisements de Zemoul El Kebir et de Regan 2, devraient augmenter la production de gaz algérien d'environ 5,5 milliards de mètres cubes par an d'ici 2028. Ces initiatives s'inscrivent dans la stratégie d'accroissement des capacités gazières du pays, visant à répondre à une demande croissante et à sécuriser les exportations. L'investissement total pour ces projets prévus dépasse 8 milliards de dollars, soulignant l'engagement de l'Algérie dans le renforcement de son potentiel énergétique et sa volonté de consolider sa position en tant que fournisseur majeur. Ces développements sont cruciaux pour maintenir la fiabilité des approvisionnements vers l'Europe, notamment vers l'Italie.

Projets d'hydrogène et infrastructures

L'Algérie et l'Italie participent au projet SoutH2, aux côtés de la Tunisie, de l'Autriche et de l'Allemagne, dans le cadre d'une initiative visant à renforcer davantage la coopération énergétique. Le projet SoutH2 a pour objectif de transporter de l'hydrogène renouvelable depuis l'Afrique du Nord vers les marchés européens, marquant une étape importante vers la décarbonation. Cette infrastructure s'étendra sur 3 300 kilomètres, traversant plusieurs pays pour relier les sources de production aux centres de consommation en Europe. La conception de l'infrastructure SoutH2 prévoit de s'appuyer à 70 % sur des gazoducs existants, optimisant ainsi les ressources et réduisant les coûts de construction de nouvelles infrastructures. Le projet SoutH2 devrait devenir opérationnel d'ici 2030, marquant une étape importante dans la transition énergétique régionale et la diversification des sources d'énergie.

Coopération bilatérale élargie

Les discussions ont également porté sur l'avancement des initiatives inscrites dans le cadre du Plan Mattei pour l'Afrique, incluant le Centre d'Excellence Enrico Mattei à Sidi Bel Abbès. Ce centre est dédié à la formation, à la recherche et à l'innovation dans le domaine agricole, illustrant l'engagement de l'Italie à soutenir le développement économique et social en Afrique. La coopération bilatérale concernant la lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux de traite d'êtres humains a aussi été abordée, un sujet d'intérêt mutuel pour les deux pays afin de gérer les flux migratoires et de protéger les populations vulnérables. Ces échanges confirment l'ampleur et la profondeur du partenariat stratégique entre l'Algérie et l'Italie, qui s'étend bien au-delà de la seule question énergétique.