La Turquie et l'Arabie Saoudite discutent de la renaissance du chemin de fer du Hedjaz

إحدى المحطات الأثرية لخط سكة حديد الحجاز
Photo via Echoroukonline

Le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, a annoncé mercredi que des discussions sont en cours entre la Turquie et l'Arabie Saoudite concernant la réactivation du projet historique du chemin de fer du Hedjaz. Ces échanges visent également à étendre la ligne ferroviaire jusqu'au Sultanat d'Oman. Cette initiative, qui s'inscrit dans une vision de connectivité régionale accrue, cherche à moderniser une infrastructure historique et à lui conférer de nouvelles fonctions stratégiques. Le projet initial, empreint d'une riche histoire, reliait Damas à la Médine, traversant l'actuelle Jordanie, et constituant à l'époque un axe vital pour le pèlerinage et le commerce.

Détails du projet moderne

Abdulkadir Uraloğlu a précisé que la première phase du projet moderne du chemin de fer du Hedjaz prévoit la connexion d'une ligne depuis la Turquie jusqu'à Alep. Cette étape initiale est clé pour intégrer le réseau turc au corridor ferroviaire envisagé. Il a ajouté que la ligne reliant Alep, Damas et la Jordanie est déjà existante, ce qui représente un avantage significatif pour la mise en œuvre rapide de certaines sections du projet. Le ministre a également évoqué la possibilité concrète de réactiver la section de la ligne historique qui s'étend entre la capitale syrienne, Damas, et la capitale jordanienne, Amman. Cette réactivation permettrait non seulement de restaurer un lien historique important, mais aussi de jeter les bases d'une connectivité régionale plus vaste. Ces déclarations soulignent une approche par étapes pour moderniser et étendre l'infrastructure ferroviaire régionale, en capitalisant sur les tronçons existants et en planifiant de nouvelles extensions stratégiques. La vision est de créer un réseau ferroviaire intégré qui facilitera le mouvement des personnes et des marchandises à travers plusieurs pays du Moyen-Orient.

Contexte historique et ambition

Le ministre Abdulkadir Uraloğlu a exprimé la vision de la Turquie de ressusciter le chemin de fer historique du Hedjaz en tant que ligne moderne, destinée simultanément au tourisme et au transport. Cette double fonction est essentielle pour assurer la viabilité économique et stratégique du projet, en attirant à la fois les voyageurs et le fret. Le chemin de fer du Hedjaz a été établi durant l'ère ottomane, sa construction s'étendant de 1900 à 1908. Ce projet d'ingénierie colossal de son temps avait pour but de faciliter le pèlerinage vers les villes saintes de La Mecque et Médine, ainsi que de renforcer l'influence ottomane dans la région. La ligne originale s'étendait sur 1 322 kilomètres entre le Levant et Médine, atteignant ultérieurement une longueur d'environ 1 900 kilomètres grâce à des extensions successives. Sa renaissance moderne vise à préserver cet héritage tout en l'adaptant aux exigences contemporaines de transport et de logistique, transformant un symbole historique en un moteur de développement régional.

Implications stratégiques et futures

Des discussions sont en cours avec la partie saoudienne concernant l'extension de cette ligne jusqu'au Sultanat d'Oman, a-t-il été indiqué. Cet objectif ambitieux témoigne de la volonté de créer un corridor de transport véritablement pan-régional. L'objectif final est de connecter ce chemin de fer à la région, offrant ainsi une alternative terrestre significative au détroit d'Ormuz. Le projet vise à renforcer les liens commerciaux et stratégiques entre les pays du Golfe et la Turquie, en créant une nouvelle voie de transit terrestre pour les marchandises et les passagers. Cette initiative pourrait réduire la dépendance vis-à-vis des routes maritimes existantes et potentiellement désengorger le détroit d'Ormuz, un point de passage maritime clé pour le commerce mondial d'hydrocarbures et d'autres biens. La création d'une telle artère ferroviaire renforcerait la sécurité des approvisionnements et diversifierait les options logistiques pour les pays participants. L'intégration d'Oman dans ce réseau ferroviaire étendu soulignerait l'ambition de créer un corridor de transport régional majeur, avec des répercussions économiques et géopolitiques significatives pour l'ensemble du Moyen-Orient, favorisant l'intégration économique et le développement mutuel.