Des élites politiques françaises cherchent à orienter le gouvernement vers un bénéfice du récent rapprochement entre l'Algérie et les autorités maliennes, selon des observateurs. Cette approche a été formalisée par une question parlementaire adressée au ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Sofia Chikhaoui, dirigeante et députée de La France Insoumise, a formulé cette interrogation. La question parlementaire demandait l'évaluation du gouvernement français concernant le rôle potentiel de l'Algérie dans une solution politique à la crise au Mali. Elle s'enquérait également de la nature des communications de la France avec l'Algérie sur ce sujet et de l'intention de la France de soutenir une médiation régionale, directement ou indirectement, pour rouvrir un horizon politique pour la résolution de la crise au Mali. Cette démarche, directe ou indirecte, viserait à rouvrir un horizon politique pour la résolution de la crise au Mali. La question reflète un courant au sein de la scène politique française considérant l'Algérie comme un partenaire indispensable pour la France cherchant une sortie de crise malienne et la préservation de son influence.
Critique de la politique sahélienne
La question parlementaire s'appuyait sur le constat de l'échec des opérations Serval et Barkhane à apporter la stabilité au Mali. Elle évoquait également la responsabilité de la France dans l'impasse politique, sécuritaire et militaire actuelle dans la région du Sahel, situation qui a débuté en 2013. Les relations de la France avec Bamako sont plongées dans une crise sans précédent depuis l'indépendance, marquées par la stagnation et la tension. Une source spécialisée a indiqué que le contenu de cette question constitue une critique directe de la politique française au Sahel. Cette critique est justifiée par l'échec politique et militaire des opérations Serval et Barkhane, menées par l'armée française au Mali à partir de 2013. L'impasse actuelle, qui perdure depuis plus d'une décennie, a mis en lumière les limites d'une approche principalement militaire et la nécessité d'explorer des voies diplomatiques et régionales plus efficaces.
Le rôle pivot de l'Algérie
La question parlementaire note l'importance de l'Algérie en tant que pays pivot, notamment en raison de ses frontières communes avec le Mali. L'Algérie a joué un rôle historique dans l'Accord pour la paix et la réconciliation, signé en 2015 à Alger sous l'égide de l'ONU, entre les autorités centrales de Bamako et les factions d'opposition du nord. Cet accord a démontré la capacité de l'Algérie à agir comme un médiateur crédible et influent dans la région. Une source spécialisée estime que l'Algérie possède une influence politique et sécuritaire au Mali et dans ses environs que la France ne peut ignorer. Cette influence suggère que l'Algérie pourrait être un acteur clé dans tout futur règlement politique de la crise malienne, apportant une expertise et une légitimité régionale essentielles à la résolution des conflits. Sa position géographique et son histoire diplomatique en font un partenaire important pour toute initiative de paix durable.
Vers une nouvelle doctrine française
Une source spécialisée a indiqué que la question parlementaire appelle à une évolution de la doctrine française concernant ses zones d'influence. Elle suggère un passage d'une approche purement militaire à une stratégie politique privilégiant le dialogue et la médiation régionale. Cette initiative vise à inciter le gouvernement français à coopérer avec l'Algérie et à soutenir toute médiation régionale que ce pays pourrait mener. Une telle médiation mettrait l'accent sur une solution politique plutôt que militaire, une position que l'Algérie a défendue à plusieurs reprises. L'objectif est de réorienter la politique étrangère française vers des partenariats plus équilibrés et des solutions concertées avec les acteurs régionaux, reconnaissant ainsi la complexité des défis sahéliens et la nécessité d'une approche multilatérale. Cette démarche pourrait potentiellement ouvrir la voie à une nouvelle ère de coopération franco-algérienne sur les questions de sécurité et de stabilité régionales.