Une administration parallèle a été démantelée au sein du service des passeports biométriques de la commune de Hussein Dey, à Alger, a révélé une enquête récente. Cette structure clandestine était spécifiquement mise en place pour faciliter l'obtention frauduleuse de passeports biométriques. Il a été établi que cette administration parallèle avait été établie au sein même du service des passeports biométriques de la municipalité de Hussein Dey. Elle permettait notamment l'extraction de ces documents officiels sans la présence physique requise des demandeurs, contournant ainsi les procédures administratives établies et les exigences légales en vigueur. Les détails de cette affaire, qui concerne la falsification de documents d'identité, ont été mis au jour dans le cadre d'une opération visant à assainir les services publics et à lutter contre la corruption. Cette opération d'envergure note la détermination des autorités à éradiquer les réseaux de fraude qui minent l'intégrité des institutions.
Les rouages de l'arnaque et le rôle des suspects
L'échange financier pour l'extraction d'un passeport s'échelonnait entre 8 millions et 10 millions de centimes, une somme destinée à être partagée équitablement entre les parties impliquées dans le réseau de falsification. Les montants facturés pour ces services illégaux s'étendaient précisément entre 5 et 8 millions de centimes par passeport, selon les informations recueillies au cours de l'enquête. L'enquête sur cette affaire a débuté avec le suspect T. Abdelkader, qui a été placé en détention provisoire le 29 octobre 2025, marquant une étape clé dans le démantèlement de cette organisation. Par la suite, la suspecte T. Rétiba a été impliquée dans le dossier et placée sous observation pour abus de fonction, selon les informations recueillies, son rôle étant jugé central dans le processus frauduleux.
Un passeport biométrique a été émis le 28 novembre 2024 au nom de T. Abdelkader, né en 1987, document qui s'inscrit directement dans le cadre des falsifications découvertes et qui a servi de preuve matérielle de l'existence du réseau. La suspecte T. Rétiba a déclaré aux enquêteurs qu'en 2022, une femme identifiée comme Najia l'avait approchée dans le but d'obtenir des documents biométriques pour des membres de sa famille résidant à l'étranger, initiant ainsi une série de transactions illégales. Il a été révélé que Najia avait sollicité de l'aide pour l'extraction de documents biométriques pour ses connaissances, y compris des individus résidant à l'étranger, pour des sommes pouvant atteindre 50 000 dinars algériens. En 2024, Najia a de nouveau contacté T. Rétiba concernant l'extraction d'un passeport pour T. Taybi Abdelkader, qui se trouvait à l'étranger, moyennant une somme de 50 000 dinars algériens, illustrant la persistance et l'étendue de leurs activités.
B. Iman a, de son côté, affirmé avoir extrait cinq passeports pour des individus se trouvant à l'étranger, sans que leur présence physique ne soit requise pour la procédure, un élément clé de la fraude. La suspecte B. Iman, chargée de la remise des documents biométriques, a reconnu avoir facilité l'extraction de passeports pour des personnes situées à Dubaï et à l'étranger, sans que leur présence physique ne soit requise, en échange de 50 000 dinars algériens par document. Parmi les bénéficiaires de ce système, un suspect nommé Issam a versé 2 000 dinars algériens pour son passeport et 20 000 dinars algériens pour sa carte d'identité biométrique, laquelle lui a été remise par l'intermédiaire de son frère, démontrant la diversité des documents falsifiés et des montants impliqués. B. Iman a également perçu 80 000 dinars algériens pour les deux derniers passeports extraits au bénéfice de B. Abbas, soulignant les gains financiers substantiels réalisés par les membres du réseau. Une conversation interceptée a révélé un paiement de 4 millions de centimes destiné à l'une des parties impliquées, l'autre partie recevant un montant équivalent pour la transaction, confirmant la répartition des bénéfices.
Preuves numériques et accusations formelles
L'opération judiciaire a abouti à plusieurs chefs d'accusation, notamment l'obtention de documents de voyage à l'aide de faux certificats, l'abus d'influence, l'offre d'avantages indus à des agents publics, ainsi que la destruction intentionnelle de documents, selon les informations disponibles. Ces accusations reflètent la gravité des actes commis et la complexité de l'organisation criminelle mise en place. Elles mettent en lumière la nature multifacette de la fraude, allant de la falsification de documents à la corruption d'agents publics, soulignant les multiples infractions commises par les membres du réseau. Dans le cadre de l'enquête, des perquisitions électroniques ont été menées sur les téléphones des suspects, une démarche essentielle pour recueillir des preuves irréfutables. Ces examens ont mis en évidence leur implication dans le traitement illégal de documents biométriques, fournissant des éléments concrets sur les méthodes employées par le réseau et la manière dont ils communiquaient.
Les investigations numériques ont notamment permis de découvrir des conversations échangées via les applications Viber et WhatsApp sur les appareils saisis. Ces communications étaient accompagnées de photographies de passeports et de cartes d'identité, constituant des preuves matérielles de l'activité frauduleuse et des documents contrefaits. La découverte de ces échanges numériques a été clé pour reconstituer le modus operandi du réseau et pour établir les liens entre les différents acteurs impliqués. Ces éléments numériques ont renforcé les accusations portées contre les individus impliqués dans cette affaire de falsification de documents à Hussein Dey, offrant un aperçu détaillé de l'étendue de leurs opérations et de la coordination entre les différents membres du réseau. La découverte de ces échanges a été déterminante pour comprendre le modus operandi et établir les liens entre les suspects.
Contexte judiciaire et financier approfondi
Les montants facturés pour ces services illégaux s'étendaient entre 5 et 8 millions de centimes par passeport, selon les informations recueillies, ce qui représente des sommes considérables pour l'obtention de documents officiels. Ces tarifs élevés témoignent de la valeur perçue de ces documents et de la volonté des demandeurs de contourner les procédures légales. Le tribunal de Hussein Dey, à Alger, devait rendre ses jugements dans cette affaire le lundi 14 septembre, une date attendue avec intérêt par les autorités et l'opinion publique, marquant la conclusion d'un processus judiciaire rigoureux. Ce jugement est attendu pour clarifier les responsabilités et appliquer les peines correspondantes aux infractions commises par les membres du réseau. Najia a sollicité de l'aide pour l'extraction de documents biométriques pour ses connaissances, y compris des individus résidant à l'étranger, pour des sommes allant jusqu'à 50 000 dinars algériens, démontrant l'ampleur de la demande pour ces services illégaux et la capacité du réseau à y répondre. Ces transactions soulignent l'attrait pour ces services illégaux, notamment pour les personnes résidant à l'étranger, qui cherchaient à obtenir des documents sans avoir à se déplacer. En 2024, Najia a contacté T. Rétiba concernant l'extraction d'un passeport pour T. Taybi Abdelkader, qui se trouvait à l'étranger, moyennant 50 000 dinars algériens, confirmant la récurrence des transactions et l'implication de plusieurs individus dans le processus.
La suspecte B. Iman, chargée de la remise des documents biométriques, a reconnu avoir facilité l'extraction de passeports pour des personnes situées à Dubaï et à l'étranger, sans que leur présence physique ne soit requise, en échange de 50 000 dinars algériens par document, ce qui met en lumière la nature transnationale de certaines de ces opérations. L'implication de bénéficiaires à Dubaï et dans d'autres pays étrangers révèle la portée internationale des activités de cette administration parallèle. B. Iman a perçu 80 000 dinars algériens pour les deux derniers passeports extraits au bénéfice de B. Abbas, ce qui illustre les sommes importantes en jeu et le caractère lucratif de cette activité illégale. Les montants cumulés perçus par les membres du réseau témoignent de l'ampleur du profit généré par ces pratiques frauduleuses. Une conversation interceptée a révélé un paiement de 4 millions de centimes destiné à l'une des parties impliquées, l'autre partie recevant un montant équivalent pour la transaction, ce qui corrobore les déclarations des suspects concernant la répartition des gains et la structure financière du réseau. Ces éléments financiers détaillés fournissent une image claire des flux d'argent au sein de l'organisation criminelle. L'ensemble de ces éléments financiers et judiciaires brosse un tableau complet de la fraude et de ses ramifications, soulignant la nécessité de mesures strictes pour prévenir de telles pratiques à l'avenir.