Crise humanitaire à Gaza : un bilan alarmant de la malnutrition

Le ministère palestinien de la Santé a recensé 466 décès dus à la malnutrition et à la famine dans la bande de Gaza depuis 2024. Cette situation sanitaire dégradée a conduit à une déclaration officielle de famine dans le gouvernorat de Gaza à partir d'août 2025.

Une jeunesse en péril

Cent cinquante-sept enfants sont décédés à cause de la malnutrition, ce qui représente un tiers du nombre total de décès par famine. Les équipes médicales ont enregistré 158 001 cas de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans entre 2024 et août 2026. Parmi ces patients, 28 716 cas de malnutrition sévère ont été identifiés comme mettant leur vie en danger.

Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a augmenté, passant de 13,6 à 33,4 pour 1 000 naissances vivantes entre 2022 et 2025. Douze virgule deux pour cent des enfants souffrent actuellement de retards de croissance. Les projections indiquent que 74 200 enfants auront besoin d'un traitement urgent d'ici avril 2027.

La vulnérabilité des aînés

Cent quatre-vingt-neuf personnes âgées sont décédées de famine à Gaza, ce qui représente 40,5 % du nombre total de décès recensés pour cette cause. Les conditions de vie précaires imposent des privations alimentaires sévères au sein de cette tranche de la population. Onze pour cent des personnes âgées n'ont consommé aucun repas pendant une journée entière, tandis que 48 % ont réduit leurs portions alimentaires au profit de leurs familles. La dégradation de leur état de santé est également aggravée par des difficultés d'accès aux soins. Soixante-huit pour cent des personnes âgées ont dû interrompre ou réduire leurs doses de médicaments en raison des pénuries persistantes sur le territoire.

Santé maternelle et périnatale

Le taux d'anémie parmi les femmes enceintes à Gaza a atteint 61 % en 2026, contre 41 % avant le début de la guerre. Cette hausse significative témoigne de la dégradation des conditions nutritionnelles affectant la santé maternelle sur le territoire. Parallèlement, les services de santé ont enregistré environ 4 000 cas de perte de grossesse durant le premier semestre de 2026. Ces données illustrent l'impact direct de la crise humanitaire sur la santé périnatale, marquée par des difficultés d'accès aux soins essentiels et une carence alimentaire généralisée pour les femmes enceintes dans l'ensemble de la bande de Gaza.

Perspectives de la crise alimentaire

Plus de 1,4 million de citoyens, soit 67 % de la population totale, pourraient être confrontés à des niveaux de crise alimentaire aiguë ou pire d'ici la fin de l'année 2026. Cette estimation note l'ampleur croissante de l'insécurité nutritionnelle sur l'ensemble du territoire de Gaza. La détérioration des conditions d'accès aux ressources de base expose une majorité croissante d'habitants à des risques sanitaires majeurs liés au manque de denrées. Ces projections mettent en évidence une aggravation significative de la situation alimentaire pour les mois à venir. Le maintien de ce seuil de vulnérabilité alimentaire concerne désormais les deux tiers de la population gazaouie, témoignant de l'impact durable de la crise actuelle sur la sécurité alimentaire des résidents.