Le système mondial du football traverse une crise politique et administrative, déclenchée par la fuite d'un plan secret visant à privatiser une partie des droits commerciaux de la Coupe du Monde. La proposition de vente, estimée à 4,1 milliards de dollars, a mis en lumière des tensions au sein des instances dirigeantes du football. Cette crise intervient alors que le président de la FIFA, Gianni Infantino, fait face à une contestation grandissante concernant la gestion des affaires de l'organisation. L'affaire a soulevé des questions sur la transparence et l'avenir financier des compétitions majeures.
Détails du plan secret
Le plan, baptisé « FIFA Forward Enterprise », prévoyait la vente de 20% des droits commerciaux de la FIFA par Gianni Infantino. Cette initiative avait été conçue sans que le Conseil de la FIFA n'en soit préalablement informé. Pour mener à bien ce projet, la banque d'investissement J.P. Morgan a été mandatée afin de rechercher des investisseurs. La part la plus importante de ces droits devait être cédée à un fonds dont une partie est gérée par Joshua Kushner. Joshua Kushner est le frère de Jared Kushner, gendre de l'ancien président américain Donald Trump.
Réactions et opposition
Les grandes puissances du football mènent des efforts pour destituer le président de la FIFA, Gianni Infantino. L'UEFA, la Confédération Asiatique de Football et la CONCACAF ont adressé une lettre ouverte conjointe exigeant sa démission et réclamant une enquête indépendante. Le journal The Telegraph a révélé des contacts intensifs entre l'UEFA, l'Association des Clubs Européens, et les confédérations asiatique et CONCACAF, visant à élaborer une nouvelle vision organisationnelle en cas de départ d'Infantino. Ces propositions incluent la réduction des pouvoirs du futur président de la FIFA et la soumission du poste à une stricte politique de rotation. Il est également question d'établir un organisme administratif central fort, fonctionnant sur un système de fonction publique.
Les opposants estiment que M. Infantino ne restera pas en fonction jusqu'aux élections prévues en mars, ni même avant la date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre. Une réunion surprise a eu lieu à Salzbourg entre le président de la CAF et vice-président de la FIFA, Patrice Motsepe, et le président de l'UEFA, Aleksander Čeferin. M. Motsepe a souligné la «ضرورة التغيير عبر صندوق الاقتراع» (nécessité du changement par les urnes).
Soutiens et divisions
Malgré les contestations, M. Infantino a reçu le soutien de plusieurs pays arabes, dont le Qatar, le Maroc, l'Égypte, la Mauritanie, le Liban et le Soudan. La Fédération qatarie de football a par ailleurs vivement protesté contre la signature de la lettre d'opposition par la Confédération asiatique de football. La Fédération saoudienne de football, quant à elle, n'a pas encore communiqué sa position officielle concernant la crise actuelle.
Enjeux et menaces
L'Association des Clubs Européens (ECA), dirigée par Nasser Al-Khelaifi, exploite cette crise pour renforcer l'influence des grands clubs. Les clubs ont déjà perçu environ 263 millions de livres sterling lors de la dernière Coupe du Monde. L'ECA cherche à augmenter ces revenus et à devenir une entité mondiale. Le nom de M. Al-Khelaifi est d'ailleurs évoqué comme un candidat potentiel à la présidence. Face à cette situation, l'UEFA et les fédérations nationales pourraient boycotter des tournois de la FIFA, en commençant par la Coupe du Monde féminine U-20 en Pologne. La France et la Pologne ont confirmé que les préparatifs se poursuivent pour cet événement, tandis que d'autres équipes, comme l'Angleterre, envisagent leurs options.