Un créateur de contenu marocain, connu sous le nom de "Ben Nsnas", a été condamné à huit mois de prison et à une amende de 20 000 dirhams marocains, soit environ deux mille dollars américains, après avoir suscité une large controverse. L'incident s'est produit en même temps que l'Aïd al-Adha, période durant laquelle Ayyoub, son vrai nom, a affirmé manger un mouton comme sacrifice de l'Aïd dans une vidéo. La polémique a éclaté en raison de cette affirmation. Ayyoub, qui est suivi par plus de 2,2 millions d'abonnés sur YouTube, a été jugé pour ces faits.
Contenu choquant et indignation publique
Le créateur de contenu a publié une vidéo choquante le montrant en train de dépecer et de cuisiner un chien mort. Le clip, d'une durée de plus de 40 minutes, a été mis en ligne après qu'il a trouvé l'animal décédé des suites d'un accident de la circulation. La vidéo s'est rapidement propagée en ligne, suscitant de vives réactions. Des utilisateurs des réseaux sociaux l'ont qualifiée de « choquante » et beaucoup ont estimé que l'acte était contraire aux valeurs morales et se moquait des rituels religieux. Cette affaire est devenue l'une des plus discutées au Maroc et dans le monde arabe. Des critiques ont émergé, affirmant qu'il utilise des tactiques de choc pour attirer les vues.
Procédure judiciaire et accusations
Le lundi 6 juillet, le tribunal de première instance de Temara a reconnu « Ben Nsnas » coupable. Des associations de défense des droits des animaux avaient déposé plainte auprès des autorités concernant l'affaire. Le parquet a ensuite ouvert une enquête sur les faits, menant à l'arrestation du créateur de contenu. Il a été placé en détention à la prison locale d'Al-Arjat 1. Ayyoub a été inculpé pour offense à l'islam, meurtre ou mutilation inutile d'animaux, publication de contenu numérique portant atteinte à l'ordre public ou aux bonnes mœurs, menace de commettre des délits ou crimes, et incitation à la violence. Le tribunal a par ailleurs rejeté les plaintes civiles et les demandes d’indemnisation émanant d'organisations de défense des droits et de l'environnement.
Contexte et implications futures
L'affaire a ouvert des débats sur les limites de la liberté de publication sur les plateformes numériques et la responsabilité des créateurs de contenu. Des interrogations ont émergé concernant l'équilibre entre l'expression individuelle et la protection des valeurs culturelles et religieuses dans l'espace numérique. La décision judiciaire pourrait potentiellement servir de précédent pour d'autres affaires similaires impliquant des créateurs de contenu au Maroc. Les observateurs estiment que cette condamnation note une volonté des autorités de réguler davantage le contenu diffusé en ligne, en particulier celui jugé offensant ou contraire à l'ordre public.
Le créateur de contenu, Ayyoub, est spécialisé dans l'exploration urbaine, les aventures en pleine nature et la recherche de lieux abandonnés et de trésors. Son contenu habituel se concentre sur ces thématiques, souvent à travers des vidéos documentant ses découvertes. Cette spécialisation le distingue de nombreux autres influenceurs dont le contenu est plus orienté vers le divertissement ou le lifestyle, plaçant l'incident dans un contexte particulier de recherche d'expériences extrêmes ou insolites pour sa chaîne.