La coopération judiciaire entre la France et l'Algérie est actuellement au point mort, une situation que les milieux médiatiques français, dont Le Monde, estiment pouvoir se résoudre une fois les questions en suspens réglées. Paris n'a pas répondu comme attendu à 61 requêtes algériennes, ce qui contribue aux tensions. La détention d'un fonctionnaire consulaire algérien est perçue comme alimentant ces relations bilatérales déjà tendues. Le Monde affirme que la coopération "restera au point mort tant que l'affaire du fonctionnaire consulaire algérien à Créteil, détenu en France depuis avril 2025, ne sera pas résolue."
Demandes judiciaires en suspens
L'Algérie a révélé que soixante et une requêtes judiciaires sont actuellement en attente auprès des autorités françaises. Ces demandes portent sur des affaires d'atteintes à l'intégrité du territoire national et de détournement de fonds publics, selon les déclarations algériennes. Le nombre précis de ces requêtes note l'ampleur des dossiers que l'Algérie souhaite voir traités par la justice française, dans un contexte où la coopération bilatérale est jugée insuffisante. Ces dossiers concernent des faits potentiellement graves, allant de la corruption à des actes considérés comme menaçant la souveraineté algérienne. L'absence de réponse ou de progression sur ces soixante et une requêtes est un point de friction majeur entre les deux nations.
L'affaire du consul algérien
La coopération judiciaire entre la France et l'Algérie restera « au point mort tant que l'affaire du fonctionnaire consulaire algérien à Créteil, détenu en France depuis avril 2025, ne sera pas résolue », selon les informations du Monde. Les médias français, qui auparavant mettaient l'accent sur des cas comme ceux de Boualem Sansal ou Christophe Gleizes, ont désormais concentré leur couverture sur l'affaire de ce fonctionnaire consulaire.
La justice française a, il y a plusieurs semaines, prolongé la détention du fonctionnaire consulaire. Cette prolongation intervient dans un contexte où Alger considère que son arrestation a été effectuée en violation des normes diplomatiques et consulaires. L'Algérie estime en particulier que la Convention de Vienne de 1961, qui régit les relations diplomatiques, n'a pas été respectée lors de cette interpellation. La persistance de cette situation est un facteur majeur des tensions bilatérales actuelles.
Visites et contacts diplomatiques
Les contacts entre les responsables ministériels chargés de la coopération judiciaire et policière n'ont pas produit de résultats tangibles depuis le début de l'année. Cette question a été abordée lors de la visite du ministre français de la Justice, Gérald Moussa Darmanin, en Algérie en avril. Malgré ces échanges de haut niveau, les points de blocage persistent. Une délégation judiciaire algérienne s'est également rendue à Paris en juin, signe de la volonté de poursuivre le dialogue. Ces rencontres successives n'ont cependant pas permis de débloquer la situation actuelle des relations judiciaires bilatérales.
Contexte et perspectives
Un ancien haut responsable du ministère algérien des Affaires étrangères a imputé l'impasse actuelle à « un manque de volonté politique côté français ». Cette situation intervient alors que le président français Emmanuel Macron a décidé il y a plus de deux ans de soutenir le plan du Maroc sur la question du Sahara occidental. Christophe Gleizes purge une peine de sept ans de prison dans une affaire de soutien et d'apologie du terrorisme.