Ambassadeur français : "Nous n'avons pas su bâtir une relation stable avec l'Algérie"

كزافيي يعترف بفشل ماكرون في إقامة علاقة مستقرة مع الجزائر
Photo via Echoroukonline

L'ancien ambassadeur de France en Algérie, كزافيي دريانكور (Xavier Driencourt), a accordé un entretien approfondi au magazine français « ليكسبريس » (L'Express), paru en ligne le dimanche 14 juin. Dans cette interview exclusive, l'ancien diplomate estime que باريس (Paris) n'a pas réussi à établir une relation stable avec الجزائر (Algeria). كزافيي دريانكور, qui a occupé le poste d'ambassadeur de فرنسا (France) en الجزائر (Algeria) de 2008 à 2012, puis de 2017 à 2020, a déclaré que « فشل باريس في بناء علاقة مستقرة مع الجزائر، بينما تستمر الملفات التاريخية والسياسية والهجرة والأمن في إعادة إنتاج التوتر ». Il a également appelé à une « علاقة أكثر واقعية وأقل أوهاما » entre les deux pays, soulignant la nécessité d'une approche renouvelée face aux défis persistants.

Les raisons de l'impasse

Selon Xavier Driencourt, les décideurs à Paris, tant au niveau politique qu'administratif, méconnaissent fréquemment les méthodes et les processus de décision des autorités algériennes. Cette lacune dans la compréhension mutuelle, a-t-il expliqué, est un facteur clé des difficultés rencontrées dans les relations bilatérales. L'ancien ambassadeur a observé une incompréhension persistante des dynamiques internes algériennes, contribuant ainsi aux difficultés relationnelles et à l'incapacité de bâtir une confiance durable.

Driencourt a par ailleurs affirmé que les autorités algériennes manifestent une « très grande sensibilité vis-à-vis de la France ». Cette sensibilité particulière, selon lui, influence de manière significative la nature des échanges diplomatiques et la perception des actions françaises, rendant les interactions souvent complexes et délicates. Il a souligné que cette hypersensibilité algérienne est un élément constant avec lequel Paris doit composer, et qu'elle pèse lourdement sur la possibilité d'une relation apaisée.

L'ancien diplomate a également exposé sa conviction que Paris tend à considérer les relations avec l'Algérie comme une affaire intérieure française. Cette approche, perçue comme un facteur d'impasse majeur, reflète une perspective unilatérale qui, d'après Driencourt, ne favorise pas l'établissement d'une relation bilatérale équilibrée et stable. Il a insisté sur le fait que cette vision entrave la reconnaissance de l'Algérie comme un partenaire souverain à part entière, avec ses propres intérêts et perspectives. Xavier Driencourt a ainsi pointé du doigt un manque de pragmatisme et une tendance à l'auto-centrisme dans la manière dont la France aborde son voisin méditerranéen.

Une relation sous tension

L'ancien ambassadeur كزافيي دريانكور a déclaré que les relations entre l'Algérie et la France sont entrées dans un cycle récurrent de crises diplomatiques. Ce constat, qu'il a formulé avec une certaine gravité, met en lumière la fragilité structurelle des liens entre les deux nations. Selon lui, la partie algérienne utilise la question mémorielle comme un lourd fardeau dans le conflit avec Paris, un levier qui est régulièrement activé et qui empêche toute avancée significative vers une réconciliation ou une normalisation durable. Cette instrumentalisation de l'histoire, selon Driencourt, maintient les relations dans un état de tension constante.

Kزافيي دريانكور a également critiqué les gouvernements français successifs pour avoir fait « trop de concessions » à l'Algérie, estimant que cette approche n'a pas permis d'établir une relation équilibrée et durable. Au contraire, il suggère que ces concessions, loin de pacifier les relations, ont pu renforcer certaines attentes ou positions algériennes, sans pour autant résoudre les problèmes de fond. Il a souligné que cette dynamique a contribué à un déséquilibre dans les négociations et les échanges, où la France se retrouverait souvent en position de devoir céder.

Le président français إيمانويل ماكرون a modifié la position de la France sur la question du Sahara occidental le 30 juillet 2024. Cette décision intervient dans un contexte de relations bilatérales complexes, souvent marquées par des tensions et des incompréhensions mutuelles, comme l'a souligné kزافيي دريانكور tout au long de son analyse. Ce changement de position, un événement diplomatique notable, s'inscrit dans une série d'ajustements et de réévaluations de la politique étrangère française, mais il est perçu comme un nouvel élément dans le tableau déjà chargé des relations franco-algériennes.

Vers un réalisme diplomatique

كزافيي دريانكور a constaté l'échec patent de Paris à construire une relation stable avec l'Algérie, un échec qu'il attribue à une série de facteurs structurels et comportementaux. Pour sortir de cette impasse, il a appelé de ses vœux une « relation plus réaliste et moins d'illusions » entre les deux nations. Il a plaidé pour une approche qui prendrait en compte les réalités politiques et les intérêts de chaque partie, sans se laisser aveugler par des attentes irréalistes ou des préjugés historiques.

L'ancien ambassadeur a également reconnu l'inefficacité de toutes les pressions exercées par Paris sur l'Algérie pour la dissuader de ses positions fermes. Selon lui, ces tentatives n'ont pas abouti aux résultats escomptés, démontrant que la stratégie de la pression n'est pas la plus appropriée pour traiter avec Alger. Il a insisté sur le fait que l'Algérie, forte de sa souveraineté, ne cède que rarement aux injonctions extérieures, ce qui rend vaine toute tentative de contrainte unilatérale.

كزافيي دريانكور privilégie une approche des relations avec l'Algérie basée sur un équilibre d'intérêts mutuels, plutôt que de se fonder uniquement sur des considérations historiques ou émotionnelles. Cette orientation vise à établir un cadre de dialogue plus pragmatique et durable, éloigné des tensions passées et des revendications mémorielles qui parasitent régulièrement les échanges. Il propose de se concentrer sur des domaines de coopération concrets et des avantages réciproques, afin de construire une relation plus solide et moins sujette aux aléas. L'ancien diplomate prône une diplomatie qui reconnaît la complexité de l'Algérie et qui s'adapte à ses spécificités, plutôt que d'essayer de lui imposer une vision française.