La région de l'Afrique du Nord est confrontée à un déclin démographique marqué, menaçant l'équilibre de son tissu social, selon de récentes observations. Ce phénomène, qui touche l'ensemble de la région, présente des nuances significatives entre les pays. L'Algérie est cependant moins touchée par ce déclin par rapport à ses voisins, la Tunisie et le Maroc, ce qui accentue les disparités régionales. Une étude projette en effet une augmentation de l'écart démographique entre l'Algérie et le Maroc, soulignant des trajectoires distinctes en matière de croissance de population.
Les trois pays du Maghreb se dirigent vers des taux de fécondité qualifiés de "bas" en Algérie et de "très bas" au Maroc et en Tunisie, indiquant une tendance générale à la diminution des naissances. Selon l'étude, « le différentiel de dix millions d'habitants entre les deux pays augmentera à l'avenir », ce qui aura des implications profondes pour la dynamique régionale. Cette tendance est particulièrement notable au Maroc où, d'après la même étude, « le rythme de vieillissement s'accélérera dans les années à venir avec la poursuite de la baisse du taux de fécondité ». Cette projection met en lumière les défis structurels auxquels le royaume est confronté.
Situation démographique contrastée
L'Algérie affiche la meilleure situation démographique parmi ses voisins du Maghreb et même en Europe, avec une moyenne de 2,4 enfants par femme. Ce chiffre la place en tête en termes de natalité dans la région et par rapport à de nombreux pays européens. Le taux de fécondité algérien connaît cependant un déclin depuis 2017, marquant une inversion de tendance après une période de relative stabilité. Au Maroc, le taux de natalité est tombé à moins de 1,97 enfant par femme en 2026, marquant une baisse significative par rapport aux sept à huit enfants par femme enregistrés dans les années 1970. Cette évolution représente un changement démographique majeur en l'espace de quelques décennies. Malgré ces baisses, les trois pays du Maghreb dépassent encore la moyenne de l'Union européenne, qui s'établit à 1,34 enfant par femme, ce qui signifie que leur dynamique démographique reste plus élevée que celle de nombreux pays du continent européen.
En Europe, les chiffres de fécondité sont souvent bien inférieurs. Malte présente le taux de fécondité le plus bas de l'étude, avec 1,01 enfant par femme, illustrant des défis démographiques extrêmes. L'Espagne affiche un taux de 1,1 enfant par femme, ce qui est également très bas et pose des questions sur le renouvellement des générations. La France se distingue en Europe avec le taux de natalité le plus élevé, atteignant 1,62 enfant par femme, un chiffre qui reste néanmoins en deçà du seuil de remplacement des générations. La Bulgarie enregistre quant à elle un taux de natalité de 1,72 enfant par femme, se situant parmi les pays européens avec des taux plus élevés. Le déclin marocain est particulièrement prononcé, et selon l'étude, « le différentiel de dix millions d'habitants entre les deux pays [le Maroc et l'Algérie] augmentera à l'avenir ». L'étude précise que « le rythme de vieillissement s'accélérera au Maroc dans les années à venir avec la poursuite de la baisse du taux de fécondité », ce qui anticipe des transformations profondes de la pyramide des âges.
Causes du déclin au Maroc
L'étude attribue la baisse de la fécondité à la réticence des jeunes à se marier avant un âge avancé, en raison des conditions sociales actuelles. Cette tendance est exacerbée par une combinaison de facteurs socio-économiques. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin démographique au Maroc, parmi lesquels des périodes d'études prolongées qui retardent l'entrée dans la vie active et une entrée tardive des femmes sur le marché du travail, ce qui repousse l'âge de la première maternité. L'usage généralisé de la contraception, la pauvreté et le chômage sont également cités comme des causes déterminantes, influençant directement les choix de vie des couples et des individus.
En 2018, 71% des femmes marocaines utilisaient une méthode de contraception, un chiffre qui témoigne de l'ampleur de cette pratique dans le pays et de son impact sur la natalité. Le taux de chômage national s'élève à 13%, ce qui représente un défi économique majeur pour la population active. Pour les jeunes, ce taux atteint 37,2%, soulignant ainsi les défis économiques spécifiques auxquels la jeunesse marocaine est confrontée. Cette situation est perçue comme un frein à la fondation de familles jeunes, car l'incertitude économique et le manque de perspectives d'emploi dissuadent les jeunes de s'engager dans la parentalité.
L'étude anticipe que « le différentiel de dix millions d'habitants entre les deux pays [le Maroc et l'Algérie] augmentera à l'avenir », ce qui aura des conséquences géopolitiques et économiques à long terme. Elle avertit également que « le rythme de vieillissement s'accélérera au Maroc dans les années à venir avec la poursuite de la baisse du taux de fécondité », ce qui pourrait avoir des répercussions significatives sur la structure démographique du royaume et sur la capacité du pays à soutenir sa population âgée.
Conséquences et projections futures
Un écart démographique de dix millions d'habitants sépare actuellement le Maroc (38,7 millions en 2026) et l'Algérie (48,03 millions en 2026), une différence qui est appelée à s'accroître, selon l'étude. Cette projection met en évidence une divergence croissante entre les deux nations voisines. « فارق العشرة ملايين نسمة بين البلدين سيزداد مستقبلا » (La différence de dix millions d'habitants entre les deux pays augmentera à l'avenir), indique l'étude, renforçant l'idée d'une évolution démographique asymétrique. Le taux d'utilisation de la contraception chez les femmes algériennes se situe à un niveau nettement inférieur, atteignant environ 53,6%, contrastant avec des chiffres plus élevés observés dans d'autres pays de la région et contribuant à maintenir un taux de fécondité plus élevé. La société marocaine connaît un vieillissement croissant, avec 13,8% de sa population âgée de plus de soixante ans. Cette tendance pourrait exercer une pression considérable sur les systèmes de protection sociale et de santé du royaume, nécessitant des ajustements politiques et économiques importants. L'étude prévient également que « ترتفع وتيرة الشيخوخة في المغرب خلال السنوات القادمة مع استمرار انخفاض معدل الخصوبة » (Le rythme de vieillissement au Maroc s'accélérera dans les années à venir avec la poursuite de la baisse du taux de fécondité), soulignant l'urgence de cette situation. Les pays du Maghreb vieilliront sans pour autant atteindre les niveaux de développement qui les rendraient attractifs pour les immigrants, alerte l'étude, ce qui pourrait limiter les possibilités de compenser le déclin démographique par l'immigration et créer des défis socio-économiques supplémentaires.