Algérie : Nouvelles directives pour l'octroi de devises aux voyageurs via cartes bancaires

جانب من الاجتماع
Photo via Echoroukonline

Le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Lamine Lebou, a tenu une réunion avec les banques agréées du pays lundi, marquant une étape significative dans l'application de nouvelles mesures. Au cours de cette rencontre, des instructions claires ont été données pour faciliter l'émission de cartes de paiement internationales destinées aux citoyens algériens souhaitant obtenir des devises pour leurs voyages à l'étranger. Ces développements font suite à une directive de la Banque d'Algérie publiée lundi soir, le 13 juillet, qui accorde désormais officiellement le droit aux devises pour les voyages à l'étranger, exclusivement via des cartes de paiement internationales ou des cartes dédiées. Auparavant, le président Abdelmadjid Tebboune avait instruit, lors d'une réunion du Conseil des ministres tenue dimanche, que l'allocation de devises pour le voyage, estimée à 750 euros, soit versée et gérée exclusivement par carte bancaire, soulignant la volonté des autorités de moderniser et de sécuriser ce processus.

Modalités d'obtention et d'utilisation

L'allocation de devises pour le voyage pourra être versée sur des cartes Visa ou Mastercard, offrant ainsi une flexibilité accrue aux usagers et s'alignant sur les standards internationaux de paiement. Il n'est pas impératif de se procurer une nouvelle carte de paiement internationale pour bénéficier de ce dispositif ; les cartes existantes et déjà en possession des voyageurs peuvent être utilisées pour recevoir cette allocation, simplifiant ainsi les démarches pour de nombreux citoyens. Pour les familles, une disposition spécifique permet aux tuteurs légaux de mineurs de recevoir l'allocation de leurs enfants sur leurs propres cartes, dans la limite de deux enfants par famille, facilitant la gestion des dépenses de voyage pour les familles. L'utilisation de cette allocation est encadrée de manière stricte pour les dépenses à l'étranger et les achats en ligne directement liés à l'objet du voyage, garantissant que les fonds sont utilisés conformément à leur destination. Un avantage notable pour les voyageurs est que les soldes non utilisés sur ces cartes restent disponibles sur le compte du bénéficiaire pour de futurs déplacements, évitant ainsi la perte de fonds non dépensés lors d'un voyage.

Les banques agréées sont chargées d'émettre des cartes de paiement internationales ou des cartes dédiées spécifiquement à l'allocation de devises. Ces cartes auront une validité minimale de trois ans, assurant une certaine pérennité pour les utilisateurs. Pour obtenir l'allocation de devises, les voyageurs doivent disposer d'un compte bancaire en monnaie nationale et s'acquitter du montant équivalent en dinars algériens via un ordre de paiement écrit, et ce, dans les sept jours ouvrables précédant le départ. Cette procédure vise à assurer une planification adéquate et une gestion transparente des fonds. Les documents requis pour bénéficier de cette allocation incluent un titre de transport aller-retour, un passeport valide, un visa si nécessaire, ainsi qu'une preuve de revenu, permettant aux banques de vérifier l'éligibilité des demandeurs.

L'allocation annuelle maximale de devises étrangères est fixée à l'équivalent de 750 euros pour les adultes âgés de 19 ans et plus, offrant un soutien financier pour leurs voyages. Pour les mineurs de 12 à moins de 19 ans, elle s'élève à 300 euros, reconnaissant leurs besoins spécifiques en matière de dépenses à l'étranger. Au total, 12 banques, incluant des établissements publics et privés, participent activement à l'octroi de cette allocation de devises, assurant une large couverture et accessibilité pour les citoyens.

Contexte et justifications de la mesure

La décision de ne distribuer l'allocation de devises que par le biais de cartes bancaires a été prise à la suite de l'enregistrement de « graves dépassements » ayant entraîné un épuisement des réserves de devises fortes du pays, selon des sources officielles. Ces abus ont mis en évidence la nécessité impérieuse de moderniser et de sécuriser le processus d'octroi des allocations de voyage. En s'appuyant sur des instruments bancaires traçables et moins susceptibles de contournements, cette mesure vise à garantir une utilisation plus transparente et contrôlée des fonds alloués aux voyageurs, tout en luttant efficacement contre la fuite illégale de capitaux et la spéculation sur le marché des devises.

Le président Abdelmadjid Tebboune avait donné des instructions au début du mois de décembre de l'année précédente pour augmenter l'allocation touristique annuelle, marquant une volonté politique forte de soutenir les citoyens algériens. Pour les adultes, celle-ci a été portée à 750 euros, tandis que pour les mineurs, elle est désormais de 300 euros. Une augmentation similaire a été appliquée à l'allocation pour le pèlerinage du Hajj, qui a été fixée à 1000 dollars, reconnaissant l'importance de ce voyage religieux pour de nombreux Algériens. Ces ajustements visaient à répondre aux besoins croissants des citoyens algériens voyageant à l'étranger, tout en s'alignant sur les pratiques internationales en matière de facilitation des déplacements et en améliorant le pouvoir d'achat des voyageurs.

Le 10 février 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a présidé une réunion spécifiquement consacrée à l'application de cette nouvelle augmentation de l'allocation de voyage. Cette rencontre a permis de discuter en profondeur des modalités pratiques de mise en œuvre et de s'assurer que les banques et les institutions financières étaient pleinement prêtes à déployer les mécanismes nécessaires pour garantir le bon fonctionnement de ce nouveau dispositif. L'accent a été mis sur l'émission et la gestion efficaces des cartes bancaires internationales dédiées à cet usage, soulignant l'engagement des autorités à une transition fluide et réussie.

Sanctions et rappels à l'ordre

Les voyageurs sont tenus de restituer l'intégralité du montant de l'allocation de devises s'ils rentrent sur le territoire national avant un séjour de sept jours à l'étranger ou en cas d'annulation de leur déplacement. Cette mesure vise à garantir une utilisation conforme des fonds alloués et à prévenir tout abus ou détournement.

Le 8 août 2025, la Banque d'Algérie a rappelé de manière ferme et explicite l'interdiction de toute action visant à détourner l'utilisation de l'allocation de devises étrangères. Cette réitération note la volonté inébranlable des autorités de prévenir les abus et de s'assurer que les fonds sont employés aux fins prévues, renforçant ainsi la confiance dans le système.

Le 19 juillet 2025, la Banque d'Algérie avait déjà précisé les modalités de réservation des fonds. Les bénéficiaires de l'allocation de devises pour des voyages dépassant sept jours doivent désormais réserver ces fonds au moins trois jours ouvrables avant la date de leur départ. Cette exigence vise à assurer une gestion fluide et contrôlée des opérations, permettant aux banques de traiter les demandes en temps voulu et d'éviter les embouteillages de dernière minute.

Tout manquement à ces directives peut entraîner des sanctions sévères et des conséquences importantes pour les contrevenants. La non-conformité est passible d'une perte du droit aux devises étrangères pour une période de cinq ans, ce qui représente une mesure dissuasive majeure. En plus de cette suspension, les individus peuvent faire l'objet d'éventuelles poursuites judiciaires, soulignant la gravité des infractions et la détermination des autorités à faire respecter la loi. Cette disposition vise à dissuader les tentatives de fraude et à renforcer la discipline dans l'utilisation des allocations, protégeant ainsi les réserves de devises du pays.

Portée et implications futures

Les nouvelles directives concernant l'octroi de devises aux voyageurs par cartes bancaires en Algérie pourraient avoir des répercussions significatives et durables sur l'économie et les pratiques de voyage du pays. La généralisation de l'utilisation de cartes internationales pour les allocations de devises, sous l'égide de la Banque d'Algérie et des banques agréées, marque une transition fondamentale vers des méthodes de paiement plus modernes, sécurisées et traçables. Cette réforme vise à renforcer considérablement la transparence des transactions, à limiter drastiquement les transferts illégaux de capitaux et à combattre la spéculation sur le marché noir, un objectif réitéré avec force par les autorités.

La mise en œuvre de ces mesures implique une adaptation profonde des systèmes bancaires et une sensibilisation accrue des usagers aux nouvelles procédures et exigences. L'accent mis sur la traçabilité des transactions et les sanctions potentielles en cas de non-respect des règles suggère une volonté ferme et résolue des pouvoirs publics de mieux contrôler les flux de devises et de protéger les intérêts économiques nationaux. À terme, ce dispositif pourrait contribuer de manière significative à une meilleure gestion des réserves de change du pays, à une stabilité financière accrue et à une modernisation progressive du secteur bancaire, offrant ainsi des avantages à long terme pour l'économie algérienne et ses citoyens.