Algérie : Nouvelles clarifications fiscales pour les entreprises étrangères non résidentes

La Direction Générale des Impôts a publié de nouvelles précisions concernant le cadre fiscal applicable aux entreprises étrangères non résidentes opérant en Algérie. Ces clarifications visent à unifier l'application des dispositions de la Loi de finances pour 2026. Elles ont été diffusées au mois de juin par le biais de deux circulaires réglementaires, la numéro 43 et la numéro 45. La circulaire 45 détaille spécifiquement les obligations fiscales incombant aux sociétés non résidentes étrangères intervenant en Algérie, fournissant des directives essentielles pour les المؤسسات الأجنبية غير المقيمة.

Impôt sur les bénéfices réputés distribués

La circulaire numéro 43 détaille l'impôt sur les bénéfices réputés distribués pour les sociétés non résidentes. L'article 6 de la Loi de finances pour 2026 a modifié l'article 46 du Code des impôts directs et taxes assimilées. Cette modification a supprimé la condition de transfert des bénéfices à l'étranger, qui était en vigueur jusqu'au 31 décembre 2025. L'événement générateur de l'impôt est désormais considéré comme le bénéfice net après impôt réalisé à la clôture de l'exercice fiscal.

Les bénéfices nets après impôt réalisés par les succursales ou les établissements permanents des sociétés étrangères en Algérie sont considérés comme des bénéfices réputés distribués. Le paiement de cet impôt est dû lors de la liquidation du solde final de l'impôt sur les bénéfices des sociétés. L'assiette de l'impôt est constituée des bénéfices nets réalisés après le paiement de l'impôt sur les bénéfices des sociétés, en appliquant le taux prévu pour les distributions aux non-résidents. Le règlement de cet impôt doit s'effectuer via le bordereau de versement « série G numéro 50 ». La date limite de paiement est fixée au vingtième jour du mois suivant la date d'échéance de la déclaration annuelle des résultats.

Obligations fiscales des établissements permanents

L’article 13 de la Loi de finances pour 2026 a introduit l’article 153 bis dans le Code des impôts directs et taxes assimilées. Cette disposition stipule que les sociétés étrangères opérant en Algérie par l’intermédiaire d’un établissement permanent ou de tout autre établissement professionnel sont soumises aux mêmes obligations fiscales que les personnes morales relevant du régime du bénéfice réel. Cette mesure vise à harmoniser le traitement fiscal des entités étrangères avec celui des entreprises nationales. Cela implique que ces établissements doivent se conformer à l'ensemble des déclarations et paiements d'impôts applicables aux sociétés résidentes, incluant l'impôt sur les bénéfices des sociétés, la TVA, et les autres taxes spécifiques. La Direction Générale des Impôts cherche ainsi à assurer une équité fiscale et à prévenir les éventuels déséquilibres entre les acteurs économiques.

Clarification des obligations contractuelles

L'article 161 du Code des impôts directs et taxes assimilées a été modifié pour préciser les obligations relatives aux contrats. Les entreprises étrangères sont désormais tenues d'envoyer une copie du contrat original à l'administration fiscale compétente. Cette exigence inclut également tout nouveau contrat ultérieur, l'ensemble des appendices et des avenants, ainsi que les décisions de résiliation de contrat. Ces documents doivent être transmis dans les délais légaux établis par la réglementation. Cette mesure vise à renforcer la transparence et la conformité des opérations contractuelles des entreprises étrangères en Algérie.

Élargissement des sanctions fiscales

Le champ d'application de la sanction fiscale prévue par l'article 194-5 a été étendu. Cette expansion inclut désormais la conformité aux obligations comptables des entreprises. En conséquence, le non-respect de ces obligations entraîne désormais l'application de la pénalité. Les entreprises doivent notamment tenir un registre numéroté et indexé pour leurs achats, acquisitions, revenus, salaires, primes, commissions, frais de service et loyers. Cette mesure renforce les exigences de transparence et de documentation que les entités étrangères doivent respecter en Algérie.