Algérie : Les exportations hors hydrocarbures en plein essor vers l'Afrique

رقم قياسي للصادرات يفوق 7 ملايير دولار وهذه المؤشرات الأولية
Photo: ح.م via Echoroukonline

Les exportations algériennes hors hydrocarbures vers le continent africain ont doublé en un an, passant d'environ 1,5 milliard de dollars au premier semestre 2025 à près de 3 milliards de dollars au premier semestre 2026. Cette croissance significative intervient alors que l'Algérie vise un nouveau record, avec des exportations projetées à environ 7 milliards de dollars d'ici la fin de l'année 2026. Ces chiffres dépasseraient le précédent record de 6,6 milliards de dollars atteint en 2022, marquant une progression notable dans la stratégie de diversification économique du pays.

Croissance spectaculaire vers l'Afrique

Cette dynamique de croissance s'appuie sur une série d'initiatives et d'événements visant à renforcer la présence des produits algériens sur les marchés africains. La Foire Commerciale Intra-Africaine, organisée par l'Algérie un an plus tôt, a offert une plateforme stratégique aux produits industriels algériens. Cet événement majeur a notamment généré des contrats d'une valeur substantielle de 11,4 milliards de dollars, selon les organisateurs, témoignant de l'intérêt croissant pour l'offre algérienne.

Les matériaux de construction, notamment le ciment et le fer, constituent les principales exportations algériennes vers le continent africain, soulignant le rôle de l'Algérie en tant que fournisseur clé dans ce secteur essentiel au développement infrastructurel. Les engrais suivent également en volume d'exportations, répondant à une demande agricole croissante sur le continent. Au-delà de ces produits traditionnels, de nouveaux secteurs commencent à émerger avec succès. Les appareils électroménagers et les produits pharmaceutiques, par exemple, commencent également à se faire une place sur les marchés africains. Ces secteurs montrent un potentiel de diversification des exportations algériennes, signalant une évolution de la structure des produits exportés. En comparaison, les exportations algériennes vers l'Afrique se chiffraient à environ 400 millions de dollars il y a quelques années seulement, illustrant l'ampleur de la progression actuelle et la transformation rapide du paysage commercial algérien.

Au-delà des produits industriels, le secteur agricole contribue également à cette croissance. Les exportations de dattes ont connu une croissance notable, passant d'environ 120 millions de dollars à environ 250 millions de dollars actuellement. Une projection estime que ce chiffre pourrait atteindre 300 millions de dollars d'ici la fin de l'année en cours, consolidant la position de l'Algérie comme acteur important sur le marché des produits agricoles à haute valeur ajoutée. Cette performance note l'importance des produits du terroir algérien dans la stratégie d'exportation.

Facteurs et leviers de l'expansion

L'augmentation des exportations s'explique par une combinaison de facteurs favorables. Elle est principalement due à une demande extérieure accrue pour les produits algériens, signe de leur compétitivité et de leur qualité sur les marchés internationaux. Cette demande est associée à un surplus croissant de la production nationale disponible pour l'exportation, résultant des efforts d'industrialisation et de modernisation de l'économie algérienne. Cette dynamique est soutenue par diverses initiatives logistiques et réglementaires mises en place pour faciliter le commerce.

La logistique joue un rôle clé dans cette expansion. La ligne maritime reliant l'Algérie à Nouakchott et Dakar est saluée comme un succès majeur, ayant considérablement amélioré les capacités de transport et réduit les délais de livraison vers l'Afrique de l'Ouest. Face à ce succès, des voix s'élèvent pour suggérer son extension vers la région du Sahel afin de renforcer davantage les échanges commerciaux et d'ouvrir de nouvelles opportunités pour les exportateurs algériens. Cette extension permettrait d'atteindre des marchés intérieurs et d'exploiter pleinement le potentiel économique de la région.

Concernant la logistique terrestre, des avancées significatives sont également en cours. La route reliant Annaba, en passant par Ain Guezzam jusqu'à Niamey, est identifiée comme un axe stratégique d'une importance capitale pour le commerce transsaharien. Cette voie pourrait potentiellement réduire les coûts de transport des produits d'environ 50%, offrant un avantage compétitif significatif aux exportateurs algériens en rendant leurs produits plus accessibles et plus abordables sur ces marchés clés. L'optimisation des infrastructures de transport est ainsi perçue comme un levier essentiel pour maintenir la dynamique de croissance.

Pour faciliter cette expansion et lever les obstacles au commerce, une série de mesures et de propositions ont été formulées. Environ 30 propositions avaient été soumises auparavant à l'attention des exportateurs, visant à optimiser leurs opérations, à simplifier les procédures administratives et à améliorer l'environnement des affaires. Ces propositions couvrent un large éventail de domaines, de la facilitation douanière au financement des exportations, en passant par le renforcement des capacités des entreprises exportatrices.

Ambitions et perspectives futures

L'objectif fixé par les autorités est de multiplier le volume actuel des exportations de manière significative en augmentant les quantités de produits disponibles à l'exportation et en développant les investissements algériens sur le continent africain. Cette stratégie s'inscrit dans une dynamique plus large visant à consolider la présence économique de l'Algérie au-delà de ses frontières traditionnelles et à diversifier ses sources de revenus. La diversification des marchés et des produits constitue un axe majeur de cette ambition, réduisant la dépendance du pays aux hydrocarbures.

Le Président de la République a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d'accroître les exportations pour atteindre un objectif de 29 milliards de dollars. Ce chiffre représente une hausse considérable par rapport aux niveaux actuels, soulignant l'ampleur de l'effort attendu des secteurs productifs algériens. Une telle augmentation requerrait une mobilisation sans précédent des capacités industrielles et agricoles du pays, ainsi qu'une amélioration continue de la compétitivité des produits nationaux sur les marchés internationaux. Cet objectif ambitieux témoigne de la volonté politique de transformer structurellement l'économie algérienne.

Pour encadrer et soutenir cette politique d'expansion, le Conseil supérieur des exportations a été créé il y a environ trois ans. Cette instance stratégique, dirigée par le Premier ministre, a pour mission de définir les stratégies nationales en matière d'exportation et de coordonner les actions des différents acteurs impliqués dans la promotion des exportations, qu'il s'agisse des ministères, des entreprises publiques ou du secteur privé. Son rôle est jugé central dans l'identification des opportunités de marché, la levée des obstacles réglementaires et logistiques, et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par les autorités. Le Conseil est également chargé de suivre les performances à l'exportation et d'adapter les politiques en fonction des évolutions du marché mondial.