Algérie : Le projet Baladna renforce les liens avec l'Italie, l'Allemagne et les États-Unis, écartant la France

Image 5: Algeria Deepens Ties with Italy, Germany, and the U.S. as France Misses Out
Photo via Echoroukonline

Les autorités algériennes ont sélectionné trois fournisseurs internationaux majeurs pour équiper le projet Baladna, une initiative agricole d'envergure. Cette décision a été remarquée par la presse spécialisée. Le magazine français Matériel Agricole a notamment souligné, ce jeudi 24 juin, l'absence de toute entreprise française parmi ces choix, une situation qui contraste avec les partenariats établis.

Le magazine français a rapporté que « FPT [était] chargé de fournir les équipements pour une ferme de 270 000 vaches en Algérie », sans mentionner d'autres fournisseurs. Cette observation met en lumière l'orientation des autorités algériennes. La sélection des partenaires pour le projet Baladna, destiné à renforcer la production agricole du pays, se concentre ainsi sur des acteurs internationaux non français. Cette absence complète d'entreprises françaises sur la liste des fournisseurs du projet est un point notable dans les relations économiques actuelles.

Les fournisseurs italiens et allemands choisis

FPT, filiale du groupe Fiat, est sous contrat avec le groupe Baladna, marquant une alliance stratégique. Cette entreprise italienne, spécialisée dans les moteurs et les technologies de transmission, fournira des moteurs technologiquement avancés, conçus selon de nouvelles spécifications techniques. L'engagement de l'entreprise italienne inclut la fabrication de cinquante groupes électrogènes GP 330 S/I-A de 330 kVA, équipés de moteurs diesel six cylindres, modèle 13, avec une cylindrée de 12,9 litres. Ces moteurs sont destinés à alimenter les infrastructures nécessaires au fonctionnement du projet agricole.

Parallèlement, l'entreprise allemande GEA, experte dans les technologies de transformation alimentaire, a signé des contrats avec Baladna Algérie en mars 2025. Ces partenariats soulignent un renforcement des liens économiques avec l'Italie et l'Allemagne dans le cadre de ce projet agricole ambitieux. GEA est reconnue pour son expertise dans les solutions de transformation alimentaire et devrait apporter des technologies clés pour la production de lait en poudre et de viande rouge. Cette orientation contraste avec la situation de l'usine française Renault, qui est restée inactive pendant près de six ans, marquant une absence notable d'engagement français dans le projet Baladna.

L'envergure du projet Baladna

Le projet Baladna, initiative agricole d'envergure, est dédié à la production de lait en poudre et de viande rouge dans la région d'Adrar, au sud de l'Algérie. Cet investissement conjoint algéro-qatari est estimé à environ 3,5 milliards de dollars. Le Fonds national d'investissement algérien participe également au financement de ce projet, soulignant l'importance stratégique que lui accordent les autorités algériennes pour la sécurité alimentaire du pays. Ce dernier vise à développer plus de 117 000 hectares de terres agricoles, une superficie considérable qui témoigne de l'ambition du projet.

L'ambition du projet inclut l'élevage de 270 000 vaches laitières, un cheptel de grande taille nécessitant des infrastructures spécifiques et des équipements de pointe. Les objectifs de production prévoient 100 000 tonnes de lait annuellement, ce qui représente une contribution majeure à l'autosuffisance du pays en produits laitiers. Le projet Baladna devrait générer environ 5 000 emplois pour les résidents locaux, offrant des opportunités économiques significatives dans une région qui en a besoin.

En avril, Baladna a annoncé une opération de pont aérien pour transporter 30 000 vaches Holstein depuis les États-Unis. Le transfert de ces bovins, essentiels pour la production laitière, devrait débuter en novembre prochain et s'étendre sur une période de dix mois. Cette opération de transfert de vaches impliquera 109 vols, démontrant la complexité logistique et l'ampleur de l'initiative. La valeur estimée de cette opération de transport de bétail dépasse les 635 millions de dollars, un chiffre qui note l'investissement consenti pour l'acquisition de ce cheptel de haute qualité.

Contexte des relations économiques

Les entreprises françaises sont totalement absentes de la liste des fournisseurs du projet Baladna, une situation qui interroge sur la dynamique des relations économiques entre les deux pays. En revanche, les entreprises américaines ont, pour leur part, obtenu plusieurs contrats et accords avec Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale algérienne, au cours des dernières années, diversifiant ainsi leurs partenariats avec l'Algérie au-delà du secteur agricole.

L'Italie s'est imposée comme le partenaire principal de l'Algérie ces dernières années, avec Rome comme principal importateur de gaz naturel algérien, renforçant ainsi les liens énergétiques entre les deux nations. L'Italie est en outre le seul pays européen engagé dans un partenariat actif de fabrication automobile avec l'Algérie, ce qui témoigne d'une collaboration industrielle approfondie. Le constructeur Fiat, dont FPT est une filiale, exploite déjà une usine de fabrication automobile à Oued Tlélat, près d'Oran, consolidant la présence économique italienne dans le pays.

Les relations avec l'Allemagne sont également à noter. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a répondu en novembre dernier à un appel du président allemand Frank-Walter Steinmeier concernant la libération de Boualem Sansal, un geste qui illustre l'existence de canaux de communication diplomatiques et d'échanges à haut niveau entre les deux pays. Ces interactions soulignent la complexité et la multiplicité des partenariats internationaux de l'Algérie, dans un contexte où les choix stratégiques pour des projets majeurs comme Baladna reflètent des orientations économiques et diplomatiques claires.