L'Algérie étend son programme de récifs artificiels, lancé initialement à Oran en 2015 avec le soutien du Japon, afin de revitaliser ses écosystèmes marins. Cette initiative stratégique vise à restaurer la biodiversité et à soutenir les activités de pêche côtière. Ce projet pilote, qui a servi de modèle pour l'initiative actuelle, était le fruit d'un partenariat fructueux entre les autorités algériennes et la Japan International Cooperation Agency (JICA). L'extension du programme vise à déployer ces structures sous-marines le long du littoral national, reproduisant ainsi les succès observés dans la région d'Oran. Les récifs artificiels ont pour objectif principal de reconstituer les habitats marins dégradés et de favoriser activement la biodiversité aquatique, contribuant ainsi à la santé générale des écosystèmes côtiers. Cette démarche s'inscrit dans une vision à long terme de gestion durable des ressources halieutiques du pays.
Origines et succès du projet pilote
L'initiative a débuté en 2015 avec le déploiement d'un projet pilote immergé dans la baie de Bousfer, à Oran. Ce premier module a été mis en place dans le but de régénérer des fonds marins qui avaient été dégradés par la pression humaine et les activités anthropiques. Le site de Bousfer a été choisi pour son potentiel de restauration et son importance pour les communautés de pêcheurs locales. Les experts ont souligné l'urgence d'une intervention pour inverser la tendance de dégradation des habitats marins.
Quelques mois après son immersion, la structure a été colonisée avec succès par des dizaines d'espèces animales et végétales, ce nombre dépassant aujourd'hui la centaine, attestant de l'efficacité rapide du dispositif. Cette colonisation rapide a démontré la capacité des récifs artificiels à créer de nouveaux écosystèmes complexes et à attirer une faune et une flore marines variées. Ce récif artificiel, situé au large de Bousfer, couvre une superficie impressionnante de dix hectares, témoignant de l'ampleur de l'intervention initiale et de l'engagement des partenaires. Le succès de ce projet pilote a fourni des données précieuses et une feuille de route pour l'expansion du programme à l'échelle nationale, confirmant le potentiel de ces structures pour la restauration écologique.
Expansion et objectifs stratégiques
Le programme de récifs artificiels sera étendu à trois nouvelles wilayas côtières : Skikda, Tizi Ouzou et Tipaza. Ces structures sont spécifiquement conçues pour créer de nouvelles zones de pêche en eaux peu profondes et régénérer la biomasse marine, bénéficiant ainsi directement aux pêcheurs artisanaux qui dépendent majoritairement des ressources côtières. L'objectif est de décongestionner les zones de pêche existantes et de créer des environnements propices à la reproduction et à la croissance des populations de poissons. Une nouvelle phase prévoit l'installation de 100 blocs supplémentaires, qui viendront compléter les 80 blocs immergés lors de la première phase en 2025. Ces ajouts significatifs augmenteront la capacité totale du programme et étendront son impact positif sur les écosystèmes marins.
Cette expansion s'inscrit dans le cadre du décret exécutif n° 17-363 du 25 décembre 2017, qui encadre rigoureusement l'utilisation et le déploiement de ces dispositifs marins. Ce cadre réglementaire assure que les installations sont conformes aux normes environnementales et qu'elles sont gérées de manière durable. Le décret vise également à prévenir toute utilisation abusive des récifs et à garantir leur rôle écologique. L'extension du programme est perçue comme un élément clé de la stratégie nationale de l'Algérie pour la conservation marine et le développement durable de la pêche.
Impact sur la pêche artisanale
Environ 65% de la flotte de pêche algérienne est composée de pêcheurs artisanaux, selon des sources proches du dossier. Ces embarcations ne sont pas équipées pour opérer en haute mer, ce qui concentre leurs activités près des côtes. Cette situation crée une pression intense et constante sur les zones littorales, où les ressources marines sont déjà soumises à diverses contraintes environnementales et humaines. Les récifs artificiels sont donc une solution prometteuse pour atténuer cette pression en offrant de nouvelles zones de pêche et en favorisant la régénération des écosystèmes côtiers. En créant des habitats diversifiés, ils attirent une multitude d'espèces marines, augmentant ainsi la disponibilité des ressources pour les pêcheurs locaux.
L'expansion du programme de récifs artificiels vise à atténuer cette pression en offrant de nouvelles zones de pêche et en favorisant la régénération des écosystèmes côtiers. Ces structures sous-marines agissent comme des nurseries et des refuges pour les poissons, augmentant leur nombre et leur diversité. Pour les pêcheurs artisanaux, cela signifie des prises plus abondantes et une réduction de la compétition dans les zones traditionnellement exploitées. Le succès de ces initiatives est clé pour la subsistance de nombreuses familles côtières et pour la pérennité de la pêche artisanale en Algérie.
Perspectives et autres initiatives maritimes
En 2026, le secteur de l'aquaculture a enregistré le grossissement de plus de 80 millions de juvéniles de loups de mer et de dorades royales. Cette initiative a mené à une production totale estimée à 20 000 tonnes, soit près du triple des 7 000 tonnes observées les années précédentes. Cette croissance spectaculaire de la production aquacole démontre l'engagement de l'Algérie à diversifier ses sources de protéines marines et à réduire la pression sur les stocks de poissons sauvages. L'aquaculture est désormais reconnue comme un pilier essentiel de la sécurité alimentaire et de l'économie bleue du pays.
L'Algérie a finalisé un accord de pêche avec la Mauritanie. Cet accord permet aux professionnels algériens de pêcher dans les eaux mauritaniennes, avec un quota plafonné à 30 000 tonnes. Cette collaboration transfrontalière offre de nouvelles opportunités pour la flotte de pêche algérienne, en lui permettant d'accéder à des zones de pêche plus riches et de diversifier ses activités. Cet accord illustre la volonté de l'Algérie de renforcer sa présence dans le secteur de la pêche régionale et d'assurer une approvisionnement stable en produits de la mer.