Algérie : le défi de la citoyenneté active pour les femmes

Plus de 470 participants venus de 56 pays ont pris part à un forum parlementaire mondial organisé à Mexico du 14 au 15 mars 2025. L'Algérie, qui a ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) en 1996, peine à transformer cet engagement international en une représentation politique accrue. Lors des élections législatives du 2 juillet 2026, 23 femmes ont été élues sur un total de 407 sièges, ce qui représente moins de 7 % de l'assemblée. La carte 2026 de l'Union interparlementaire confirme cette tendance, en classant l'Algérie au 169e rang sur 184 pays concernant la présence des femmes au sein de l'instance législative nationale.

Un recul politique préoccupant

La représentation des femmes au sein de l'Assemblée populaire nationale a connu une baisse constante au cours de la dernière décennie. Les données indiquent un taux de 31,6 % en 2012, suivi d'un recul à 25,8 % en 2017, puis à 8,1 % en 2021. Cette évolution suit l'adoption de la loi électorale de mars 2021. Ce texte législatif a instauré un système de liste ouverte pour les scrutins. Cette loi a permis aux partis politiques de solliciter des dérogations concernant le quota de 30 % de candidates prévu pour les listes électorales. Ces dispositions ont modifié les conditions de présence des femmes au sein de l'institution législative algérienne lors des cycles électoraux successifs.

Une présence professionnelle forte

Les femmes occupent une place prépondérante au sein de la fonction publique algérienne. Au 31 décembre 2023, elles représentent environ 62 % de l'effectif total, soit 1 273 691 employées sur un total de 2 052 792 agents. Cette présence marquée se retrouve dans des secteurs spécialisés du service de l'État. À la même date, les femmes constituent 60 % du corps des magistrats. Parallèlement, elles représentent 50 % des professeurs d'université en Algérie. Ces statistiques illustrent une insertion professionnelle forte des femmes dans les domaines académiques et judiciaires, contrastant avec leur recul observé au sein de l'Assemblée populaire nationale.

Leadership et responsabilités étatiques

L’Algérie occupait le 90e rang mondial sur 190 pays concernant la présence des femmes aux postes ministériels au 1er janvier 2026. Ce classement place le pays au cinquième rang dans le monde arabe. Sur le plan de l'administration publique, les femmes occupent 887 postes de haute direction de l’État sur un total de 5 563 fonctions répertoriées. Concernant les postes de cadres supérieurs, les femmes détiennent 15 201 responsabilités sur un ensemble de 42 536, soit un taux de 35,74 %. Ces données illustrent la répartition actuelle des responsabilités étatiques entre les genres au sein des structures décisionnelles et administratives de l'État algérien, en complément de leur présence au sein de la fonction publique et du corps judiciaire.

Vers une citoyenneté influente

Le ministère de l’Intérieur a recensé 833 associations dédiées à la protection et à la promotion des femmes en 2021. Durant la même année, les autorités ont comptabilisé un total de 3 913 associations dirigées par des femmes à travers le pays. Ces structures associatives composent une part du tissu civil algérien, illustrant l’engagement des citoyennes dans le développement de mouvements organisés. Cette présence au sein du milieu associatif marque un contraste avec les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder à des mandats électifs au sein de l'Assemblée populaire nationale. L'implication des Algériennes dans ces organisations demeure une composante de la vie publique nationale, parallèle à leur insertion constatée dans la haute administration de l’État et la fonction publique.