L'ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, a effectué une visite à Laâyoune, ce qui a suscité une réaction critique d'Alger. Le diplomate français s'est notamment rendu à l'école française « Paul Bascou » dans la ville. Cette visite, rapportée le 3 juillet 2026, est perçue par certains comme une provocation susceptible de menacer la détente diplomatique entre la France et l'Algérie. Elle intervient dans un contexte de relations sensibles concernant le statut du Sahara occidental, un territoire disputé dont le statut définitif n'est pas encore établi.
Détails de la visite diplomatique
L'ambassadeur de France, Philippe Lalliot, s'est rendu dans la ville de Laâyoune le 1er juillet 2026. Cette ville, située dans le Sahara occidental, est administrée par le Maroc. La visite du diplomate français a été annoncée par l'ambassade de France à Rabat. Un communiqué officiel sur la page Facebook de l'ambassade a précisé les détails de ce déplacement le même jour, le 1er juillet 2026, soulignant le caractère officiel de cette démarche. Au cours de son séjour, M. Lalliot a visité l'école française « Paul Bascou », une institution éducative clé pour la communauté française et locale. Ce déplacement dans une ville occupée a été interprété par l'Algérie comme un geste de soutien à la position marocaine sur le Sahara occidental, renforçant ainsi les tensions diplomatiques régionales.
Contexte des relations franco-algériennes
La position de la France sur la question du Sahara occidental est considérée comme la principale raison de la dégradation des relations avec l’Algérie. Cette situation s'est notamment accentuée suite à une décision du président français Emmanuel Macron. La France, par l'intermédiaire de son président, a exprimé un soutien clair à l'initiative marocaine d'autonomie pour le Sahara occidental, ce qui a été reçu avec une forte désapprobation par l'Algérie, qui soutient le Front Polisario et le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.
Le 30 juillet 2024, le président Macron a choisi de soutenir le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, une initiative qui a été perçue différemment par les parties prenantes. Cette décision a marqué un tournant dans les relations bilatérales entre Paris et Alger, provoquant une crise diplomatique majeure.
En réaction à cette décision, l'ambassadeur algérien Mohamed Antar Daoud a été rappelé de Paris pour des consultations et n'est pas encore rentré à son poste. Ce rappel diplomatique, intervenu après la décision du président Macron, a marqué un point de tension significatif dans les relations bilatérales entre la France et l'Algérie, symbolisant la profondeur du désaccord algérien face à la position française.
Affaires consulaires en suspens
Le quotidien français « Le Monde » a rapporté la semaine dernière la possibilité de libérer un agent consulaire algérien, détenu à Paris depuis le 12 avril 2025. La libération de cet officier, selon le journal, aurait été liée à l'octroi éventuel d'une grâce pour le journaliste sportif français Christophe Gleizes. L'agent consulaire algérien est en détention à Paris depuis cette date, le 12 avril 2025, selon les informations du « Monde ». Cette affaire, bien que distincte de la question du Sahara occidental, ajoute une couche de complexité aux relations déjà tendues entre les deux pays. Les négociations autour de ces libérations potentielles soulignent la nature délicate et interconnectée des dossiers diplomatiques entre la France et l'Algérie.
Implications et avenir des relations
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a qualifié la position française sur le Sahara occidental de « موقف غير ودي », soit « une position non amicale ». Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre les deux nations, reflétant le mécontentement profond d'Alger face à l'orientation politique de Paris sur un dossier jugé fondamental pour la sécurité et la stabilité régionales. La visite de l'ambassadeur de France à Laâyoune est susceptible d'exacerber ces frictions, qui ont déjà conduit au rappel de l'ambassadeur algérien à Paris et à une détérioration notable du dialogue.
Malgré les tensions, le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est rendu en Algérie en février, marquant une tentative de maintenir un dialogue entre les deux pays. Cette visite a eu lieu avant le nouvel épisode de crispation lié au déplacement diplomatique à Laâyoune et visait à apaiser certaines tensions et à discuter de sujets d'intérêt commun. Les relations bilatérales restent fragiles, oscillant entre des gestes d'apaisement et des points de discorde majeurs, notamment sur la question du Sahara occidental, rendant l'avenir de la coopération franco-algérienne incertain.