Les autorités françaises ont confirmé leur « manque de sérieux » dans la résolution des obstacles qui empoisonnent les relations avec l'Algérie, selon un communiqué officiel. Cette prise de position intervient alors qu'un employé consulaire algérien est maintenu en détention en France depuis le 8 avril 2025. L'Agence France-Presse (AFP) a rapporté cette nouvelle jeudi, citant une source judiciaire, soulignant la persistance des tensions diplomatiques entre les deux pays. La détention de ce diplomate algérien à Paris est au cœur des frictions actuelles, Alger ayant exprimé son mécontentement face à cette situation.
Détails du rejet de l'appel
La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a rejeté l'appel formé contre la décision de maintenir en détention l'employé consulaire algérien. Cette décision, rendue mercredi, ramène la situation au point de départ, après que l'avocat du fonctionnaire a déposé un recours le 18 juin. La Cour d'appel a ainsi suivi les recommandations du Parquet général. Pourtant, quelques jours auparavant, le Parquet général avait lui-même recommandé la libération sous contrôle judiciaire de l'employé consulaire. Le Parquet général avait néanmoins demandé la confirmation de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention refusant sa remise en liberté.
Contexte des relations bilatérales
La décision française a replongé les relations bilatérales dans une période d'escalade après une accalmie observée. Cette accalmie faisait suite à la visite en Algérie du ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en février 2026. L'ancien ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, est accusé d'avoir fabriqué les charges afin d'entraver le rapprochement entre l'Algérie et Paris. Un événement marquant dans ce contexte a été la condamnation définitive de Christophe Grelz à sept ans de prison pour « دعم الإرهاب والإشادة به » (soutien et glorification du terrorisme). Le refus de libérer l'employé consulaire en mars a provoqué la colère des autorités algériennes, se manifestant par une déclaration ferme du ministère des Affaires étrangères. La visite du ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en Algérie en février 2026, avait précédé cette nouvelle tension. Le ministre français de la Justice, Éric Dupond-Moretti, s'était également rendu en Algérie. Plus récemment, le ministre algérien de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a effectué une visite à Paris au début du mois dernier.
Enjeux et réactions potentielles
La partie algérienne rejette « totalement » les accusations formulées à l'encontre de l'employé consulaire, selon des sources proches du dossier. Le quotidien Le Monde a par ailleurs affirmé que l'affaire de l'employé consulaire algérien est liée à l'incarcération du journaliste Christophe Grelz, condamné en Algérie pour « دعم الإرهاب والإشادة به ». Les autorités algériennes sont déterminées à lier la libération d'un employé de « So Press » (So Foot Society), détenu depuis plus d'un an en Algérie, à la résolution du cas de l'employé consulaire algérien à Créteil. Ces tensions s'inscrivent dans un contexte où des parties en France œuvrent à faire obstruction à la relation avec l'Algérie. Il existerait deux factions en France en conflit sur la gestion des relations avec l'Algérie, selon des observateurs. L'Agence France-Presse (AFP) a diffusé une déclaration mettant en garde contre la libération de l'employé consulaire en échange du journaliste français emprisonné en Algérie.