Les tensions s'accentuent dans le détroit d'Ormuz alors que les États-Unis et l'Iran intensifient leurs actions militaires, ravivant les craintes d'une escalade régionale. Il y a moins de trois mois, le détroit d'Ormuz était un passage libre pour la navigation internationale, mais des sources indiquent que les États-Unis sont désormais "plus proches de la reprise d'opérations de combat majeures" contre l'Iran. Des hauts fonctionnaires affirment que la décision finale revient au président Donald Trump et aux nouveaux dirigeants de Téhéran. Lundi, l'Iran a lancé des missiles et des drones ciblant les Émirats arabes unis, provoquant un incendie dans une installation pétrolière et blessant trois ressortissants indiens, un acte que les Émirats arabes unis ont condamné comme une escalade dangereuse. Les forces américaines ont coulé six petites embarcations iraniennes près du détroit d'Ormuz le même jour, bien qu'un haut responsable militaire iranien ait contesté cette affirmation. Le président Donald Trump a déclaré que "l'Iran a tiré sur des nations sans rapport, en ce qui concerne le mouvement des navires" et a averti que l'Iran serait "rayé de la carte" s'il attaquait les navires américains menant l'opération "Project Freedom". Selon des responsables, l'opération militaire américaine contre l'Iran, qui a entraîné des résultats inattendus, notamment la hausse des prix du carburant, est considérée comme une erreur par l'ensemble du spectre politique américain. Le 23 mars, des agents de sécurité iraniens ont secrètement enterré le corps du citoyen irano-suédois exécuté Kourosh Keyvani, accusé d'espionnage pour Israël, sans informer sa famille.
Escalade des actions militaires
L'armée iranienne a averti que toute force américaine pénétrant dans le détroit d'Ormuz serait « ciblée et attaquée ». Le cessez-le-feu a été mis à l'épreuve dans le détroit d'Ormuz au début de l'opération Project Freedom, lancée lundi par le président Donald Trump pour aider à guider les navires bloqués. Un haut fonctionnaire américain de la défense a déclaré que les forces militaires américaines « se tiennent prêtes à réagir ».
Aucun ordre n'a été donné pour mettre fin au cessez-le-feu ou pour relancer la campagne de bombardements, selon des responsables, qui confirment « aucune suspension du cessez-le-feu ». L'armée américaine se concentre sur des actions défensives pour protéger les navires dans le Golfe. Les commandants sur place disposent de toutes les autorités nécessaires pour assurer leur protection et celle de la navigation commerciale, a souligné un responsable de la défense américaine. Ce dernier a précisé qu'un commandant peut frapper « si les forces américaines voient des lanceurs de missiles se déplacer ou identifient des missiles en cours d'installation, ou identifient des cibles d'opportunité qui menacent la navigation commerciale ». Le même responsable a ajouté : « Nous nous réservons le droit d'éliminer ces menaces. Nous n'avons pas à attendre. Nous pouvons anticiper et prévenir. Il y a un niveau de manœuvrabilité. » Il a conclu : « Nous pouvons frapper une menace connue. Nous n'avons pas à attendre que l'Iran tire le premier. »
Réactions et déclarations diplomatiques
Les déclarations de la Maison Blanche et des dirigeants iraniens sont devenues une véritable guerre des mots. Les États-Unis cherchent à obtenir leurs exigences avec un coût minimal, en exerçant une pression par le blocus, mais ils ne veulent pas réutiliser les menaces après les « 40 jours d'errance ». Le président iranien Masoud Pezeshkian a exprimé sa colère face aux actions du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), qualifiant les frappes de missiles et de drones sur les Émirats arabes unis de « complètement irresponsables », selon Iran International. Ce média a rapporté que les frappes avaient été menées sans la connaissance ni la coordination du gouvernement. Pezeshkian aurait qualifié de « folie » l'approche d'escalade des tensions avec les pays voisins de l'Iran.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a condamné les frappes de drones et de missiles iraniennes de lundi ciblant les Émirats arabes unis. « Nous sommes solidaires des Émirats arabes unis et continuerons à soutenir la défense de nos partenaires dans le Golfe. Cette escalade doit cesser. L'Iran doit s'engager de manière significative dans des négociations pour garantir que le cessez-le-feu au Moyen-Orient perdure et qu'une solution diplomatique à long terme soit trouvée. » Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a également condamné les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis lors d'un appel téléphonique avec le président des Émirats arabes unis, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lundi. Selon lui, les frappes renouvelées dans la région étaient des « attaques iraniennes injustifiées ciblant les Émirats arabes unis, pays frère ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, a averti les États-Unis et les Émirats arabes unis de ne pas se laisser entraîner dans un conflit prolongé par des tiers mal intentionnés lundi. « Les événements à Ormuz montrent clairement qu'il n'y a pas de solution militaire à une crise politique », a déclaré Araghchi. « Alors que les pourparlers progressent grâce aux efforts gracieux du Pakistan, les États-Unis devraient se méfier d'être ramenés dans un bourbier par des malveillants. Les Émirats arabes unis devraient en faire de même. » Araghchi a qualifié l'opération Project Freedom de « Projet Impasse ».
Conséquences et perspectives futures
Le pouvoir ne résout pas les problèmes, il les complique, et une contradiction se manifeste dans les choix et actions, témoignant d'une mauvaise évaluation des conséquences. L'Iran demande désormais aux navires immobilisés dans le Golfe depuis environ deux mois de coordonner leurs mouvements avec ses autorités. Environ 600 pétroliers, transportant quelque 20 000 marins, seraient bloqués. Le passage sud, près d'Oman, est considéré comme la « sortie », tandis que le passage nord, près de Bandar Abbas, représente l'« entrée » dans les eaux territoriales iraniennes. Une coordination et une entente sont en cours entre l'Iran et Mascate à ce sujet.
Un responsable militaire iranien et membre du Conseil de discernement de l'opportunité iranien a déclaré lundi que les États-Unis tiennent la navigation et l'énergie mondiales en « otage ». Dr. Ali Akbar Ahmadian a qualifié les États-Unis de « pirates américains », affirmant que « la République islamique d'Iran est un sanctuaire, et sa sécurité est un principe non négociable ». Ahmadian a averti : « Que les pirates américains, qui ont tenu en otage la sécurité maritime et énergétique mondiale, sachent que des opérations asymétriques complexes et combinées dans les profondeurs du champ de bataille modifieront les équations de telle manière que le coût de leur décision ». Il a ajouté que ce coût « dépassera le seuil de tolérance. Ce n'est pas un avertissement, mais une partie d'une réalité qui, avec la permission de Dieu, se manifestera. » En parallèle, les États-Unis s'efforcent de faire avancer une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies ciblant les actions de l'Iran dans le détroit d'Ormuz.