Ségolène Royal a vivement critiqué Sarah Knafo sur BFMTV, dénonçant ses propos et alertant sur le déclin économique français en Algérie. L'ancienne ministre a déclaré ne pas avoir de dialogue avec les « algérophobes », affirmant que « tous les pays du pourtour méditerranéen s’entendent avec l’Algérie, sauf la France ». Elle a interrogé la logique des accusations de soumission en citant des exemples : « Si c’était le cas, alors le Pape, qui est allé en Algérie, est-il soumis lui aussi à l’Algérie ? » ou encore, « le ministre des Affaires étrangères allemand était à Alger pour chercher du gaz. Alors, l’Allemagne est-elle aussi soumise à l’Algérie ? ». Royal a imputé cette situation à des « relents coloniaux » et à une « instrumentalisation politique », soulignant que « les industriels français en Algérie sont désespérés ». Elle a insisté sur l'intérêt de la France à maintenir de bonnes relations avec l'Algérie, notamment pour les échanges commerciaux liés au gaz, qui pourraient « faire baisser les prix de façon considérable ». Cette section a été publiée le 7 septembre 2026.
Réplique aux accusations
Sarah Knafo a accusé Ségolène Royal sur BFMTV d'être la candidate de la « soumission à l’Algérie ». Cette accusation a été le point de départ d'une vive réaction de l'ancienne ministre. En réponse, Ségolène Royal a affirmé avec force : « Je n’ai pas de dialogue à avoir avec les algérophobes. » Elle a ensuite mis en question cette accusation de soumission, la jugeant infondée et irréfléchie. Pour appuyer son propos, Ségolène Royal a posé une série de questions rhétoriques destinées à noter l'absurdité de telles allégations. Elle a demandé : « Si c’était le cas, alors le Pape, qui est allé en Algérie, est-il soumis lui aussi à l’Algérie ? » Cette interrogation visait à montrer que les échanges diplomatiques et les visites de haut niveau ne sauraient être interprétés comme des marques de soumission. Elle a également interrogé la position de l'Allemagne, soulignant un exemple concret de coopération internationale : « Il y a quelques jours, le ministre des Affaires étrangères allemand était à Alger pour chercher du gaz. Alors, l’Allemagne est-elle aussi soumise à l’Algérie ? » Ces exemples ont servi à Ségolène Royal à déconstruire l'argumentaire de Sarah Knafo, présentant la coopération avec l'Algérie comme une démarche pragmatique et non une marque de faiblesse ou de subordination.
Relations France-Algérie tendues
Ségolène Royal a souligné que la France se distinguait des autres nations méditerranéennes dans ses relations avec l'Algérie, et pas de manière positive. L'ancienne ministre a affirmé sur BFMTV que « tous les pays du pourtour méditerranéen s’entendent avec l’Algérie, sauf la France ». Cette singularité française, selon elle, est préjudiciable aux intérêts du pays. Elle a lié cette situation à des dynamiques passées et actuelles, identifiant des racines profondes aux tensions persistantes.
Ségolène Royal a attribué les difficultés des relations franco-algériennes à des « relents coloniaux, les revanches, l’instrumentalisation politique par des gens qui ne connaissent pas ce pays qui est en train d’évoluer considérablement ». Elle a insisté sur l'isolement de la France dans ses rapports avec l'Algérie, contrastant avec l'approche d'autres pays qui privilégient la coopération et le dialogue constructif. Ces éléments, selon Royal, empêchent la France de s'adapter à la nouvelle réalité d'une Algérie en pleine transformation, et de tirer profit des opportunités qu'elle représente.
Pertes économiques françaises
Ségolène Royal a alerté sur le déclin économique de la France sur le marché algérien, soulignant une perte d'influence significative et préoccupante. Elle a précisé que, pendant que la France recule, d'autres acteurs internationaux ne restent pas inactifs. Les États-Unis et l'Allemagne sont en train de gagner du terrain dans ce même marché, profitant du vide laissé par la France. L'ancienne ministre a rapporté que les industriels français opérant en Algérie sont « désespérés » face à cette situation, confrontés à des difficultés croissantes et à une concurrence accrue.
Plusieurs événements récents illustrent cette tendance alarmante, confirmant le recul de la présence économique française. Parmi eux, la fermeture de l'usine Renault à Oran a marqué un coup dur pour la coopération industrielle bilatérale. Les exportations agricoles françaises vers l'Algérie sont également bloquées, ajoutant à la complexité des relations commerciales et pénalisant un secteur clé de l'économie française. Royal a mis en avant l'exemple de l'Allemagne, qui « vient de signer un accord dans l’hydrogène vert avec l’Algérie », un secteur d'avenir, contrastant fortement avec la position française qui semble manquer d'initiatives stratégiques. Ces faits soulignent l'urgence pour la France de revoir sa politique algérienne afin de ne pas se laisser distancer davantage sur un marché économiquement vital.
Contexte politique et ambition
Ségolène Royal occupe la présidence de l'association France-Algérie, un rôle qui la place au cœur des relations bilatérales et lui confère une expertise reconnue sur le sujet. Cette position lui permet de s'exprimer avec autorité sur les enjeux franco-algériens. L'ancienne ministre a également annoncé sa candidature à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2027, signalant ses ambitions politiques futures et sa volonté de peser sur le débat national. Elle a précédemment été finaliste de l'élection présidentielle de 2007, marquant une étape significative dans sa carrière politique et démontrant sa capacité à mobiliser l'électorat. Ses prises de position actuelles s'inscrivent donc à la fois dans son engagement associatif et dans une perspective de retour sur la scène politique de premier plan.