Les relations franco-algériennes semblent connaître une dynamique positive, selon des propos tenus par l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Une interview de l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a donné l'impression que les relations algéro-françaises évoluaient dans la bonne direction, suggérant un progrès dans le dialogue bilatéral. Ses déclarations ont créé l'impression que le dialogue bilatéral progressait. Cependant, Benjamin Stora, qui dirige le comité d'historiens français, a exprimé son étonnement face à ces affirmations. Il a précisé n'avoir aucune information concernant un calendrier précis pour la reprise des réunions de ce comité. « J'ai juste lu cela (l'interview de l'ambassadeur de France en Algérie). Mais à ma connaissance, il n'y a pas de date précise pour la reprise des réunions du comité mixte d'historiens », a-t-il déclaré, soulignant une divergence dans la perception de l'état d'avancement des discussions mémorielles.
Ambassadeur optimiste sur les relations
L'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a évoqué une restauration de la confiance et une réactivation « normale et sans délai » des réseaux diplomatiques. Il a également mentionné le rétablissement de la communication et l'échange d'informations sur les crises actuelles, ainsi que la coordination au sein des Nations unies. Ces déclarations interviennent dans un contexte de rapprochement souhaité par Paris et Alger. Le diplomate français a souligné l'importance de ces avancées pour la stabilité régionale et la gestion des défis internationaux communs.
Cependant, Stéphane Romatet a reconnu que les entreprises françaises ne bénéficiaient pas du même traitement que d'autres compagnies européennes en Algérie. Cette observation note des défis persistants dans le domaine économique bilatéral, malgré les efforts diplomatiques pour normaliser les relations. L'ambassadeur a admis que les entreprises françaises n'étaient pas traitées de la même manière que d'autres entreprises européennes, ce qui constitue un obstacle au plein développement des échanges économiques.
Le dossier mémoriel : une divergence clé
L'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a déclaré n'avoir "pas éludé le dossier de la mémoire, nécessaire pour panser les blessures du passé". Dans une interview accordée mardi 14 juillet 2026 à la plateforme "Sipstak", il a affirmé qu'il avait été "décidé que la commission mixte d'historiens se réunirait à nouveau pour déterminer les prochaines étapes de ce processus". Ces propos ont été interprétés comme un signe concret de l'avancement des discussions mémorielles. Cependant, Benjamin Stora, chef du comité d'historiens français, a contredit cette affirmation, déclarant : "Malheureusement non. Rien n'indique cela" concernant les intentions des deux parties de rouvrir le dossier mémoriel. Cette réponse de Benjamin Stora a jeté un froid sur l'optimisme affiché par l'ambassadeur. Benjamin Stora a en effet exprimé sa surprise face aux déclarations de l'ambassadeur de France, affirmant qu'il n'avait "aucune information concernant un calendrier précis pour la reprise des réunions de ce comité".
Le comité mixte est composé d'historiens français dirigés par Benjamin Stora et d'historiens algériens ayant à leur tête Mohamed Lahcen Zeghidi. Ces deux figures éminentes étaient chargées de faire avancer les travaux sur l'histoire partagée et les mémoires complexes des deux pays. Les travaux de ce comité étaient totalement interrompus depuis la décision du président français Emmanuel Macron de prendre parti pour le régime marocain dans la question du Sahara occidental. Cette prise de position française avait provoqué une crise diplomatique majeure entre Paris et Alger. Suite à cette information, le média « Echorouk » a contacté Benjamin Stora pour obtenir des éclaircissements. Le dossier mémoriel est resté clos pendant environ deux ans, marquant une période de stagnation significative dans ce domaine clé pour les relations bilatérales.
Autres points de friction
D'autres éléments contribuent aux tensions entre les deux pays. L'entreprise « Renault Algeria », par exemple, est restée inopérante pendant environ six ans. Cette situation prolongée a eu des répercussions économiques et symboliques, illustrant les difficultés rencontrées par certaines entreprises françaises en Algérie.
La justice française a refusé de libérer un employé consulaire algérien emprisonné, en violation des normes diplomatiques. Cet incident a été perçu par les autorités algériennes comme une entrave aux conventions internationales régissant le statut des diplomates et du personnel consulaire. Les autorités algériennes, quant à elles, ont montré un manque d'enthousiasme pour gracier le ressortissant français Christophe Guelez, condamné à une peine d'emprisonnement pour soutien et apologie du terrorisme. Ce dossier, sensible, met en lumière les divergences dans l'application de la justice et les attentes réciproques en matière de coopération judiciaire.
Paris n'a pas non plus donné suite à plus de 60 commissions rogatoires adressées par l'Algérie, concernant des affaires de détournement de fonds publics. Ce manque de réponse de la part des autorités françaises est une source de frustration pour Alger, qui cherche à récupérer des fonds et à poursuivre des individus impliqués dans des affaires de corruption.
Perspectives et enjeux futurs
Le diplomate français, Stéphane Romatet, a placé en tête des priorités la reprise de la coopération sécuritaire et judiciaire, ainsi que celle sur les questions régionales, notamment dans la région du Sahel. Cette nécessité découle du besoin mutuel de chaque partie de faire face aux défis communs, tels que le terrorisme et l'instabilité. La question migratoire figure également parmi les enjeux majeurs, nécessitant une approche coordonnée entre les deux pays pour gérer les flux et les problématiques associées. Il a été souligné l'importance de traiter les entreprises françaises de manière rigoureusement similaire à celle accordée aux autres compagnies européennes, afin de garantir un environnement commercial équitable et propice aux investissements. Ces points dessinent les contours des domaines où Paris et Alger cherchent à renforcer leur collaboration et à résoudre les divergences persistantes, dans l'optique d'un avenir plus stable pour leurs relations bilatérales. La volonté de relancer ces coopérations témoigne d'une reconnaissance mutuelle des intérêts stratégiques qui lient les deux nations, malgré les frictions persistantes sur le dossier mémoriel et d'autres points de discorde.