Le diplomate français Michel Duclos, ancien en poste à Moscou, Bruxelles, Bonn et Damas, préconise une approche plus sereine des relations franco-algériennes, selon ses déclarations. Il a conseillé à l'administration du président Emmanuel Macron d'éviter une succession de visites ministérielles françaises en Algérie, souvent suivies d'un gel des relations et de déclarations acerbes dès le premier incident, comme il l'a exprimé. Michel Duclos affirme que la relation bilatérale "sera plus bénéfique si elle est gérée loin des projecteurs et avec plus de calme", ajoutant que "nos atouts seront plus forts si nous cessons de donner à l'Algérie l'occasion de profiter d'une escalade systématique et d'une dramatisation des désaccords." Il met en garde contre le risque d'une confrontation qui pourrait "menacer la paix civile en France" si elle impacte la liberté de circulation des ressortissants algériens.
Une stratégie dictée par le bruit
Michel Duclos estime que la gestion actuelle des relations avec l'Algérie a été dictée par le bruit médiatique et politique, plutôt que par une stratégie réfléchie, ce qui aurait permis à la partie algérienne d'obtenir des avantages significatifs. Le diplomate a noté une série de visites ministérielles françaises, citant notamment celles du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en février 2026, du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti en mai 2026, et de la ministre déléguée auprès du ministre des Armées, Léa Desmoulin, également en mai 2026. Michel Duclos a également suggéré que les responsables français auraient dû éviter de présenter l'accord de 1968 comme un enjeu critique pour la France, contrairement à la manière dont il a été dépeint dans les discussions politiques.
L'accord de 1968 sous pression
Michel Duclos a critiqué la gestion par les autorités françaises de l'accord migratoire de 1968. Il a notamment ciblé la tentative des responsables politiques d'extrême droite d'exercer des pressions sur l'Algérie pour obtenir des permis consulaires supplémentaires destinés aux Algériens sous le coup d'une mesure d'éloignement de la France. Le diplomate a souligné qu'une sortie de l'accord de 1968 ne résoudrait pas le problème des laissez-passer consulaires nécessaires au retour en Algérie des ressortissants jugés indésirables en France. Michel Duclos a également averti que l'approche actuelle ne permet pas d'éviter de futurs revers dans les relations avec l'Algérie. Selon lui, cette stratégie n'offre que peu d'espoir pour résoudre les problèmes fondamentaux, y compris ceux liés à l'accord de 1968.
Risques de confrontation et de rupture
Michel Duclos, ancien diplomate français, a mis en garde contre un scénario potentiel de confrontation, voire de rupture, dans les relations entre la France et l'Algérie. Selon lui, cette situation pourrait entraîner des mesures de représailles et devenir difficile à maîtriser.
Une telle rupture risquerait par ailleurs de menacer la paix civile en France, particulièrement si elle venait à impacter la liberté de circulation des ressortissants algériens entre les deux pays, a-t-il ajouté.
Voix discordantes dans la diplomatie
Parallèlement aux analyses de Michel Duclos, une autre perspective émerge de la diplomatie française, jugée « extrémiste » dans l'article. Cette approche est représentée par Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie. Ses positions, souvent critiques à l'égard de la gestion des relations franco-algériennes, contrastent avec celles prônant une désescalade. Cette dualité de vues au sein des cercles diplomatiques français met en lumière les tensions et les désaccords profonds sur la stratégie à adopter face à Alger. La présence de ces voix discordantes complexifie le débat et la recherche d'une ligne directrice cohérente pour la politique étrangère française vis-à-vis de l'Algérie.