Le Conseil judiciaire d'Alger doit ouvrir le 12 août le procès de 34 accusés impliqués dans des émeutes, des incitations à la violence, des destructions de biens et des agressions contre les forces de sécurité. Cette affaire sera examinée par la première Chambre criminelle du Conseil judiciaire d'Alger, une instance compétente pour juger des faits criminels de cette nature. Les faits reprochés remontent au 10 avril, lors d'incidents violents survenus au stade de Kallitous. À cette occasion, trois policiers avaient été gravement blessés, dont deux victimes de fractures et un troisième souffrant d'une blessure à l'œil causée par une substance interdite. Les rapports médico-légaux ont ultérieurement confirmé la gravité de ces blessures, précisant qu'elles auraient pu entraîner la mort ou une invalidité permanente pour les victimes.
Les faits du match
Les émeutes ont débuté environ dix minutes après le coup d'envoi de la seconde période d'un match de football opposant l'Ittihad El Harrach et l'Associazione Oran. Ces incidents ont éclaté après que l'Ittihad El Harrach a encaissé le deuxième but, plongeant une partie des spectateurs dans un état d'agitation. Des émeutiers ont alors tenté d'envahir le terrain, manifestant un refus catégorique de la défaite de leur équipe. Cette tentative d'invasion s'est accompagnée de destructions importantes : des chaises ont été brisées, la clôture métallique a été endommagée et la tribune VIP a été saccagée.
L'escalade de la violence ne s'est pas arrêtée là. Les fauteurs de troubles ont également pénétré dans deux salles omnisports adjacentes, qui servaient d'entrepôt pour le matériel d'un entrepreneur. Ils y ont dérobé divers articles, dont des bouteilles d'essence, qui ont ensuite été utilisées dans d'autres actes de vandalisme. Des émeutiers ont ensuite attaqué des agents de la sûreté nationale en leur jetant des pierres, et ont même tenté d'incendier un véhicule des forces de l'ordre, aggravant considérablement la situation. Les suspects étaient dans un état d'agitation et refusaient d'accepter la défaite, ce qui a conduit à ces débordements.
Charges et préjudices
Les charges retenues contre les accusés sont multiples et sérieuses. Elles incluent l'incitation à l'émeute dans une installation sportive, la destruction intentionnelle de biens de l'État, l'incitation à troubler l'ordre public et l'agression violente contre les forces publiques. Ces accusations reflètent la gravité des actes commis et leurs conséquences sur la sécurité et les biens publics.
Les dommages matériels causés par ces émeutes sont estimés à plus de 1,6 milliard de centimes, un montant considérable qui témoigne de l'ampleur des dégradations. En compensation des préjudices subis, notamment ceux infligés au Trésor public, les prévenus condamnés ont été contraints de verser 20 millions de centimes. Les rapports médico-légaux ont confirmé la gravité des blessures subies par les policiers, précisant qu'elles auraient pu entraîner la mort ou une invalidité permanente pour les victimes. Ces éléments ont étayé les accusations portées contre les 34 individus jugés.
Suites judiciaires initiales
Dès leur présentation devant le procureur de la République près le tribunal d'El Harrach, 14 suspects ont été mis sous mandat de dépôt, une mesure conservatoire en attendant leur jugement. D'autres individus ont été placés sous contrôle judiciaire, impliquant des restrictions de liberté mais pas une détention immédiate. 10 membres de la commission des supporters ont été relâchés après avoir été interrogés. Six autres personnes impliquées dans l'affaire ont été acquittées, faute de preuves suffisantes pour les incriminer. En mai, le tribunal d'El Harrach avait prononcé des peines allant de deux à cinq ans de travaux forcés à l'encontre des accusés dans cette affaire, soulignant la sévérité de la justice face à de tels actes.
Perspectives du procès
Le procès en cours met en cause 34 suspects, parmi lesquels figurent des mineurs, dont la situation sera examinée avec une attention particulière. Certains des individus poursuivis ont des antécédents judiciaires, ayant déjà été condamnés pour d'autres infractions, ce qui pourrait influencer la sévérité des peines prononcées. Les accusés sont confrontés à une série de charges liées aux incidents survenus au stade de Kallitous, et le verdict de la première Chambre criminelle du Conseil judiciaire d'Alger est très attendu.