Louiza Hanoun : Critique des réformes éducatives, une manœuvre politique ?

Le Président de la République est intervenu lors d'un Conseil des ministres le 6 septembre concernant les réformes éducatives en Algérie. Le Président Tebboune a ordonné que l'institution éducative soit tenue à l'écart de tous les courants idéologiques et conflits politiques, afin que le débat au sein du secteur demeure purement pédagogique. Suite à ces directives présidentielles, Mohamed El-Ghazi Saadaoui, le ministre de l'Éducation, a mis en œuvre l'annulation des modifications prévues pour l'enseignement secondaire et technologique, ainsi que pour le collège, pour la saison 2026-2027.

Critiques et Demandes de Hanoun

Louiza Hanoun, dirigeante du Parti des Travailleurs (حزب العمال), a qualifié l'annulation des réformes dans le secteur de l'éducation nationale pour les niveaux secondaire et collège seulement, à l'exclusion du primaire, d'application partielle des décisions présidentielles. Elle a par ailleurs réclamé des clarifications concernant les heures allouées au français au premier cycle. La leader du Parti des Travailleurs a également exprimé son inquiétude pour les enseignants face à une éventuelle réduction de l'enseignement de cette langue. Hanoun avait précédemment, un mois et demi auparavant, interpellé le Président. Elle avait alors appelé à un report de la réforme éducative, soulignant la nécessité d'un « large débat national » incluant des experts du domaine.

Contexte des Réformes Éducatives

Le programme du Président de la République prévoit une transition progressive vers la langue anglaise, fondée sur une vision scientifique pour l'enseignement général et universitaire. Ahmed Tessa, un défenseur du maintien du français dans l'éducation, critique ceux qui prônent son retrait. Il déclare que « ce qui les préoccupe, c'est l'exclusion totale de la langue française de l'ensemble du système scolaire, et pas seulement du cycle primaire. Certains politiciens à tendance wahhabite parlent de supprimer cette langue de l'enseignement moyen. » Tessa affirme également que « le problème des langues n'aurait pas dû se poser en Algérie si deux conditions avaient été réunies : la première est de mettre un terme ferme aux manœuvres idéologiques, à des fins politiques, menées par les représentants du courant wahhabite international en Algérie. »

Accusations et Motivations Politiques

Louiza Hanoun, dirigeante du Parti des Travailleurs, a été associée par le passé à des réformes controversées durant le mandat de l'ancienne ministre Nouria Benghebrit. Ces réformes auraient notamment inclus le retrait de l'expression "Bismillah" des manuels scolaires et la promotion de l'arabe dialectal dans l'enseignement. Hanoun a formulé des accusations à l'encontre du ministre Mohamed El-Ghazi Saadaoui. Elle a affirmé qu'il aurait soutenu des candidats et orienté des syndicats lors des élections législatives du 2 juillet 2026. Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte de critiques récurrentes de la part de la leader du Parti des Travailleurs concernant la gestion du secteur éducatif.

Implications et Avenir du Secteur

La position de Louiza Hanoun, dirigeante du Parti des Travailleurs, et les critiques d'Ahmed Tessa sur les réformes éducatives algériennes, mettent en lumière des tensions persistantes. Ces débats, centrés sur les langues d'enseignement et l'influence idéologique, soulèvent des questions sur l'orientation future du secteur éducatif. Ils pointent vers la complexité des défis auxquels est confrontée l'Algérie.