Le Parlement espagnol a ratifié une loi octroyant la citoyenneté aux Sahraouis nés sous l'occupation espagnole du Sahara Occidental, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives dans leur lutte pour mettre fin à l'occupation marocaine. Cette décision, rapportée le 12 septembre 2026, marque une évolution significative pour les Sahraouis affectés par le statut contesté de ce territoire en Afrique. La nouvelle législation espagnole concerne spécifiquement les personnes nées durant la période où l'Espagne administrait la région.
Détails de la loi
La nouvelle législation espagnole devrait concerner environ 110 000 Sahraouis. Ce nombre inclut les personnes nées durant l'administration espagnole du territoire, ainsi que leurs enfants et petits-enfants, selon les estimations.
Le gouvernement espagnol, en fixant un chiffre précis de 110 000 Sahraouis éligibles à la citoyenneté jusqu'au retrait de l'Espagne en 1975, conteste les tentatives du Maroc de manipuler les chiffres de la population. Ces manipulations sont perçues comme un moyen de soutenir son programme d'occupation.
La loi sur la citoyenneté espagnole pour les Sahraouis nés avant l'occupation marocaine vise à établir le véritable nombre de Sahraouis avant l'invasion marocaine, remettant ainsi en question les chiffres gonflés avancés par le Maroc. Cette initiative est interprétée comme une démarche pour clarifier la composition démographique originelle du territoire.
Contexte historique et juridique
L'adoption par le Parlement espagnol de la loi de naturalisation sahraouie réaffirme le rôle de l'Espagne en tant que puissance administrante, conformément à l'avis juridique des Nations Unies, qui n'a pas reconnu le transfert de souveraineté au Maroc. Cette nouvelle législation espagnole marque un « retour au passé colonial dans le discours politique en Espagne », alors que le Maroc cherchait à dépasser cette période en présentant la question sahraouie comme une simple affaire interne. Lors du référendum de 1991 sur le Sahara Occidental, le Maroc a insisté pour inclure des centaines de milliers de Marocains, amenés par feu le roi Hassan II durant la « Marche Verte », une demande rejetée par le Front Polisario.
Réactions marocaines et implications
Le Maroc a exprimé son mécontentement face à cette décision, bien qu'aucune position officielle n'ait été adoptée en raison de pressions accumulées, incluant son implication présumée dans l'incursion à Ceuta par 80 000 migrants marocains illégaux. Les médias et cercles politiques proches du régime marocain ont critiqué cette initiative, la considérant comme une rupture de l'accord conclu entre le Roi Mohammed VI et le Premier ministre espagnol au printemps 2022. Cet accord voyait l'Espagne reconnaître l'autonomie comme la solution la plus proche pour le Sahara Occidental. L'octroi de la citoyenneté espagnole à des centaines de milliers de Sahraouis, soit 110 000 personnes ainsi que leurs enfants et petits-enfants, représente un défi majeur pour l'influence marocaine sur les autorités espagnoles, ces nouveaux citoyens étant susceptibles de former des groupes de pression au sein des institutions espagnoles et européennes.
Portée du conflit
La loi espagnole sur la citoyenneté sahraouie a ravivé les tensions géopolitiques dans la région. L'Espagne, en adoptant cette mesure, réaffirme son rôle historique vis-à-vis du Sahara Occidental, territoire que le Maroc considère comme sien. Cette décision est perçue comme un revers pour la diplomatie marocaine et pourrait influencer les dynamiques régionales, notamment avec l'Algérie, soutien traditionnel du Front Polisario.