Le Ministre d'État, Ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'Étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a participé jeudi à New York à une réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies, dédiée à la commémoration du 40e anniversaire de l'adoption, en 1986, de la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement. Auparavant, M. Attaf avait pris part mercredi à New York à la réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, et mardi à la réunion consultative des ministres arabes des Affaires étrangères. Ces rencontres s'inscrivent dans une série de consultations axées sur le développement et la sécurité régionale.
Droit au développement, un impératif renouvelé
Ahmed Attaf a déclaré que le droit au développement « acquiert aujourd'hui une importance renouvelée ». Le ministre a justifié cette importance par la persistance de la pauvreté, les inégalités croissantes, le fardeau grandissant de la dette, ainsi que les multiples crises et déséquilibres du système économique international. M. Attaf a souligné que « la التنمية الشاملة والمستدامة، تضع الإنسان وكرامته ورفاهه في صميم العمل التنموي » (le développement global et durable place l'être humain, sa dignité et son bien-être au cœur de l'action de développement). Il a également insisté sur la « ضرورة احترام سيادة الدول، وحقها في تحديد أولوياتها وخياراتها التنموية، وحق الشعوب في تقرير مصيرها » (nécessité de respecter la souveraineté des États, leur droit à déterminer leurs priorités et choix de développement, et le droit des peuples à l'autodétermination). Attaf a appelé à un renforcement de la solidarité et de la coopération internationales, et à une réforme du système économique et financier international « بما يستجيب بشكل أكثر إنصافا، لاحتياجات البلدان النامية » (afin de répondre plus équitablement aux besoins des pays en développement). L'Algérie, a-t-il affirmé, soutient « اعتماد صك دولي ملزم قانونا، بشأن الحق في التنمية. بما يساعد على تعزيز الإطار القانوني الدولي، وضمان الإعمال الكامل والفعال لهذا الحقّ » (l'adoption d'un instrument international juridiquement contraignant sur le droit au développement, ce qui contribuera à renforcer le cadre juridique international et à garantir la pleine et effective réalisation de ce droit).
Sécurité collective en Afrique
La réunion de l'Union africaine a porté sur « le bon voisinage et les réponses régionales aux défis sécuritaires et terroristes en Afrique ». Le ministre Attaf a affirmé que « le bon voisinage est devenu une condition fondamentale pour la réalisation de la sécurité collective en Afrique ». Il a souligné la nécessité de passer de réponses nationales isolées à une action régionale coordonnée, fondée sur le dialogue, la consultation et la coopération sécuritaire. M. Attaf a ensuite mentionné la priorité de l'Algérie dans la lutte contre le financement du terrorisme et l'assèchement de ses sources, notamment en contrant l'exploitation des technologies avancées à des fins terroristes.
Le ministre a rappelé l'approche de l'Algérie, basée sur la conviction que les solutions sécuritaires et militaires seules ne peuvent garantir une sécurité et une stabilité durables sans être associées au développement, à la réconciliation et au renforcement des institutions étatiques. Il a ensuite examiné l'expérience de l'Algérie dans la région du Sahel, qui s'appuie sur le soutien au dialogue et à la réconciliation, le renforcement de la coopération sécuritaire et frontalière, et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, parallèlement à la promotion du développement et de l'intégration régionale. Attaf a cité des projets structurels tels que l'autoroute transsaharienne, le réseau de fibre optique et le gazoduc Nigeria-Algérie comme contribuant à l'ouverture de nouveaux horizons économiques et au soutien d'une sécurité durable.
Action arabe face aux défis
Ahmed Attaf a souligné la nécessité d'activer l'action arabe commune dans un contexte international marqué par la sélectivité dans l'application des décisions de la légitimité internationale. Le ministre a insisté sur l'importance de travailler à ramener la question palestinienne au premier plan de l'agenda international, sans la réduire à sa seule dimension humanitaire. M. Attaf a réitéré le rejet par l'Algérie de voir la région arabe transformée « تحويل المنطقة العربية إلى ساحة للحروب بالوكالة. خاصة في ضوء ما تشهده منطقة الخليج العربي من تصعيد » (en théâtre de guerres par procuration, notamment au vu de l'escalade observée dans la région du Golfe arabe). Le ministre a également mis en avant « الضرورة الملحّة لمعالجة الأزمات التي تعصف بكل من السودان واليمن والصومال وليبيا. وعلى وصون وحدتها، ودعم الحلول السيiennes nationales, ورفض التدخلات الخارجية في شؤونها » (l'urgence de traiter les crises qui frappent le Soudan, le Yémen, la Somalie et la Libye, de préserver leur unité, de soutenir les solutions politiques nationales et de rejeter les interventions étrangères dans leurs affaires).