Le Ministre d'État Algérien Ahmed Attaf Plaide pour un Ordre Mondial Équitable et la Sécurité Régionale à New York

Le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a représenté l'Algérie à New York cette semaine, participant à plusieurs réunions internationales. Ahmed Attaf a pris part samedi à la 50e réunion des ministres des Affaires étrangères du G77 et de la Chine. Avant cela, le ministre d'État a participé jeudi à la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies commémorant le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement. Mercredi, Ahmed Attaf était présent à New York lors de la réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Enfin, mardi, le ministre d'État a participé à la réunion consultative des ministres des Affaires étrangères arabes, également à New York.

Renforcer la Coopération Sud-Sud

Ahmed Attaf a souligné l'importance du groupe du G77 et de la Chine face aux profondes transformations du système international. Le ministre d'État a insisté sur la nécessité de l'unité et de la solidarité des pays du Sud global. Il a appelé à une action multilatérale plus équitable, plaçant le développement au cœur des priorités et s'attaquant aux déséquilibres structurels du système financier international. Ahmed Attaf a également exhorté à ce que la révolution numérique et l'intelligence artificielle ne deviennent pas une nouvelle source de division Nord-Sud. Selon lui, la technologie doit servir d'outil de développement et d'autonomisation des peuples, dans le cadre d'une gouvernance internationale globale où le savoir n'est pas monopolisé. Concernant le changement climatique, Attaf a réaffirmé l'engagement envers le principe des « responsabilités communes mais différenciées ». Il a relevé que les pays en développement, particulièrement africains, subissent de plus en plus les impacts du changement climatique malgré leur contribution historique et actuelle limitée à ses causes. L'Algérie, en vertu de son engagement envers les principes de la Charte de 1967, restera fermement engagée dans le renforcement de la coopération Sud-Sud. Le pays défendra le droit des peuples au développement et l'édification d'un ordre international plus juste et inclusif.

Défendre le Droit au Développement

À New York, Ahmed Attaf a déclaré que le droit au développement, inscrit dans la Déclaration des Nations unies de 1986 comme un droit humain fondamental, « revêt une importance renouvelée aujourd'hui ». Il a attribué cette importance accrue à la persistance de la pauvreté et des inégalités, à l'exacerbation du fardeau de la dette, ainsi qu'à la multiplicité des crises et des déséquilibres au sein du système économique international. Le ministre d'État a souligné qu'un « développement global et durable place l'être humain, sa dignité et son bien-être au cœur de l'action de développement ».

Ahmed Attaf a insisté sur la nécessité de respecter la souveraineté des États, leur droit de déterminer leurs priorités et leurs choix en matière de développement, et le droit des peuples à l'autodétermination. Il a appelé au renforcement de la solidarité et de la coopération internationales, ainsi qu'à la réforme du système économique et financier mondial afin de répondre de manière plus équitable aux besoins des pays en développement. L'Algérie, a-t-il affirmé, soutient l'adoption d'un instrument international juridiquement contraignant sur le Droit au développement.

Sécurité Collective en Afrique

La réunion de l'Union africaine était dédiée au thème « Bon voisinage et réponses régionales aux défis sécuritaires et terroristes en Afrique ». Ahmed Attaf a déclaré que le bon voisinage était devenu une condition essentielle pour la sécurité collective en Afrique, compte tenu de la nature transnationale croissante des menaces terroristes et sécuritaires. Il a souligné la nécessité de passer de réponses nationales isolées à une action régionale coordonnée, fondée sur le dialogue, la consultation et la coopération sécuritaire. Cette action régionale doit s'inscrire dans le respect de la souveraineté et de l'indépendance des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le respect des frontières existant au moment de l'indépendance.

Le ministre d'État a mis en avant la priorité de l'Algérie dans la lutte contre le financement du terrorisme et l'assèchement de ses sources, notamment en contrecarrant l'exploitation des technologies avancées à des fins terroristes. Il a rappelé que l'approche algérienne est basée sur la conviction que les solutions sécuritaires et militaires ne peuvent seules garantir une sécurité et une stabilité durables sans être associées au développement, à la réconciliation et au renforcement des institutions étatiques. Ahmed Attaf a évoqué l'expérience de l'Algérie dans la région du Sahel, fondée sur le soutien au dialogue et à la réconciliation, le renforcement de la coopération sécuritaire et frontalière, et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, en parallèle avec la promotion du développement et de l'intégration régionale. Il a mentionné des projets structurels tels que l'autoroute transsaharienne, le réseau de fibre optique et le gazoduc Nigeria-Algérie, et leur contribution à l'ouverture de nouvelles perspectives économiques et au soutien des piliers de la sécurité durable.

Action Arabe Commune

Ahmed Attaf a insisté sur la nécessité d'activer l'action arabe commune, dénonçant la sélectivité dans l'application des décisions de la légitimité internationale. Il a appelé à ramener la cause palestinienne au premier plan et à contrer les mesures menaçant la création d'un État palestinien. Le ministre d'État a réitéré le rejet par l'Algérie de voir la région arabe transformée en théâtre de guerres par procuration, notamment dans le Golfe. Il a également souligné l'urgence de traiter les crises au Soudan, au Yémen, en Somalie et en Libye, en faveur de solutions politiques nationales et du refus des ingérences étrangères.