Le Ministère des Finances accélère les projets d'investissement public avec une nouvelle procédure budgétaire

Le Ministère des Finances a mis en place une nouvelle procédure budgétaire pour accélérer la réalisation des projets d'investissement public. Cette mesure, détaillée dans une note de la Direction Générale du Budget datée du 20 septembre 2026 et portant le numéro 5775, vise à faciliter l'utilisation des crédits de paiement rattachés aux budgets des institutions publiques. La note concerne spécifiquement la mise en œuvre des crédits de paiement rattachés au cours de l'exercice budgétaire pour les opérations d'investissement accordées aux institutions administratives publiques et aux institutions publiques sous tutelle similaires. Ce nouveau processus signifie que les fonds alloués à un projet public n'auront plus à attendre l'approbation d'un budget rectificatif lors d'une réunion périodique de l'institution si des crédits ont été rattachés en cours d'année, notamment vers la fin de celle-ci.

Le problème des crédits retardés

La Direction Générale du Budget a constaté des retards dans la consommation des crédits de paiement rattachés au cours de l'exercice budgétaire, soulignant une problématique persistante. Cette difficulté s'accentue particulièrement pour les crédits dont la notification intervient durant le dernier trimestre de l'année. Cette séquence procédurale peut entraîner l'épuisement d'une part significative de la période restante pour l'exécution des projets, notamment lorsque la date de la session de l'organe délibérant ne coïncide pas avec la date de notification des nouveaux crédits.

Dans plusieurs cas, cette situation a conduit à ce que des crédits de paiement rattachés ne soient pas consommés au cours du dernier trimestre de l'exercice budgétaire, se transformant alors en montants à reporter comme des dettes dues. La problématique devient d'autant plus critique à mesure que l'exercice budgétaire approche de son terme, exacerbant les défis liés à la bonne exécution des investissements publics.

Ancienne procédure et ses limites

Auparavant, la procédure exigeait le recours à l'organe délibérant de l'institution concernée afin d'étudier le projet de budget rectificatif, avant son approbation finale par l'autorité de tutelle. La Direction Générale du Budget opère désormais une distinction entre la nature même du projet d'investissement et la modification des crédits qui lui sont alloués. Le rattachement de crédits de paiement n'implique pas une remise en question de la faisabilité du projet d'investissement. Ces opérations avaient déjà été enregistrées au titre des autorisations d'engagement et examinées par l'organe délibérant. La note ministérielle ne supprime donc pas le rôle de l'organe délibérant, mais elle réorganise le calendrier de son examen du budget rectificatif.

La nouvelle procédure expliquée

Le nouvel arrangement permet à l'autorité de tutelle d'intervenir avant la réunion de l'organe délibérant, en se basant sur la décision d'attribution de subvention qui précise le montant des crédits de paiement rattachés pour chaque opération d'investissement. Les ordonnateurs sont désormais tenus d'informer les organes délibérants des budgets modificatifs approuvés par l'autorité de tutelle lors de la session suivant le rattachement des crédits de paiement. Cette nouvelle voie autorise l'institution à inclure les crédits rattachés et à procéder à leur exécution après l'approbation de l'autorité de tutelle, l'organe délibérant étant informé lors de la session ultérieure. Cette mesure s'inscrit dans un effort plus large visant à simplifier l'exécution des crédits d'investissement public. La Direction Générale du Budget a d'ailleurs émis plusieurs mémorandums au cours de l'année en cours concernant l'exécution des crédits de paiement pour les opérations d'investissement public, témoignant de cette volonté de rationalisation.

Objectifs et portée de la réforme

Désormais, l'autorité de tutelle peut approuver le budget modificatif contenant ces crédits avant la réunion de l'organe délibérant. Ce dispositif permet aux institutions d'engager les procédures de mise en œuvre sans devoir attendre la session de l'organe délibérant. Cette nouvelle organisation vise à éviter le gel des crédits financiers alloués aux projets d'investissement en raison de contraintes de temps et de procédure. L'autorité de tutelle peut ainsi pré-approuver le budget modificatif, l'organe délibérant étant informé lors de sa prochaine session, ce qui permet de gagner du temps et d'accélérer l'exécution des projets et l'utilisation des crédits avant la fin de l'exercice budgétaire. Cela réduit également le risque que les crédits restent non consommés et soient reportés.