L'Algérie a été officiellement retirée de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) le 19 juin 2026, une décision qui marque un tournant stratégique et économique significatif pour le pays. Cette annonce capitale, attendue avec impatience par les cercles économiques et financiers algériens, a été faite lors des réunions de l'Assemblée générale du GAFI, l'organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Les délibérations qui ont conduit à cette conclusion positive se sont tenues au siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, soulignant l'importance internationale de cette décision. Le retrait de la liste grise est perçu comme une reconnaissance des efforts considérables déployés par l'Algérie pour renforcer son cadre réglementaire et opérationnel en matière de conformité financière.
Le parcours exigeant vers la liste grise et l'engagement de conformité
L'Algérie avait été placée sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) en octobre 2024, une période qui avait marqué le début d'un processus de surveillance accrue et d'évaluation rigoureuse de ses mesures anti-blanchiment d'argent (LBA) et de lutte contre le financement du terrorisme (LCFT). Cette inclusion avait imposé au pays un plan d'action strict, exigeant des réformes substantielles et une démonstration tangible de progrès dans la mise en œuvre des normes internationales. Conscient des enjeux, le gouvernement algérien a fait preuve d'une détermination sans faille pour adresser les lacunes identifiées et se conformer aux recommandations du GAFI. En prévision de la prochaine évaluation internationale, prévue pour 2029, les autorités algériennes ont déjà entamé des préparatifs intensifs, visant à consolider les acquis et à anticiper les exigences futures. Cette évaluation couvrira spécifiquement la période allant de 2024 à 2028, nécessitant une vigilance continue et une amélioration constante des systèmes de contrôle.
Des mesures de conformité rigoureuses et des efforts nationaux concertés
Pour atteindre cet objectif de conformité, l'Algérie a mis en œuvre une série de mesures ambitieuses et ciblées dans plusieurs secteurs clés. La Chambre nationale des notaires, par exemple, a alloué plus de 20 % de son budget spécifiquement à l'amélioration de la surveillance de ses activités et à la digitalisation de ses processus. Cet investissement substantiel témoigne de l'engagement à moderniser et à sécuriser les transactions immobilières et notariales. Cette initiative a été complétée par des inspections sans précédent menées dans tous les offices notariaux du pays, assurant une vérification approfondie et un renforcement de la conformité aux normes internationales les plus exigeantes. Ces inspections ont permis d'identifier et de corriger les éventuelles faiblesses, garantissant une application uniforme des régulations.
Sur le plan technologique, des mécanismes électroniques avancés ont été adoptés afin de vérifier l'identité du bénéficiaire effectif des transactions, une mesure clé pour renforcer la transparence financière et prévenir l'utilisation de structures opaques à des fins illicites. L'implémentation de ces outils numériques représente un pas important vers une meilleure traçabilité et une identification précise des acteurs économiques.
Pour consolider ces efforts et inscrire ces réformes dans la durée, la Loi de finances 2025 a introduit des dispositions fondamentales. Notamment, son Article 207 impose désormais l'utilisation exclusive des canaux bancaires et financiers pour toutes les transactions immobilières. Cette mesure vise à éliminer le recours aux paiements en espèces dans le secteur immobilier, réduisant ainsi considérablement les risques de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme. Ces dispositions législatives s'inscrivent directement dans la préparation de l'Algérie à l'évaluation du GAFI prévue pour 2029, laquelle couvrira la période allant de 2024 à 2028, démontrant une approche proactive et préventive.
Un système solide et efficace pour la vérification des listes de sanctions internationales et des listes de personnes et entités terroristes a été mis en œuvre avec une rapidité remarquable, dans un délai maximal de 24 heures. Ce dispositif renforce considérablement la capacité du pays à se conformer aux normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, en permettant une identification et un filtrage rapides des entités à risque. L'efficacité de ce dispositif est jugée essentielle pour garantir la transparence des transactions financières et prévenir activement les activités illicites, protégeant ainsi l'intégrité du système financier algérien.
Perspectives économiques et internationales prometteuses
La sortie de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) devrait avoir des répercussions positives significatives sur la scène économique et financière internationale pour l'Algérie. Cette décision est en effet susceptible d'entraîner le retrait de l'Algérie de la liste noire de l'Union européenne, une étape clé pour son intégration économique. L'article évoque d'ailleurs une potentielle levée de cette sanction européenne, ce qui marquerait une étape significative pour l'intégration financière du pays dans l'espace économique européen.
Cette perspective ouvre la voie à une amélioration substantielle de la confiance des investisseurs internationaux, qui sont souvent réticents à s'engager dans des pays figurant sur de telles listes. Le retour à une image de conformité et de transparence devrait faciliter l'attraction de capitaux étrangers et stimuler les investissements directs. Elle devrait également faciliter les échanges commerciaux avec les pays membres de l'Union européenne, en réduisant les obstacles administratifs et les coûts de transaction liés à la perception de risque accru. En se positionnant comme un acteur financier fiable et transparent, l'Algérie renforce son attractivité et sa crédibilité sur la scène internationale, ouvrant de nouvelles opportunités de croissance et de développement économique.