L'Algérie développe activement son influence en Afrique en établissant un réseau de coopération énergétique avec plusieurs pays. Ce réseau inclut l'Égypte, la Libye, la Côte d'Ivoire, le Mozambique, le Niger, le Tchad et la Mauritanie. Cette stratégie repose sur des projets pétroliers, gaziers et électriques qui dépassent le simple commerce pour s'orienter vers des partenariats de production et d'investissement à long terme, selon les informations. Alger vise ainsi à construire un cercle d'influence énergétique intégré sur le continent, reflétant la volonté de l'Algérie de bâtir un réseau de coopération énergétique solide et interconnecté à travers le continent africain. L'énergie est employée comme un outil diplomatique et économique essentiel dans la stratégie globale de l'Algérie pour renforcer sa présence régionale. Cette démarche stratégique s'inscrit dans une vision à long terme pour consolider les liens économiques et politiques avec ses partenaires africains.
Projets d'envergure et partenariats
Un contrat a été signé pour le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz, un projet dont les investissements s'élèvent à près d'un milliard de dollars. Ce développement comprend la construction d'une unité centrale de traitement d'une capacité de 31,5 mille barils par jour, ainsi que des installations pour le traitement du gaz et de l'eau produite. Ces infrastructures sont essentielles pour maximiser l'extraction et la valorisation des ressources du champ. Dans le cadre de ses partenariats, l'Algérie et l'Égypte ont signé un mémorandum d'entente pour l'achat de pétrole brut. Les deux pays prévoient également la création d'une coentreprise dédiée à la mise en œuvre de projets énergétiques en Afrique. Cette coentreprise vise à mutualiser les expertises et les ressources pour des initiatives énergétiques conjointes sur le continent.
Parallèlement, l'Algérie a exporté une cargaison d'essence vers la Libye, estimée à environ 132 000 barils. Il s'agissait du deuxième envoi d'essence vers la Libye depuis 2013, selon les informations. Ces livraisons soulignent l'engagement de l'Algérie à soutenir ses voisins en matière d'approvisionnement énergétique. L'Algérie a également signé un accord de coopération avec la Côte d'Ivoire. Cet accord prévoit le développement de projets dans les domaines de l'exploration, de la production, du raffinage et du développement de la chaîne de valeur dans les secteurs de l'énergie et des mines. Cette coopération avec la Côte d'Ivoire vise à renforcer l'ensemble de la filière énergétique et minière, de l'extraction à la transformation, en passant par la valorisation des ressources.
Électricité et infrastructures régionales
L'Algérie participe également à un projet de centrale électrique au Mozambique, d'une capacité de 1000 mégawatts. Ce projet au Mozambique vise à transformer le pays en un pôle régional d'exportation d'électricité vers six pays voisins, contribuant ainsi à la sécurité énergétique de l'Afrique australe. En parallèle, l'Algérie est impliquée dans un projet de centrale électrique au Tchad, affichant une capacité de 40 mégawatts. Ce projet au Tchad est destiné à répondre aux besoins croissants en électricité du pays. Au Niger, l'entreprise Sonelgaz met en œuvre un projet de centrale électrique à Niamey. Sonelgaz est également engagée dans des programmes de réhabilitation des réseaux électriques, de développement de systèmes numériques et de formation technique dans ce pays. Ces initiatives de Sonelgaz au Niger visent à moderniser et à fiabiliser l'infrastructure électrique nationale, tout en renforçant les compétences locales. Des projets avec la Mauritanie incluent l'interconnexion électrique et l'établissement de lignes à haute tension, des initiatives cruciales pour la stabilité et l'approvisionnement énergétique mutuel.
Stratégie et expertise exportées
L'Algérie collabore également avec le Niger sur le projet de gazoduc nigérian, renforçant ainsi les liens énergétiques régionaux et contribuant à la diversification des voies d'approvisionnement en gaz. Le pays a par ailleurs exporté une cargaison de gaz de pétrole liquéfié (GPL) vers le Tchad, marquant un autre pas dans ses échanges énergétiques et la fourniture de produits pétroliers raffinés. Les relations avec la Mauritanie évoluent vers la réactivation de la coopération dans le secteur des hydrocarbures. Cette coopération inclut l'étude des importations de carburant et le redémarrage des stations de distribution Naftal, ce qui permettra d'optimiser l'approvisionnement en carburant en Mauritanie. Cette stratégie algérienne repose sur l'exportation d'expertise, d'équipements et de services, en complément des exportations de pétrole et de gaz. L'Algérie cherche ainsi à partager son savoir-faire technique et industriel acquis au fil des décennies dans le secteur énergétique. Cette approche globale vise à établir une coopération durable et mutuellement bénéfique, consolidant la position de l'Algérie comme acteur majeur de l'énergie sur le continent africain.