L'Algérie a fermement condamné les incursions continues des forces d'occupation israéliennes en territoire libanais, ainsi que le ciblage des civils et des infrastructures, selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. Cette déclaration intervient après qu'Israël a mené des frappes aériennes nocturnes dans la vallée de la Bekaa et la province méridionale de Tyr au Liban. Un ambulance a été bombardée à Deir Qanoun en-Nahr, entraînant la mort de deux ambulanciers et d'un enfant. Une seconde frappe israélienne sur Hannaouiyah a tué quatre ambulanciers de l'Islamic Health Association, dont Ahmed Hariri, photojournaliste et photographe pour la défense civile. L'Algérie a appelé la communauté internationale à "assumer ses responsabilités face à cette agression contre un État souverain, membre des Nations Unies". Le pays a également demandé que les actions de "l'occupant israélien, qui menacent la sécurité et la stabilité dans la région", soient dissuadées et qu'il soit tenu responsable du respect de la Charte de l'ONU et des résolutions du Conseil de sécurité pour mettre fin à la guerre au Liban.
Frappes israéliennes sur le sud du Liban
Les frappes israéliennes ont réduit des bâtiments en cratères, avec des incursions se poursuivant samedi matin, notamment près de casernes de l'armée libanaise. Dans la ville de Nabatieh, un homme à moto a été tué. La localité de Chehabiyeh a également été touchée, faisant des morts et des blessés, le bilan exact n'étant pas encore connu. Avant les attaques de vendredi sur Tyr, Israël avait émis des avertissements d'évacuation pour deux zones de Tyr et le village de Burj Rahal. Plus tôt, des frappes israéliennes avaient visé la zone montagneuse en périphérie de Brital, dans la vallée de la Bekaa. L'hôpital public de Tebnine a subi d'importants dommages suite à une frappe aérienne survenue jeudi.
Bilan humain et réactions sur le terrain
Un ambulancier tué vendredi travaillait également comme photojournaliste, selon des informations rapportées. L'armée israélienne a déclaré qu'elle examinait les allégations selon lesquelles "plusieurs personnes non impliquées dans la zone, qui n'étaient pas les cibles des frappes, ont été blessées" à Hannaouiyah et Deir Qanoun en-Nahr. L'armée israélienne a affirmé avoir ciblé des combattants du Hezbollah identifiés dans la zone lors de ces actions. Au total, 123 personnels médicaux ont été tués par Israël. En réponse, le Hezbollah a indiqué avoir ciblé un rassemblement de soldats israéliens avec des obus d'artillerie aux abords du village de Deir Siryan, dans le sud du Liban, vendredi soir. Le groupe a également attaqué un drone israélien avec un missile sol-air la même nuit, poursuivant ainsi les attaques depuis le cessez-le-feu établi le 2 mars.
Contexte régional et enjeux
Plus de 3 111 personnes ont été tuées depuis le début des récents affrontements entre le Hezbollah et Israël le 2 mars. Depuis l'établissement du cessez-le-feu, 817 personnes ont péri ou leurs corps ont été retrouvés. Le Hezbollah a poursuivi ses attaques contre les forces israéliennes dans le sud du Liban depuis cette trêve. Le gouvernement libanais cherche à obtenir un cessez-le-feu complet ainsi que le retrait total des forces israéliennes du territoire libanais. De son côté, le gouvernement israélien vise le désarmement complet du Hezbollah. L'armée israélienne a démoli ou endommagé au moins 46 villages dans les zones sous son contrôle. Le Hezbollah a appelé à la fin des négociations directes entre Israël et le Liban.
Impunité et enquêtes
Dans 88 % des cas où l'armée israélienne a annoncé l'ouverture d'enquêtes sur des allégations de crimes de guerre, celles-ci ont été classées sans suite ou sont restées non résolues. L'armée israélienne a reconnu que « plusieurs personnes non impliquées dans la zone, qui n'étaient pas les cibles des frappes, ont été blessées » lors des récents événements à Hannaouiyah et Deir Qanoun en-Nahr.