L'Algérie vise une production annuelle d'un million de tonnes d'hydrogène vert d'ici 2030, s'affirmant dans le cadre de sa stratégie nationale de développement de l'hydrogène, qui s'étend de 2023 à 2050 en trois phases. Cette ambition positionne le pays comme un acteur potentiel majeur sur le marché mondial de l'hydrogène propre. Le pays développe le projet SouthH2 Corridor, en coopération avec l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche, dans le but d'exporter quatre millions de tonnes d'hydrogène vert par an vers l'Europe. Ce corridor stratégique est conçu pour acheminer l'hydrogène produit en Algérie vers les marchés européens via des infrastructures dédiées. Pour soutenir cette ambition, le gouvernement algérien a alloué des investissements considérables, compris entre 20 et 25 milliards de dollars, au développement de ce secteur prometteur. Ces fonds sont destinés à catalyser la croissance de l'industrie de l'hydrogène vert et à positionner l'Algérie comme un fournisseur fiable.
Phases de la stratégie nationale
La stratégie nationale algérienne sur l'hydrogène vert est structurée en trois phases distinctes pour assurer une progression méthodique et durable. La première phase se concentre sur l'acquisition de technologies de pointe et le lancement de projets pilotes. Cette étape initiale est clé pour évaluer la faisabilité technique et économique des différentes approches de production. La deuxième étape implique l'expansion des projets industriels existants et le développement d'infrastructures dédiées à l'exportation, telles que des pipelines ou des terminaux portuaires. Cette phase vise à augmenter significativement les capacités de production et à préparer le terrain pour la commercialisation internationale. La troisième et dernière phase prévoit une production à grande échelle et l'exportation massive d'hydrogène vert vers les marchés internationaux. Dans le cadre de ces plans, l'Algérie envisage la construction d'installations pour la production d'ammoniac vert et de méthanol via des usines d'électrolyse pouvant atteindre des capacités de 200 mégawatts. Ces dérivés de l'hydrogène vert sont également des vecteurs énergétiques importants et des matières premières industrielles. Le pays étudie également la faisabilité de plusieurs projets de corridors d'hydrogène, notamment « SouthH2 Corridor », « SunsHyne » et « SEEHyC », afin de diversifier ses routes d'exportation.
Projets pilotes et modèles lancés
Pour concrétiser sa stratégie, l'Algérie a déjà lancé plusieurs initiatives clés. Un projet conjoint entre Sonatrach et la société italienne Eni constitue le premier projet pilote d'hydrogène vert en Algérie, marquant une étape importante dans le développement de cette filière. Le ministère de l'Énergie et des Énergies renouvelables a lancé quatre projets pilotes pour la production d'hydrogène vert au total, démontrant l'engagement du gouvernement. Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures, met en œuvre trois de ces quatre projets pilotes, tirant parti de son expertise industrielle. Le quatrième projet pilote est mené en partenariat avec l'Allemagne et bénéficie du soutien de l'Union européenne, soulignant la coopération internationale dans ce domaine. Les capacités de ces projets pilotes varient entre 2 et 4 mégawatts, fournissant des données précieuses pour l'optimisation des technologies et des processus.
En parallèle, un projet modèle d'envergure est implanté dans la zone industrielle d'Arzew, dans la wilaya d'Oran, avec une capacité de 50 mégawatts. Ce projet modèle de 50 mégawatts à Arzew est financé par la partie allemande à hauteur de 20 millions d'euros, confirmant l'intérêt et l'engagement des partenaires étrangers dans les ambitions algériennes en matière d'hydrogène vert.
Investissements et formation
Les investissements prévus dans le cadre de la stratégie algérienne en matière d'hydrogène vert couvrent plusieurs domaines essentiels. Ils englobent la production d'hydrogène elle-même, mais aussi le développement des infrastructures nécessaires à son transport et à son exportation. Cela inclut la construction de nouvelles usines, l'extension des réseaux de distribution et la mise en place de terminaux d'exportation. Une part significative est également allouée au renforcement des capacités humaines, notamment à travers la formation scientifique et technique. Cet axe de formation vise à préparer une main-d'œuvre qualifiée pour les différentes étapes de la chaîne de valeur de l'hydrogène, de la recherche et développement à l'exploitation des installations industrielles. Cette approche intégrée cherche à assurer la pérennité et l'efficacité de la filière hydrogène en Algérie, en garantissant que le pays dispose des ressources humaines et matérielles nécessaires pour atteindre ses objectifs ambitieux.