Le concept de supériorité occidentale trouve ses fondements théoriques dans la révolution du matérialisme, engendrée par le Siècle des Lumières, selon une analyse présentée dans le cadre de cet article. C'est en effet à travers cette révolution que l'Occident a commencé à asseoir sa supériorité sur le plan théorique. Cette période historique a marqué un tournant intellectuel majeur en Europe, où de nouvelles philosophies ont émergé, redéfinissant la compréhension du monde et de la société. Le développement du matérialisme, en particulier, est identifié comme un élément clé ayant contribué à l'affirmation d'une hégémonie intellectuelle et, par extension, d'une supériorité perçue du monde occidental.
L'Ère des Lumières et le Matérialisme
Cette période a été marquée par une transition de la pensée théologique vers une pensée dite « rationnelle », signifiant la fin de l'ère de l'Église et de la religion perçue comme « l'opium du peuple ». Ce basculement intellectuel a profondément modifié la vision du monde. Les découvertes scientifiques, les inventions et les innovations de la Renaissance, telles que l'invention du « microscope », se sont avérées révolutionnaires pour la compréhension du monde. Ces avancées ont nourri une nouvelle approche basée sur l'observation et l'expérimentation. Ce matérialisme scientifique a, selon des analyses, conduit à la naissance de l'« agnosticisme, puis de l'athéisme ». Ces développements intellectuels ont redéfini les fondements de la connaissance et de la société, éloignant progressivement la pensée européenne des dogmes religieux traditionnels. La primauté accordée à l'observation et à la raison a établi de nouvelles bases pour l'organisation sociale et la quête de vérité, façonnant ainsi une nouvelle ère de la pensée.
Marxismes : Une Critique Matérialiste
Karl Marx compte parmi les penseurs ayant philosophiquement nié toute existence en dehors de la matière et du monde matériel. Il a affirmé que « le monde marchait sur sa tête, et qu'avec lui il se mettait à marcher sur ses pieds ». Cette perspective matérialiste constitue un pilier central de sa pensée, remettant en question les ordres établis et les visions idéalistes. Le marxisme défend la primauté du collectif et de la société sur l'individu et le citoyen. Il met en avant les « masses » ou le « peuple » comme acteurs historiques et sociaux fondamentaux, soulignant leur rôle central dans l'évolution des sociétés. Cette approche contraste fortement avec les philosophies centrées sur l'individu, proposant une vision où les dynamiques collectives priment sur les aspirations personnelles.
Laïcité Occidentale et ses Dérives
Le matérialisme occidental s'est scindé en une « laïcité » capitaliste séculière, qui tente une réconciliation superficielle entre sécularisme et foi, et l'idéologie marxiste, qui représente un sécularisme athée. Cette dichotomie note des approches distinctes de la place de la religion dans la société au sein de la pensée matérialiste, malgré leurs racines communes. Le matérialisme a conduit au déni du créateur de la matière, réduisant l'univers à ce qui peut être perçu par les cinq sens. Cette perspective limite la compréhension de la réalité aux seules dimensions empiriques et observables, écartant toute transcendance ou dimension spirituelle.
Polarisation du Monde Arabe et Musulman
Le monde arabe et musulman s'est polarisé intellectuellement et socialement, divisé entre ces deux tendances apparemment opposées mais intrinsèquement harmonieuses. Cette division reflète l'influence profonde des courants de pensée occidentaux. Le marxisme, issu de la pensée occidentale juive avec des figures telles que Marx, Engels, Lénine, Staline et Trotski, s'oppose au capitalisme en tant que système économique et à certaines de ses pratiques perçues comme exploiteuses. Cette idéologie a trouvé un écho dans certaines franges du monde arabe et musulman, offrant une grille de lecture critique des inégalités et des dynamiques de pouvoir.