Des accusations persistantes concernant un financement de l'Algérie par l'Agence française de développement (AFD) ont été fermement démenties par l'institution. Cette situation intervient alors que la droite identitaire et l'extrême droite en France ont intensifié leurs attaques contre l'Algérie, réitérant des faussetés démenties de longue date et jugées infondées à plusieurs reprises. Ces allégations s'inscrivent dans un contexte de tensions politiques et médiatiques.
L'Agence française de développement a souligné qu'elle n'a jamais pu opérer en Algérie, rendant ainsi impossible tout financement direct du pays. Ces éclaircissements visent à contrer la propagation de fausses informations concernant ses activités et ses partenariats dans la région, et à rétablir la vérité sur la nature de ses interventions.
Démentis officiels et contexte
Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD), a fermement réfuté ces allégations en juillet 2025, déclarant sans équivoque : « C’est un mensonge ». M. Rioux a de nouveau précisé qu’« En Algérie, l’AFD n’a pas d’activités », ce qui rend impossible tout financement direct de l'État algérien ou de projets sur son territoire. Ces dénégations interviennent après que l'Algérie a déposé une plainte à la suite de ces fausses déclarations. L'Ambassade de France à Alger avait également démenti ces accusations en février 2025, soulignant l'absence d'intervention directe de l'AFD en Algérie.
M. Rioux a par ailleurs détaillé que, pour le Niger et le Burkina Faso, tous les projets financés par l'AFD ont été suspendus. Selon ses mots, « tout a été suspendu » et cette décision a été prise « sur la base d’une décision des autorités de l’État en France » en raison de troubles politiques dans ces pays, reflétant une adaptation aux réalités géopolitiques régionales. Il a également rappelé que l'Algérie refuse toute aide extérieure, ce qui rend de facto tout financement par l'AFD impossible. Le directeur général a insisté : « On ne peut pas me faire ce reproche, ou alors il faut le faire de façon argumentée », défiant ses détracteurs de présenter des preuves concrètes de leurs allégations. Quant aux programmes de soutien aux étudiants, M. Rioux a clarifié qu'« il ne s’agit pas de l’AFD, c’est en fait une bourse pour les étudiants algériens en France, exclusivement », dissociant clairement ces aides de tout financement direct à l'État algérien. Il a enfin précisé que la suspension ou la réduction des visas ne cible que les citoyens algériens rendant visite à leur famille en France ou les étudiants, et non les autorités, soulignant une distinction importante dans les mesures administratives.
La nature des financements
Une des fausses allégations, largement relayée, prétend que des centaines de millions d'euros sont alloués chaque année par la France à l'Algérie, sous forme d'aide au développement. Ces affirmations circulent notamment dans le débat public, alimentant les discussions sur les relations financières entre les deux pays et créant une perception erronée des flux monétaires. Les détracteurs de l'Agence française de développement (AFD) s'appuient sur ces chiffres pour critiquer l'action de l'institution, malgré les démentis répétés de l'AFD et l'absence de preuves concrètes.
Les aides mentionnées, qui sont souvent confondues avec des financements directs à l'Algérie, portent principalement sur le financement de bourses destinées aux étudiants algériens en France. Ces programmes visent à soutenir la mobilité étudiante et à renforcer les liens académiques et culturels entre la France et l'Algérie, contribuant ainsi à la formation de futures élites et au rayonnement de l'enseignement supérieur français. Il ne s'agit donc pas d'un financement direct de l'État algérien ou de projets de développement sur son territoire, mais plutôt d'un soutien à des individus dans le cadre d'échanges éducatifs. L'AFD a toujours maintenu qu'elle n'a jamais réussi à opérer en Algérie, une position qui invalide les allégations de financement direct.
Pressions politiques et réactions
Sarah Knafo a relayé une fausse information concernant l'aide française à l'Algérie en septembre 2024, contribuant à la propagation de ces allégations infondées. Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD), a été interrogé sur les pressions exercées par l'extrême droite et une partie de la droite, qui l'accusent de soutenir financièrement des pays perçus comme hostiles à la France, tels que l'Algérie, le Niger, le Burkina Faso et le Mali. M. Rioux a affirmé que « C’est un mensonge » et a rappelé qu'« En Algérie, l’AFD n’a pas d’activités », dissipant toute ambiguïté sur la question. Il a également précisé que tous les projets financés par l'AFD au Niger et au Burkina Faso ont été suspendus, déclarant que « tout a été suspendu » « sur la base d’une décision des autorités de l’État en France », une mesure prise en réponse aux troubles politiques dans ces nations. Il a ajouté qu'« On ne peut pas me faire ce reproche, ou alors il faut le faire de façon argumentée », soulignant la nécessité de preuves tangibles pour étayer de telles accusations.
Karim Amellal, ancien ambassadeur pour la Méditerranée, a réagi aux nouvelles accusations formulées par Jordan Bardella, en apportant des éclaircissements essentiels. M. Amellal a déclaré que « L’aide publique au développement, comme déjà expliqué mille fois, est un levier inopérant : l’Algérie refuse toute aide extérieure et l’AFD n’a jamais réussi à opérer en Algérie (l’aide finance principalement des bourses pour les étudiants algériens en France) ». Cette explication corrobore les déclarations de l'AFD et met en lumière la spécificité des relations bilatérales. Il a également interpellé M. Bardella en affirmant : « Vos racines algériennes devraient vous conduire à étudier le sujet plus sérieusement », suggérant une meilleure compréhension du contexte pour éviter la désinformation. M. Amellal a enfin souligné que « – suspendre ou réduire les visas (ce qui a déjà été fait plusieurs fois, sans effet) ne vise que des citoyens algériens venant visiter leur famille en France (ou des étudiants), pas les autorités. », mettant en évidence la distinction entre les mesures affectant les citoyens ordinaires et celles visant la sphère gouvernementale.