La France et l'Algérie en quête d'influence au Sahel

La France et le Tchad ont signé une déclaration d'intention le 13 octobre 2026 à N'Djamena. Cet accord vise à réorganiser la coopération en matière de défense, en se concentrant sur la formation, l'expertise et la technologie militaire.

Le Monde a rapporté le 14 octobre 2026 que la France envisage de fournir deux hélicoptères et un avion de transport à l'armée tchadienne. Ces mesures s'inscrivent dans une volonté de redéfinir les liens sécuritaires entre Paris et N'Djamena, alors que le contexte régional au Sahel reste marqué par des évolutions significatives des partenariats militaires. La mise en œuvre technique de cette coopération doit désormais préciser les modalités de transfert des équipements annoncés par le quotidien français.

Le renforcement des liens tchado-algériens

Mohamed Idriss Deby a effectué deux visites officielles en Algeria en septembre 2025 puis en avril 2026. Ces déplacements diplomatiques ont abouti à la signature de 28 accords bilatéraux entre les deux pays. Les autorités des deux États ont également acté la construction d'une centrale électrique d'une puissance de 40 mégawatts. La pose de la première pierre de cette infrastructure énergétique a eu lieu le 8 juin 2026, marquant une étape concrète dans le renforcement de la coopération tchado-algérienne. Ces projets s'ajoutent aux engagements pris lors des rencontres de haut niveau tenues à Alger entre le président tchadien et ses homologues algériens, consolidant ainsi les échanges économiques et techniques entre N'Djamena et Alger au-delà des questions de sécurité régionale.

La stratégie d'influence régionale algérienne

Algeria a fait don de 4 hélicoptères ainsi que d'équipements militaires au Niger le 9 août 2026. Cette dotation s'inscrit dans une politique d'appui aux forces de sécurité du Sahel déployée par Alger. Les autorités algériennes ont cumulé plus de 100 millions de dollars d'aide militaire à destination des pays de cette zone géographique au cours des périodes précédentes. Ces transferts de matériels et ces soutiens financiers visent à renforcer les capacités opérationnelles des États sahéliens. L'engagement d'Alger se manifeste par ces livraisons directes d'aéronefs et des investissements substantiels dans le domaine de la défense. Ces initiatives reflètent la volonté des dirigeants algériens de maintenir une présence active dans les enjeux sécuritaires du Sahel.

Le recul de la présence française

Le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la France. Cette décision intervient alors que le Niger a connu un changement de pouvoir en 2023, entraînant une dégradation marquée des relations avec Paris.

Un haut responsable diplomatique à la retraite analyse cette nouvelle donne : « Je ne crois pas que la France sera en mesure de revenir à sa position antérieure dans la région du Sahel, tant que beaucoup de choses y ont changé. Il existe des régimes en place qui ne nourrissent pas d'affection pour l'ancien colonisateur au Mali, au Niger et au Burkina Faso. » Ces ruptures et tensions diplomatiques illustrent le recul de l'influence française dans ces pays sahéliens, désormais engagés dans des orientations politiques distinctes.