Ingérences étrangères présumées dans les manifestations françaises

Image of This is how Russian, Iranian and Algerian media outlets have exploited the protests in France
Photo: Getty Images via Ilfoglio

Des manifestations contre le coût de la vie ont eu lieu en France le 17 octobre 2026. À la suite de ces mouvements sociaux, Bruxelles enquête sur des campagnes de désinformation et des ingérences en ligne en provenance de pays extérieurs à l'Union européenne. Ces activités, imputées à la Russie, à l'Iran et à l'Algérie, auraient pu contribuer à attiser les protestations observées en France, en Belgique et en Italie. Emmanuel Macron, président français, a réagi à ces allégations lors d'une déclaration officielle en précisant : « there was no visible direct foreign interference ». Les services bruxellois poursuivent leurs investigations pour déterminer l'ampleur réelle de ces actions numériques sur le climat social au sein des trois pays concernés.

Analyse des réseaux sociaux

L’ONG Alliance4Europe a conduit une analyse détaillée des contenus numériques diffusés lors des mouvements sociaux. Les travaux de cette organisation portent sur un volume total de 547 471 publications sur les réseaux sociaux. Cette étude inclut également l'examen de 12 839 commentaires associés aux manifestations contre le coût de la vie. Ces données techniques visent à identifier d'éventuels vecteurs de propagation d'informations liées aux ingérences étrangères présumées. Les investigations de l'ONG se concentrent sur la nature des interactions recensées sur les plateformes numériques pour évaluer leur influence sur le débat public. L'analyse des publications et des commentaires doit permettre de préciser les mécanismes de circulation des contenus observés durant la période de contestation en France, en Belgique et en Italie.

La stratégie du réseau Doppelgänger

Le réseau pro-russe Doppelgänger a diffusé 639 messages coordonnés entre le 2 septembre et le 14 octobre 2026. Ces publications, rédigées en français, anglais, polonais et allemand, relayaient notamment le slogan : "Every euro paid to Kyiv is a euro taken away from our prosperity". Ces contenus visaient à influencer le débat public sur les conséquences économiques des aides internationales.

Les médias iraniens Press TV et IRNA ont accordé une attention particulière aux mouvements sociaux en France. Ces organes de presse ont consacré entre 34 et 37 pour cent de leur contenu global à la situation des protestations françaises.

Ce contexte diplomatique a conduit les autorités iraniennes à convoquer Pierre Cochard, ambassadeur de France en Iran, au début du mois d'octobre 2026. Lors de cet entretien, Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a réagi aux critiques internationales concernant la couverture médiatique de son pays. Il a déclaré que les actions des puissances occidentales "may bring the fire back to the homes of those who started it". Cette convocation officielle marquait une étape supplémentaire dans les tensions entre Paris et Téhéran au sujet de la gestion des manifestations et de leur traitement dans l'espace numérique. Les services bruxellois intègrent ces éléments aux investigations en cours pour évaluer l'articulation entre les campagnes de désinformation et les mouvements sociaux observés.