Le président Abdelmadjid Tebboune a nommé Farid Khelil au poste de ministre de l'Industrie ce mercredi, une décision qui intervient alors que le ministère est considéré comme central dans les efforts de réforme économique du pays. Cette nomination, officialisée par décret présidentiel, note l'engagement du gouvernement algérien à revitaliser son secteur industriel. Le nouveau ministre de l'Industrie, Farid Khelil, hérite de huit dossiers stratégiques à traiter, des missions jugées cruciales pour l'avenir économique de l'Algérie. Avant cette nomination, M. Khelil occupait les fonctions de conseiller auprès du Président pour les affaires économiques depuis mars 2026, une expérience qui lui confère une connaissance approfondie des enjeux économiques nationaux. Cette nomination note l'importance accordée par la présidence à l'impulsion industrielle pour soutenir le développement économique algérien, positionnant le ministère de l'Industrie au cœur de la stratégie de croissance du pays.
Huit dossiers pour relancer l'industrie
Parmi les priorités du nouveau ministre, la première consiste à porter la contribution de l'industrie au Produit Intérieur Brut (PIB) à 15%, selon des sources proches du dossier. Cet objectif ambitieux vise à rééquilibrer l'économie algérienne, traditionnellement dépendante des hydrocarbures, en faveur d'un secteur productif plus diversifié et résilient. Un autre axe stratégique concerne la réforme de la gestion des entreprises publiques, qui sera mise en œuvre via des contrats d'efficacité. Cette mesure vise à améliorer la performance et la rentabilité de ces entités, jugées essentielles au développement économique du pays, en instaurant des mécanismes de suivi et d'évaluation rigoureux.
L'augmentation des taux d'intégration locale figure également parmi les objectifs clés fixés à Farid Khelil. Cette politique cherche à réduire la dépendance aux importations et à renforcer la chaîne de valeur industrielle nationale, stimulant ainsi la production et l'emploi sur le territoire algérien. Elle implique un effort concerté pour encourager les entreprises algériennes à produire davantage de composants et de biens intermédiaires localement. Parallèlement, la facilitation de l'activité des entreprises industrielles constitue une préoccupation majeure, impliquant des mesures pour simplifier les procédures et alléger le cadre réglementaire. Cette facilitation est perçue comme un levier essentiel pour encourager l'investissement et l'expansion des capacités de production.
La numérisation du secteur est une composante essentielle de la feuille de route du ministre. Il est prévu de construire une base de données nationale de production exhaustive, permettant une meilleure visibilité et gestion des capacités industrielles du pays. Ce projet de numérisation vise à moderniser le secteur et à le rendre plus compétitif, en offrant des outils d'analyse et de planification avancés pour les décideurs et les opérateurs économiques.
La simplification de l'activité industrielle et la réduction des obstacles bureaucratiques représentent une demande récurrente des acteurs économiques. Les efforts se concentreront sur l'élimination des entraves administratives qui freinent le développement et l'expansion des entreprises, notamment en rationalisant les processus d'obtention de licences et d'autorisations. Cette simplification est attendue pour améliorer le climat des affaires et encourager l'innovation et la croissance.
L'identification d'une liste précise de biens et de composants pouvant être produits localement plutôt qu'importés est également jugée importante. Cette démarche s'inscrit dans l'objectif plus large de substitution des importations et de promotion de la production nationale, en ciblant spécifiquement les secteurs où l'Algérie dispose d'un avantage comparatif ou d'un potentiel de développement. Enfin, la construction d'une base de données industrielle nationale numérique est requise, complétant l'effort de numérisation et offrant un outil centralisé pour la planification et le suivi des activités industrielles. Cette base de données permettra de collecter, d'analyser et de diffuser des informations clés sur le tissu industriel algérien.
Priorité au secteur automobile
Le dynamisme du secteur automobile et la réactivation des usines à l'arrêt constituent des missions centrales pour Farid Khelil. La mise en œuvre des nouveaux accords industriels, en particulier le projet Hyundai, revêt une importance capitale pour relancer la production et l'assemblage de véhicules en Algérie. Le développement de la sous-traitance et la fabrication de pièces de rechange sont également au cœur des priorités, visant à renforcer l'intégration locale et à créer une véritable chaîne de valeur automobile. L'industrie automobile doit évoluer d'une simple activité d'assemblage vers une production manufacturière avec une intégration locale croissante, un changement de paradigme essentiel pour le développement durable du secteur.
Des projets antérieurs, tels que Kia à Batna, Volkswagen à Relizane et Hyundai à Tiaret, avaient été établis avant de cesser leurs activités, laissant un vide dans la production automobile nationale. Le nouveau ministre a pour tâche d'accélérer la concrétisation des accords avec les constructeurs mondiaux, en tirant les leçons des expériences passées pour bâtir des partenariats solides et durables. L'objectif est d'éviter de nouvelles fermetures d'usines et de bâtir un modèle industriel automobile algérien durable, capable de répondre aux besoins du marché local et, à terme, de s'ouvrir à l'exportation. Cela implique une transformation du secteur, passant de la simple importation de kits à l'intégration de compétences et de technologies de fabrication locales.
Le développement de la sous-traitance automobile est considéré comme un pilier de cette stratégie, permettant de créer un écosystème industriel solide autour des usines d'assemblage. L'objectif est de produire localement un maximum de composants et de pièces de rechange, réduisant ainsi la dépendance aux importations et générant de l'emploi qualifié. Cette approche favorisera également le transfert de technologie et le renforcement des capacités industrielles algériennes.
Contexte et objectifs économiques
La nomination de Farid Khelil intervient dans un contexte de réformes gouvernementales, marquée notamment par la désignation de Fouzia Naama au poste de ministre déléguée aux Collectivités locales. Ces changements s'inscrivent dans une ambition plus large pour l'Algérie, qui vise à se positionner comme un pays émergent, avec un objectif de Produit Intérieur Brut (PIB) de 400 milliards de dollars d'ici 2027. Pour atteindre cet objectif macroéconomique, la relance du secteur industriel est jugée essentielle, car elle est perçue comme un moteur clé de la diversification économique et de la création de richesse.
Une priorité affichée pour le nouveau ministre de l'Industrie est la réactivation des usines fermées ou à l'arrêt, considérées comme des leviers potentiels de croissance et de création d'emplois. Cette démarche implique une évaluation et, si nécessaire, une relance des initiatives antérieures lancées par le précédent Premier ministre en matière de développement industriel. Le ministre devra ainsi examiner les raisons des arrêts de production et proposer des solutions viables pour remettre en marche ces capacités productives. La feuille de route de M. Khelil comprend ainsi la tâche de dynamiser le tissu industriel existant pour contribuer significativement aux ambitions économiques du pays, en maximisant l'utilisation des infrastructures et des compétences déjà en place.
Le défi est de taille, mais les attentes sont grandes pour Farid Khelil, dont la mission sera de transformer l'industrie algérienne en un véritable pilier de l'économie nationale. Les huit dossiers stratégiques qu'il doit gérer sont interconnectés et nécessitent une approche coordonnée pour garantir le succès des réformes. La réussite de ces initiatives aura un impact direct sur la création d'emplois, la diversification des exportations et la réduction de la dépendance aux importations, contribuant ainsi à la stabilité et à la prospérité à long terme de l'Algérie.